Combien avons-nous été à sangloter devant le film de Richard Fleischer sorti en 1955, avec un Kirk Douglas au sommet de sa forme ??? C’était à l’époque le tout premier film tourné en cinémascope. Non, je n’ai pas vu la sortie dans les années 50, mais bien plus tard à la télé, je vous rassure… Il n’empêche que le spectre de cette pieuvre géante a hanté les nuits de plusieurs petits gamins ! Au cours de l’année 1866, un monstre marin d’une force colossale, « une chose énorme, un objet fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu’une baleine » hante les océans en plusieurs points du globe et défraie la chronique… Ainsi débute le roman de Jules Verne qui a donc captivé plusieurs générations d’enfants, d’adolescents et d’adultes.
Dans cette adaptation réalisée pour l’ensemble des Percussions Claviers de Lyon (marimbas, vibraphones et xylophones), le récit est porté par la musique et par l’image. À travers un choix de pièces des compositeurs Debussy, Dukas, Roussel et Saint-Saëns, Gérard Lecointe (directeur musical) invite le public à prendre la mer. Parfois tonitruantes, parfois éblouissantes et ciselées comme les champs de coraux décrits dans le roman, ces différentes musiques se prêtent parfaitement à l’évocation de visions contemplatives maritimes. Placés au milieu d’un savant dispositif scénographique permettant de créer des effets de profondeur, les musiciens apparaissent et s’évanouissent comme par magie au milieu de belles images aquatiques parfois animées. L’univers visuel, créé par le vidéaste Étienne Guiol associé à la puissance des percussions, contribue à faire de cette performance une expérience saisissante dont on ressort ivre de musique et de grand large.
Opéra Théâtre de Saint-Etienne
Du 9 au 12 février




