Nommé en juin dernier à la direction de l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne suite à la « vraie fausse nomination » de Bruno Messina, Vincent Bergeot est parvenu en quelques mois seulement à redonner une forme de sérénité à l’institution lyrique stéphanoise. Rencontre :
S’il fallait vous présenter… ?
Je dirais que je suis un passionné d’opéra depuis l’âge de 10-11 ans lorsque j’ai découvert ce monde en tant que jeune chanteur amateur au chœur d’enfants de l’Opéra de Paris. Et depuis, cette passion ne m’a jamais quitté. Ensuite, j’ai eu la chance de passer par plusieurs grandes maisons, comme le Châtelet à Paris, l’Opéra de Lyon, le Festival des Nuits de Fourvière qui m’ont permis une ouverture sur d’autres disciplines artistiques comme la danse ou la musique actuelle. J’ai pu aussi découvrir de l’intérieur le fonctionnement des collectivités locales à travers le Conseil Général de la Loire jusqu’à mon arrivée à l’Opéra Théâtre en tant que directeur général adjoint. J’ai ensuite assuré l’intérim après le départ de Daniel Bizeray.

Lors de la conférence de presse de votre nomination, vous évoquiez déjà l’importance de cette première expérience vécue pendant votre enfance…
Tout a commencé là. On n’arrive pas par hasard, je crois, à la direction d’un centre lyrique, ou alors, ce serait dommage… Effectivement, pour moi, la passion est née à ce moment précis. Ensuite, tous les parcours sont différents : j’ai tout d’abord pratiqué l’art lyrique en tant qu’amateur, ce qui m’a permis de suivre de solides études de gestion. J’ai donc été très tôt fasciné par l’opéra et plus tard, ma passion s’est élargie à la musique classique en général. Mon choc esthétique a été celui-ci : me retrouver enfant, costumé, maquillé, plongé au milieu de grands chanteurs au beau milieu de cette scène historique qu’est l’Opéra Garnier… Ça, on ne l’oublie pas ! J’ai par la suite souvent fréquenté les opéras, écouté beaucoup de musique…

Votre formation initiale n’est pas artistique. Est-ce un frein ?
Je ne crois pas, non… Le profil attendu d’un directeur de scène dramatique nationale ou d’un grand opéra est tellement complexe qu’on ne trouvera jamais un profil unique et exemplaire. Alors, il y aura toujours des esprits chagrins pour penser qu’il n’est pas opportun de confier la direction d’un CDN ou d’un opéra à un profil de gestionnaire. D’autres penseront l’inverse. Me concernant, j’ai une réelle sensibilité artistique. Je suis passionné, comme je vous le disais, par l’opéra et la musique en général. J’ai aussi, je crois, une réelle capacité d’écoute et d’absorption des influences artistiques du temps et je crois avoir la capacité, enfin, à gérer une maison qui emploie pratiquement 200 personnes à temps plein. Ma tâche implique d’être à la fois chef d’entreprise, spectateur assidu, et savoir s’entourer de collaborateurs artistiques avec lesquels on peut discuter. Je ne vous cache pas que parfois, j’ai ressenti ici ou là, cette petite méfiance à mon égard mais c’est tellement attendu, je la connais depuis si longtemps, je ne m’arrête plus à cela. Nombreux sont les metteurs en scène qui ont dirigé de grandes maisons à avoir été lourdement critiqué, vous savez…

La gestion humaine n’est-elle pas aussi une forme artistique ?
Elle peut l’être parfois, oui… Il est sûr que les grands artistes doivent faire preuve d’une capacité de leader incontournable. Un grand chef d’orchestre est, de fait, un expert en relation humaine…

Nous sommes au premier tiers de la saison. Quel bilan peut-on faire ?
Nous avons eu un gros temps fort en début de saison avec la Biennale Massenet. On fêtait le centenaire de la mort du compositeur, nous nous sommes attachés à imaginer un programme exceptionnel pour cette édition.

Le public a-t-il répondu présent ?
Les retours ont été excellents et les salles étaient pleines. D’ailleurs, on peut élargir cela à l’ensemble de la saison puisque celle-ci est tout simplement historique pour l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne.

Cela donne quoi en termes de chiffres ?
Nous avons vendu il y a peu, je crois, la 67000e place de la saison. Ce qui nous situe déjà au-dessus de l’ensemble des autres saisons passées !

Alors que la saison n’est pas encore finie…
Tout à fait. La plupart de ces places a été vendue à travers nos abonnements de début de saison. Pour nous, c’est un résultat excellent puisque nous dépassons tous nos records, dans un environnement économique plutôt rude. Nous savons tous que le public doit parfois faire des choix et la culture ne fait pas toujours partie de ses premières intentions, ce qui est tout à fait compréhensible. Les spectacles ne sont pas une priorité absolue dans le choix des ménages qui doivent répondre à d’autres obligations. C’est pourquoi ce résultat est d’autant plus appréciable. Je sais aussi que dans l’ensemble, la fréquentation culturelle subit des répercussions de la crise économique, certaines salles ou festivals l’ont déjà ressenti. Nous sommes donc très heureux de cette performance.

À quoi attribuez-vous cette performance justement ?
J’ai assuré la programmation de cette saison à 95 % puisque j’ai assuré l’intérim à partir du mois d’octobre 2011, alors que la saison était déjà entièrement programmée. Je revendique pleinement cette programmation. J’assume également le changement de visuel et d’orientation pour notre communication, ainsi que la continuation du travail mené en tant que directeur adjoint avec l’ensemble de nos équipes, autour des relations publiques, production, presse et communication. Ces trois dernières années de professionnalisation dans la maison, de travail sur notre communication, notamment à travers le site internet et les facilités d’abonnement et de prix, et, au final, une programmation répondant aux attentes du public, tout cela explique nos bons résultats.

Ce succès valide-t-il aussi le choix entamé il y a quelques années par la municipalité stéphanoise, afin de « révolutionner l’organisation et la direction » de l’opéra ?
La municipalité a bien voulu que cette maison se réforme un peu, oui…

Beaucoup même, au regard des nouveaux organigrammes, non ?
Il y a eu beaucoup de changements en peu de temps, je vous l’accorde. Ensuite, tout le travail de réorganisation entamé ces dernières années paraît plus obscur, néanmoins, il apparaît tout aussi important. Le groupe de direction a été complètement changé ou presque. Le travail entrepris a été considérable. Nous avons tout remis à plat : les méthodes de travail, notre organisation, nos outils juridiques, nos méthodes budgétaires, etc. Tout cela fait qu’aujourd’hui, nous sommes enfin capables d’accueillir des productions différentes et de travailler sur de nouveaux prototypes. En fait, nous sommes sortis d’un moule qui avait tendance à être reconduit d’année en année. Nous avons mis de la souplesse dans notre façon de faire.

La programmation s’est aussi recentrée…
Cela faisait un certain temps que la Maison de la Culture (qu’était en fait l’Opéra Théâtre et qui programmait un peu tout et n’importe quoi, accueillant une centaine d’associations) s’était orientée vers la production et la diffusion lyrique. Cette orientation date de Jean-Louis Pichon, il y a de nombreuses années. S’ensuivent la création des ateliers, l’activité de l’orchestre et du chœur lyrique, etc. Peu à peu, cette maison s’est dotée de tous les outils de production nécessaires à la création d’un opéra. Ce qui est plutôt rare en province, il faut le rappeler. Ces orientations se sont confirmées mais encore a-t-il fallu faire vivre l’ensemble de ces outils. Nous devons constamment fournir nos ateliers, proposer des dates aux musiciens et choristes…

On se souvient de la grogne sociale qui suivit le départ de J-L. Pichon…
Il y avait, je pense, une véritable inquiétude de l’ensemble de ces professionnels qui étaient rattachés depuis longtemps à cette maison, ils en étaient très dépendants.

Était-ce un tort cette trop grande dépendance ?
En même temps, le marché du travail pour un choriste ou un musicien n’est pas si simple. Plutôt que de tort, je parlerai de faiblesse, oui. C’est très difficile pour eux d’aller trouver des emplois ailleurs… C’est tout l’honneur de cette maison d’avoir pu faire vivre un chœur et un orchestre en son sein et c’est aujourd’hui de notre responsabilité de le faire fonctionner de manière efficace.

Sachant que le budget de l’Opéra représente une bonne partie du budget de la culture de la ville…
C’est évident. On nous en fait souvent la critique d’ailleurs… Mais, entre nous, si la ville ne consacrait pas autant d’argent à un opéra, pas sûr que cet argent irait tout de même à des projets artistiques… Notre budget n’est pas enlevé à d’autres projets ou établissements artistiques, et on ne peut que souligner une fois encore l’effort de la municipalité pour consacrer autant de moyens à son opéra. Entretenir une activité lyrique ici à un vrai sens.

Quel est votre projet sur les prochaines années ?
Parlons des trois prochaines années et plus, si la confiance de la ville m’est renouvelée.

Généralement, on parle de contrat de trois ans…
C’est cela, oui. Mon projet est d’installer de manière affirmée l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne dans le paysage lyrique national comme une maison spécialisée dans le répertoire romantique français. Nous avons beaucoup travaillé sur Massenet : nous avons à ce jour fait quasiment le tour complet de son œuvre et tout le monde est d’accord pour le reconnaître, nous excellons dans ce répertoire romantique français qui ne s’arrête pas à Massenet et qui comprend également des compositeurs comme Saint-Saëns, Gounot, Bizet, etc. Un répertoire qui, à mon goût, n’est pas assez défendu.

Les opéras programment plus facilement les compositeurs allemands ou italiens…
C’est vrai, les grands classiques sont plutôt allemands ou italiens. Nous avons notre « Carmen » ou notre « Faust »… Mais, mis à part ces deux ou trois œuvres françaises importantes, on va vite vers des choses moins connues voire des raretés. On veut défendre ce répertoire, ces raretés ici mais aussi à l’étranger. On veut que notre maison devienne l’opéra spécialisé dans le répertoire romantique français. Bien entendu, les Stéphanois et Ligériens continueront de voir ici les grandes œuvres du répertoire lyrique, d’ailleurs en ce moment nous accueillons « Le Barbier de Séville » de Rossini dans une production époustouflante. La saison prochaine, nous présenterons « Les noces de Figaro »… Mais à côté de cela, les moyens de production de la maison seront plus facilement destinés à ce répertoire français dont je parlais. L’idée sera ensuite de faire tourner ces productions sur les scènes françaises. La seconde grande orientation de la maison sera de soutenir les compagnies et les artistes locaux en leur ouvrant nos outils de production. Je parle là des espaces, du plateau, des ateliers décors ou costumes…
Je crois d’ailleurs que Laurent Fréchuret serait de retour ici ?
C’est encore une autre aventure. Laurent Fréchuret, revenant sur Saint-Étienne avec le Théâtre de l’Incendie, m’a sollicité faciliter son retour. Tout ce que j’ai pu faire, je l’ai fait. Nous lui avons mis à disposition un bureau, des locaux pour stocker ses décors et costumes, etc. Cela nous semblait évident. Ensuite, nous travaillerons sur d’autres formes de collaboration bien entendu car nous avons la chance d’avoir ici un grand metteur en scène français, profitons-en ! Son nom devrait apparaître dans la programmation de l’Opéra Théâtre… Nous travaillons aussi avec d’autres compagnies locales…

On a souvent reproché à l’Opéra son peu d’ouverture aux compagnies locales justement…
L’Opéra Théâtre est un théâtre municipal, ne l’oublions pas, puisqu’il est en régie directe. On ne peut pas avoir un théâtre municipal et ne pas être à l’écoute de ce qui se crée ici… Bien entendu, nous ne pouvons accueillir ici toutes les compagnies locales pour tous leurs spectacles. Mais nous recevons avec un intérêt prioritaire tous les projets portés par des artistes stéphanois ou ligériens. Nous essayons de les aider grâce à nos ateliers. C’est souvent ce qui permet ensuite de lancer toute la production… Une autre grande orientation sera une ouverture, autant que possible, à des esthétiques étrangères ou renouvelées pour défendre un répertoire traditionnel.

Cette vision touche également les propositions chorégraphiques ?
Et de mises en scène d’opéra. Notre défi est là ! Montrer ce répertoire romantique français mais avec un regard vivifiant ! Renouvelé et réactualisé. L’idée n’est pas de provoquer pour provoquer mais d’offrir de nouveaux champs de vision au public. Le risque de certaines maisons est de s’enfermer dans des réseaux historiques ou d’amitiés…

Il suffit parfois de scruter les programmations de certaines maisons pour comprendre la réelle nature de ces réseaux…
On sait que parfois, ces réseaux jouent et limitent aussi l’inspiration…

Votre intérêt est que vous ne mettez pas en scène, vous n’avez rien à vendre en quelque sorte.
C’est vrai. On sait que certaines maisons souffrent parfois de ces réseaux en termes de programmation. Quelques metteurs en scène d’opéra et directeurs s’échangent volontiers leurs mises en scène. C’est pourquoi aussi qu’installer un metteur en scène à la direction d’un opéra est un vrai choix puisqu’il peut consacrer beaucoup de moyens à ses propres productions.

D’autant plus lorsque cela dure 25 ans…
C’est pour cela que je parlais de choix, oui. C’est le choix d’une collectivité. En tant que directeur, je défends le choix d’une vraie diversité…

On remarque aussi les passerelles mises en place avec la Comédie de Saint-Étienne notamment…
C’est évident qu’avec Arnaud Meunier nous essayons de trouver et de proposer des collaborations intéressantes et efficaces pour nos spectateurs. Des collaborations qui restent différentes et qui se croisent. C’est le but aussi.

Cette collaboration avec la Comédie prend encore plus de pertinence avec le secteur jeune public…
La Comédie commence, c’est vrai, à s’intéresser au secteur jeune public. Rappelons que notre programmation jeune public jouit d’une réputation qui dépasse nos frontières régionales. C’est l’une des plus importantes en France. C’est un autre axe de notre projet que de renforcer notre activité de production pour le jeune public.

Les directeurs du secteur jeune public ont beaucoup changé ces derniers temps…
Les responsables de programmation ont changé, c’est vrai, mais Grégory Cauvin est installé depuis plus de deux ans et il intervient également auprès de moi en tant que conseiller à la danse et au théâtre. Il a toute ma confiance et mon soutien. Donc, nous avons une vraie équipe, stable et concernée.
Quel est votre plus grand défi ?
Je crois que j’ai un défi particulier, oui, c’est celui de sécuriser l’activité de cette maison dans une période difficile pour les institutions culturelles.

Cela sous-entend que vous devriez développer vos diffusions ?
Cela sous-entend la mise en place d’une fonction qui n’existait pas vraiment et qui touche justement à notre activité de diffusion. Nous possédons un orchestre et un chœur qui ont tous deux de beaux programmes que nous devons faire valoir. Nous devons également produire de nouveaux spectacles diffusables sur des formats scéniques plus modestes. Dès la prochaine saison, nous proposerons des formes que nous espérons voir ensuite tourner en région ou ailleurs. Si ces spectacles sont vendus, ils emmèneront avec eux une partie du chœur ou de l’orchestre… Cela donnera du travail à nos artistes autrement que par la subvention publique.

Un modèle qui peut aussi se conjuguer avec vos ateliers de création ?
C’est ce que nous faisons lorsque nous envisageons, par exemple, des coproductions et cela tient plus de la méthode de gestion. Lorsque nous débarquons sur une production avec d’autres opéras, plutôt que d’apporter des financements, nous proposons en effet d’apporter cette capacité de production qui est la nôtre. Cela nous permet de participer à autant de créations mais de manière différente. C’est le tour de passe-passe qui nous permet d’être dans des coproductions ambitieuses sans sortir d’argent. Après, nous devons également négocier des distributions vocales aux meilleurs prix en allant chercher des talents prometteurs. Ce fut le cas avec Florian Sempey, notre récent Figaro, nominé aux Victoires de la Musique.

Cette année, vous proposez 4 festivals, n’est-ce pas trop ?
On parle de la Biennale, qui, par définition, se tient tous les deux ans. Nous avons le festival Nouveau Siècle qui, dans la saison, est un peu cette fenêtre ouverte sur la nouvelle création et des formes singulières ou hybrides. Il y aura un concert de l’Ensemble Orchestral Contemporain, un spectacle de danse avec Wayne Mc Grégor, Utopia 47, un spectacle musical avec une scénographie en seconde partie qui mettra en scène directement les spectateurs sur le plateau (c’est un spectacle détonnant qui séduira nos nouveaux publics) et « War Sum Up », un spectacle autour du manga… L’idée de ce festival est de montrer au spectateur où va aujourd’hui le spectacle vivant à dominante musicale, comment il intègre les autres arts, la vidéo, le manga, le graphisme… Rendre visible ce grand brassage créatif autour du spectacle hérité de l’opéra mais de manière débridée. À travers le festival Nouveau Siècle, nous réaffirmons notre orientation musique et danse à travers l’ensemble de notre programmation, y compris le jeune public ; Le centre dramatique national étant là pour assurer toute la programmation plus théâtrale.

Tout cela semble cohérent…
Cela évite de se marcher sur les pieds et de rentrer dans une concurrence qui n’a pas lieu d’être. Pour revenir aux festivals, je n’insiste pas sur Piano Passion, le festival dédié au piano autour d’un thème ou d’un pays, qui a toute sa place au sein de notre programmation. On essaie de faire venir des grands noms comme Tharaud, Cassard, Pennetier auxquels se confrontent des interprètes plus jeunes. Puis il y a Génération Buzz, le quatrième festival. Je tiens à ce festival car il doit nous permettre de faire revenir les adolescents vers les salles de spectacles. En fait, Génération Buzz crée le lien entre les spectacles jeunes publics et notre programmation traditionnelle. Il nous faut trouver des spectacles qui parlent la langue des adolescents, des spectacles parfois plus interactifs, plus libres aussi…

L’idée est peut-être aussi d’assurer le renouvellement du public…
On se rend compte qu’après une découverte de spectacles à travers l’école notamment et les spectacles jeune public, ce public est plus attiré à l’adolescence vers d’autres formes ou d’autres médias. Arrive un âge où ils sont absorbés par les écrans, internet… C’est propre à l’adolescence. Je crois que nous avons tout intérêt à essayer de maintenir un lien entre ce public et les artistes. Tous les artistes qui interviennent auprès des adolescents confirment que l’échange peut être passionnant… C’est compliqué de trouver de tels spectacles mais c’est assez captivant comme objectif. C’est pourquoi Génération Buzz prend tout son sens.
Du coup, 4 festivals dans une même saison…
Je ne vous cache pas que je m’interroge sur l’opportunité de modifier ou pas le rythme du festival Nouveau Siècle. L’idée serait, effectivement, de le proposer en alternance avec la Biennale Massenet, une année sur deux. Cela aurait un sens, je crois, de proposer, une année sur deux, un festival autour de la musique romantique française et un autre autour de la création et la modernité.

Globalement, vous semblez plutôt satisfait de la tournure des choses…
Je ne peux qu’être satisfait au regard des résultats tangibles, c’est-à-dire, la fréquentation de nos spectacles. Nos recettes sont bonnes, ce qui nous permet d’ailleurs d’aller vers d’autres projets. Ce travail vers le jeune public, le public adolescent et les familles porte ses fruits, on le voit : grâce à des rendez-vous réguliers et une politique tarifaire adaptée, on arrive sur des sorties à partir de 6 euros par personnes pour les familles.

J’imagine que cela répond aussi aux souhaits de la municipalité d’aller vers plus de proximité avec tous les publics…
Complètement. Notre démarche répond à cette attente des élus mais à celles du public. Les élus, il est vrai, espéraient cette ouverture de l’Opéra Théâtre aux familles et non plus seulement aux initiés. Nous sommes donc très heureux, c’est vrai. Cela favorise aussi le rapprochement des générations. Nous allons poursuivre notre effort envers les familles, nous continuerons notre travail autour de la musique française avec des signatures fortes et créatives, nous nous intéresserons aux influences contemporaines, à travers Génération Buzz et Nouveau Siècle, tout en essayant de sécuriser au maximum l’activité pour nos ateliers, l’orchestre et le chœur. J’ai beaucoup à faire et ce sont sur ces objectifs que je pourrais être jugé.