Tous les mois, avec la collaboration de Vincent Stroh, nous réalisons un podcast publié ensuite sur toutes les plateformes numériques. Pour l’occasion, nous allons à la rencontre d’une personnalité de notre territoire. Pour ce numéro, nous avons rencontré Aurélie voltz, directrice du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole et directrice de la Galerie Nationale du Design.
L’ouverture de la Galerie nationale du design est un moment important pour la ville. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est cette galerie ?
La Galerie nationale du design est un lieu dédié à la présentation d’expositions annuelles consacrées au design. Chaque année, un.e commissaire invité.e est chargé.e de concevoir une exposition thématique en sélectionnant des objets issus de différentes collections publiques françaises. L’idée est de renouveler régulièrement le regard porté sur le design à travers des thématiques variées et des objets parfois très connus, parfois plus inattendus.
Quelles sont ces collections dans lesquelles les commissaires pourront puiser ?
Elles sont nombreuses. On retrouve notamment les collections du Centre national des arts plastiques, du Centre Pompidou, du Mobilier national, du Musée des Arts décoratifs de Paris, du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, mais aussi celles du FRAC Grand Large ou encore du musée de Saint-Quentin-en-Yvelines. Certaines sont évidentes lorsqu’on parle de design, d’autres moins, ce qui permettra au public de faire de belles découvertes.
Vous avez évoqué le caractère exceptionnel de cette ouverture. En quoi cette galerie est-elle unique en France ?
Plusieurs grandes villes européennes disposent depuis longtemps de lieux consacrés au design : Bruxelles, Zurich, Madrid ou encore Milan, par exemple. En France, il n’existait jusqu’à présent aucun lieu permanent dédié exclusivement à cette discipline. La Galerie nationale du design répond donc à une attente ancienne. Elle vient compléter le projet porté depuis plusieurs décennies par la Ville de Saint-Étienne autour du design et enrichir encore davantage l’offre du quartier de la Cité du design.
L’exposition inaugurale a été confiée à Laurence Mauderli. Que va-t-on y découvrir ?
Laurence Mauderli était, selon moi, la commissaire idéale pour inaugurer ce lieu. Historienne du design et enseignante à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, elle travaille depuis longtemps sur les questions de présentation et de mise en scène des objets. Pour cette première exposition, elle s’est intéressée à l’histoire même du bâtiment, qui était autrefois la Manufacture nationale d’armes de Saint-Étienne. Elle a construit son propos autour de la notion de « main », en référence à l’étymologie du mot « manufacture ». L’exposition propose ainsi un parcours historique qui explore à la fois l’histoire du site et celle du territoire stéphanois. Les visiteurs pourront découvrir des objets allant du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, dans un bâtiment magnifiquement réhabilité par le cabinet lyonnais Silt.
La Galerie nationale du design vient compléter des équipements déjà existants comme la Platine ou la Cabane du design. Comment ces différents lieux se distinguent-ils ?
Ils sont véritablement complémentaires. Depuis de nombreuses années, la Platine accueille des expositions thématiques ou monographiques. Sous l’impulsion de Laurence Salmon, une programmation importante a notamment été développée autour des jeunes générations de designers. C’est une formidable opportunité pour le public de découvrir les créateurs émergents, sans oublier les expositions consacrées aux diplômés. La Galerie nationale du design adopte quant à elle une approche davantage historique et pédagogique. Elle permet au grand public de mieux comprendre ce qu’est le design, son évolution, ses enjeux et son rôle dans notre quotidien. Enfin, la Cabane du design s’adresse plus particulièrement aux jeunes publics. L’initiation au design dès le plus jeune âge est essentielle, tout comme l’éducation à l’art et aux musées. Ensemble, ces trois lieux constituent une offre cohérente et complète, destinée aussi bien aux Stéphanois qu’aux visiteurs venus d’ailleurs. L’objectif est qu’ils puissent passer une journée entière sur le site de la Cité du design et prolonger leur découverte au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne.
Pour terminer, le Musée d’art moderne et contemporain s’apprête à inaugurer de nouvelles expositions. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Jusqu’au 3 janvier prochain, nous présenterons trois nouvelles expositions. L’un des temps forts sera la rétrospective consacrée à Frank Stella. C’est un artiste particulièrement important dans nos collections et auquel nous sommes très attachés. Cette exposition bénéficie d’un partenariat exceptionnel avec l’Addison Gallery of American Art de la Phillips Academy, à Andover aux États-Unis, l’établissement où Frank Stella a effectué une partie de sa formation et auquel il a ensuite beaucoup contribué. Cette collection est habituellement très peu visible du grand public. Nous aurons donc l’opportunité de la présenter au musée dans des conditions exceptionnelles dans le cadre d’une saison étasunienne, à l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Nous montrerons aussi des œuvres de notre collection de référence en art américain, avec l’appui du réseau FRAME (French American Museum Exchange). Nous souhaitons proposer un regard plus large sur l’histoire et la culture américaines, qui va bien au-delà de l’actualité politique.




