L’Afro-Beat, mouvement musical majeur du siècle dernier, est né à la fin des années 60 de la rencontre d’une poignée de musiciens Nigérians avec l’Amérique alors en pleine effervescence sociale, politique et culturelle. En 1969, Fela Kuti saxophoniste Nigérian entame une tournée aux Etats-Unis accompagné de son ami et batteur Tony Allen. Sur place, il rencontre Sandra Smith une militante noire de Blacks Panthers, dont il tombera amoureux par ailleurs, qui lui expose les idées de Malcom X. De retour au Nigéria, Fela Kuti n’est plus le même et décide d’imposer dans sa musique un rythme moins jazzy et plus proche des rythmes ancestraux africains que lui propose Tony Allen : l’afrobeat est né. Un groove et des textes engagés, un mélange entre rythmes traditionnels et puissance électrique, une recette infaillible dont le creuset est le Nigeria. Plus tard, Fela Kuti dira que sans “Tony Allen”, l’Afro Beat n’aurait jamais pu voir le jour…
Mais quand Fela Kuti se radicalise politiquement et devient le champion du panafricanisme, le pourfendeur de la corruption et de l’exploitation du continent noir par les multinationales, Tony Allen choisira de placer son action d’émancipation et d’ouverture exclusivement dans le domaine artistique. Il sera l’un des tous premiers musiciens africains à appréhender des champs musicaux plus expérimentaux. Le grand public découvrira toute l’étendue du talent de Tony Allen grâce à Damon Albarn, leader de Blur et fondateur de Gorillaz qui l’intègre au sein de sa maison de disque, Honest John Records. Aujourd’hui, Tony Allen considère Damon Albarn comme son fils et fait toujours partie du Supergroupe, formation créée en 2006 par le leader de Blur. C’est donc bien une véritable légende, “peut-être le plus grand batteur” selon Brian Eno, que le Rhino Jazz Festival convie pour une soirée unique au Fil à Saint-Etienne.
Rhino Jazz Festival – Le Fil – Saint-Etienne
Samedi 3 octobre à 20 h 30




