Le duo qui monte… Le Buzz est parti, il se répand sur la toile… Et comme par magie, Terrenoire est originaire de Saint-Étienne. On pourra le découvrir dans le cadre des prochains Festivals Paroles et Musiques et foreztival. Alors, rencontre :
Croyez-vous à la magie ? Car ce qui vous arrive, c’est magique, non ?
Nous ne croyons pas à la magie non, mais plutôt aux énergies et à la propension à attirer vers soi de belles personnes et à provoquer de beaux moments en croyant fort en son projet. Et nous croyons surtout à la magie du travail.
Terrenoire, ici, forcément on connaît, ailleurs pas obligatoirement. Alors, qui êtes-vous ?
Nous sommes un duo de frangins stéphanois, originaires, comme son nom l’indique, du quartier de Terrenoire. On fait des chansons « électroniques » en français. Nous nous dirigeons vers le Black Paradiso, notre Eldorado à nous, à travers nos chansons.
Vous avez déjà joué au Printemps de Bourges, au Bataclan, au Transbordeur, lors de diverses premières parties. Est-ce déjà énorme ?
Ce sont de jolies dates en effet ! Mais, plus que ce genre de dates « prestigieuses », ce sont surtout les publics qui créent des moments « énormes », quel que soit le lieu.
En musique, jouer en fratrie, ça ne fait pas forcément bon ménage, voire les frères Gallagher… Et vous ?
Je crois que nous n’avons pas trop de soucis à nous faire ! On est partenaires dans la musique, dans notre label Black Paradiso, on ne se quitte plus ! Et c’est un véritable plaisir.
Votre univers musical est transversal. Trip Hop, chanson française, Rap… Avez-vous déjà un style Terrenoire ?
Nous ne sommes plus vraiment sûrs que classifier la musique ait encore un sens. Avec les sites de streaming, notre manière d’écouter de la musique a tellement changé par rapport à il y a une dizaine d’années ! Maintenant, on ingère toutes sortes de musiques les unes à la suite des autres. Je pense que cela infuse directement dans notre manière d’envisager la musique et dans notre manière de composer. Pour répondre à la question, je pense que la musique de Terrenoire est un magma bouillonnant de toutes nos influences, sans limite.
Alors parlez-nous un peu de ce Black Paradiso ?
Le Black Paradiso, comme dit précédemment, c’est notre paradis inconnu, notre destination. C’est le fantasme des gosses des quartiers un peu mornes qui cherchent à resplendir. C’est ce qui nous pousse à quitter le cocon pour partir se frotter à la Grande Ville. Seulement, on ne sait pas trop ce qui nous attend au bout du chemin, ou plutôt, on ne sait pas trop à quoi on ressemblera quand nous l’atteindrons.
Où puisez-vous vos influences littéraires ?
Les mots, c’est un peu comme la musique, c’est la croisée des chemins de pleins de choses. Il y a eu l’influence des chanteurs qu’on a adoré, des poètes, des romanciers. Il pourrait y avoir, au panthéon, un Paul Eluard, Alain Bashung et son auteur Jean Fauque, Céline et son voyage au bout de la nuit.
Votre univers visuel est déjà très abouti. Vous tournez vous-mêmes vos clips ?
Oui, nous réalisons, filmons, montons nous-mêmes nos propres clips. C’est un procédé assez punk, mais cela nous permet d’être extrêmement précis et exigeants sur le sens de chacun des plans des clips. Et puis cela nous permet de nous frotter à de nouvelles disciplines, c’est très excitant.
On imagine l’influence très Lynchienne ? Ces clips annoncent-ils d’autres types de réalisations ?
Nous continuerons à réaliser nos clips de cette manière encore un temps, en effet. Le prochain clip qui sortira sera encore réalisé de cette manière. Ensuite, on va certainement évoluer, proposer quelque chose de neuf, ce sera surprenant, je pense.
Connaissez-vous des gens qui sont partis, là-bas ? En sont-ils revenus indemnes ?
Je pense qu’on est tous déjà allé « là-bas », je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en revenir. Il est même important de cultiver son goût, son appétit pour l’ailleurs. L’aventure est une source de joie intarissable, non ?
La critique spécialisée a déjà craqué sur vous. Un début de reconnaissance ? Vous allez jouer pendant Paroles et Musiques ; Une évidence ?
Un moment extrêmement fort en perspective, oui ! Tellement heureux et honorés d’être sur le même plateau qu’Eddy de Pretto, Jain et Nekfeu ! On ne peut que remercier le festival de nous faire confiance, nous, un minuscule projet naissant, de participer à ce genre d’événement.
Que vous inspire ce festival ?
Beaucoup de bien, puisque chacun de nous deux, avec son projet solo respectif (Raphaël Herrerias pour Raphaël, 1000 Chevaux-Vapeur pour Théo) avait déjà eu la chance de jouer dans ce festival par le passé. Jouer au puits Couriot, dans les mines où nos arrières grands-parents ont travaillé, ça va vraiment être très spécial.
Qu’attendez-vous de cette rencontre avec le public stéphanois ?
Ce sera notre première rencontre avec le public stéphanois, c’est dire comme c’est important et génial. C’est tellement important pour nous d’avoir l’approbation du public stéphanois pour ce projet, car si Terrenoire parle de nous et de notre histoire, il peut résonner pour beaucoup d’autres originaires de cette ville qui nous a vu grandir.
Où voulez-vous aller ?
Nous voulons atteindre le Black Paradiso, mais en prenant les plus beaux chemins. C’est la traversée, la plus importante.
Bientôt un premier album ?
Oui ! Un premier album en 2019, on s’y met d’ailleurs. Mais avant ça, nous sortons un 1er EP dès cet automne !




