Parce qu’on ne fait pas toujours les choses pour de bonnes raisons…Jacksonville, Florida. Une ville comme il en existe tant aux États-Unis ; une ville sans âme où l’on s’ennuie ferme. C’est là qu’a grandi Shannon Wright, élevée par sa grand-mère qui aura la bonne idée de lui offrir une guitare pour ses 9 ans. Cette grand-mère remplie d’amour lui offre également chaque samedi un nouveau 45 tours. Du coup, c’est dans la musique que Shannon Wright dessine son propre monde. Puis, elle a 15 ans lorsqu’elle découvre, sur scène, Sonic Youth. Énorme coup de bambou ! C’est clair, c’est sur scène que Shannon veut être. Tout donner. Se vider. Vider ses tripes. Pour le public. Une raison comme une autre de vivre. De tenir.

Elle sort son premier album en 1995 avec son premier groupe, Crowsdell. Succès d’estime. Trop expérimental, pas assez calibré pour les radios. Le trio ne dure pas et Shannon décide de poursuivre l’aventure seule et d’accumuler les galères, les tournées minables à travers tout le pays, les bars pourris à jouer devant une poignée d’auditeurs paumés, saouls sûrement et sans doute perdus. Une tournée en Europe partagée avec Calexico, une amitié partagée et une rencontre improbable avec un Frenchie, Philippe Couderc, devenu fan. Et le patron d’un petit label Vicious Circle qui la signe sur-le-champ. Et c’est encore Vicious Circle qui, 15 ans plus tard, édite « Division », le nouvel album de Shannon Wright. Un album court. Essentiel. Moins électrique, sans doute encore plus intime. Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Parce que pour certains la musique n’est pas négociable. Ni une marchandise vulgaire. Mais parce que pour certains la musique donne un sens à leur vie.

Le Fil – Saint-Étienne – jeudi 11 mai à 20 h 30