Certains artistes se ramollissent avec les années, le confort, l’argent et la gloire. C’est au gré de ces accommodements avec le système qu’on évalue la sincérité du propos originel. Était-ce une posture marketing, le rez-de-chaussée d’un futur plan de carrière ou les premières pierres d’une pensée sûre et structurée… Chez François Hadji-Lazaro, la « droititude » pour paraphraser celle qui fût à deux doigts de devenir la première dame à défaut de la première présidente, est plus qu’une ligne de conduite, c’est un marqueur indélébile. Voici un musicien, un chanteur, un comédien, un troubadour qui est toujours droit dans ses bottes et avec ses convictions. Précurseur en matière d’autoproduction, François Hadji-Lazaro a toujours fait rimer conviction et action. Et 30 ans après la création dans les faubourgs de Paname du groupe Pigalle, rien n’a changé !
Le réchauffement climatique, l’expulsion des immigrés, la dure réalité sociale d’une partie de la France constituent toujours les thèmes des chansons du groupe signées Fr. Hadji-Lazaro. Le tout restant musicalement assaisonné de chanson, de musique cajun, celtique et country et de punk-rock. Pour sortir ce disque de la « résurrection » et ne pas subir, toujours et encore, les lenteurs d’une maison de disques extérieure, François Hadji-Lazaro monte un nouveau label spécial baptisé Saucissong, en clin d’œil au feu Boucherie Productions, label mythique des années 90. Après quelques années de sommeil, Pigalle s’est rappelé à nos bons souvenirs.
Ainsi en 2010 et après trois albums en solo, François Hadji-Lazaro recontacte les musiciens « historiques » de la formation rock des années 1980 et les mêle à ceux avec lesquels il a travaillé ces dernières années. Un best of des plus grands succès de Pigalle (« Neuf et occasion ») ainsi qu’un nouvel album, « Des espoirs », voient vite le jour et renvoient le groupe sur la route. L’an dernier Pigalle sort son 7e album intitulé « T’inquiète », ce qui nous rassure forcément. Seize chansons qui sont autant d’histoires cocasses et pittoresques. Ce cru 2014 révèle une belle galerie de personnages plus ou moins louches, du baroudeur mafieux à la tendre évocation du permissionnaire évadé et du paysan vengeur, sans oublier le fameux mari à la main leste. Une galerie de personnages réalistes à faire froid dans le dos qui pourrait être sinistre s’ils ne témoignaient de la plume acérée mais poétique et sensible de François Hadji-Lazaro. En véritable homme-orchestre, notre homme agrémente ces portraits de sonorités exotiques avec une multitude d’instruments, banjo, clarinette, luth arabe, guitare portugaise, pipa chinoise, cromorne baroque, vielle à roue traditionnelle et son fameux accordéon. L’aventure est toujours au bout de la rue, n’est-ce pas !
Festival Rue des Artistes – Saint-Chamond – Parc N. Mandela – dimanche 21 juin à 19 h 30




