Le paysage cinématographique stéphanois connaît, en cette rentrée, des révolutions pour le moins inattendues. En reprenant les 2 salles du feu Cinéma Le France, devenu le Méliès Saint-François, Paul-Marie Claret, patron du Méliès, contribue à imposer plus encore l’offre d’un cinéma d’art et d’essai. Rencontre :
Pour mémoire, tu as racheté le Méliès en…
Avril 2011 pour être précis.
Quel bilan en tires-tu ?
Entre 2006 et 2011, jamais le Cinéma le Méliès n’avait connu d’exercice positif. Dès notre reprise, nous avons connu un premier exercice positif que nous avons même doublé la seconde année et nous sommes toujours dans cette dynamique positive. Nous avons su rationaliser certaines charges et nous avons pu mettre en place les éléments de développement. En termes de philosophie cependant, je me situe pleinement dans la lignée d’Alain Cramier, créateur du Méliès. Bien que n’ayant pas une formation ni de gestion ni de commerce, j’ai su m’adapter à la situation et trouver dès le départ, un sens de l’équilibre nécessaire.
Le Méliès Jean Jaurès est donc viable financièrement…
Tout à fait, nous remboursons nos dettes normalement, c’est important de le préciser puisque nous avions près de 200 000 euros de remboursement par an rien que pour les murs. Nous avons pu, grâce à la bonne volonté de nos créanciers, rééchelonner nos dettes ce qui a certes allongé la durée de notre emprunt qui court jusqu’en 2025, mais cela nous offre plus d’opportunité dans notre gestion quotidienne. Nous avons obtenu ce rééchelonnement en octobre dernier.
Combien d’entrées au Méliès ?
En 2013, nous avons fait 183 000 entrées. Soit + 7,5 % par rapport à 2012… Nos concurrents locaux ont connu sur la même période de fortes chutes. Sur le plan national, 2013 a été une mauvaise année, alors que 2014 s’annonce plus prometteuse, mais il faut attendre ce dernier trimestre… « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu », le film qui tire tout le cinéma Français n’est pas sorti au Méliès, doit-on le préciser…
Es-tu fier de ces résultats ?
Oui, ma première fierté est d’avoir obtenu ces résultats avec exactement la même équipe que celle que dirigeait Alain Cramier. Avec la reprise du France, nous embauchons deux nouvelles personnes et nous passons d’un temps partiel à un temps plein. En gros, nous augmentons d’un tiers notre personnel, ce qui n’est pas rien ! Durant ces 3 années, nous n’avons constaté aucun départ, ce qui est significatif. Chacun a trouvé sa place au sein de l’équipe. Je dois dire qu’avec Sylvain Pichon, nous avons su également trouver notre mode de fonctionnement, ce qui n’était pas spécialement évident au départ. Nous dirigeons le Méliès à deux, en fait. Nous sommes complémentaires, aussi bien dans les tâches du quotidien jusqu’à nos goûts cinématographiques. Nous sommes beaucoup dans l’échange.
Depuis 2011, le projet du Camion Rouge, multiplex installé dans l’ancienne enceinte des pompiers, place Chavanelle, s’est concrétisé…
C’est un projet qui a été exclusivement porté par Florent Pigeon, ancien adjoint au maire à l’urbanisme. C’est d’ailleurs, selon moi, plus un projet urbaniste que cinématographique. Aucune étude cinématographique n’a été entreprise pour justifier cette création de multiplex, c’est pourquoi je parle de projet urbaniste. Nous avons alerté l’ancienne majorité municipale à ce sujet, tout comme le Gaumont l’a fait d’ailleurs. Personne n’a tenu compte alors de ces alertes…
Qui ont pris une tournure nouvelle…
Tout à fait, avec le retrait annoncé de la ville de la société Gaumont ? Le multiplex Gaumont devant être repris par la société qui crée le Camion Rouge place Chavanelle… Avec l’ouverture du Camion Rouge, les responsables de Gaumont anticipent une perte de près de 30 % de leur chiffre de fréquentation annuelle qui dépasse les 500 000 entrées. Et avec 30 % d’entrées en moins, ils sont cependant en dessous de leur seuil de rentabilité, c’est aussi simple que cela. Gaumont n’est jamais resté dans une ville sans être rentable. Rien ne dit d’ailleurs, que le Groupe Euro-Palace, qui rassemble les cinémas Gaumont et Palace, ne part pas de Saint-Étienne pour mieux revenir plus tard, en périphérie… Ce groupe national peut-il se permettre d’être totalement absent de tout un département ? Pas sûr. À la différence de Madame Duparc…
Madame Duparc, fille de M. Massu, créateur d’un réseau de cinémas indépendants, dirige la société qui possède le Cinéma le Royal et qui investie dans le Camion Rouge…
Il s’agit d’un grand groupe indépendant installé historiquement à Dijon. Donc après l’Éden, dont tout le monde sait ce qu’il est advenu, après le Royal, après le Camion Rouge, Madame Duparc va également reprendre le Gaumont Saint-Étienne… On peut juste se poser la question du bien-fondé de cette stratégie… Il faut savoir que la société de Madame Duparc gère des cinémas indépendants à Dijon qui sont programmés par Gaumont. Et il en sera de même ici. S’agit-il d’une société qui distribue et programme des films ou d’une société qui gère des murs immobiliers ? Toute sa programmation va être déléguée à Gaumont…
Après, si elle pense que Gaumont possède toutes les compétences pour programmer, c’est son problème, non ?
Certes mais nous, au Méliès, nous prenons et assumons pleinement le choix de notre programmation artistique.
Bien sûr, mais j’imagine que l’ancienne municipalité était au courant de tout cela…
Je crois que l’ancienne municipalité était très contente de voir l’ancienne caserne des pompiers, située en plein centre-ville, réaffectée… On avait envisagé, je crois, un temps, le transfert de la Comédie de Saint-Étienne dans cette ancienne caserne… N’aurait-il pas mieux valu conserver la Comédie de Saint-Étienne dans le centre-ville plutôt de créer des centres commerciaux de la culture à l’extérieur du centre-ville ? Je ne suis pas certain que les commerçants du centre-ville aient bien apprécié tout cela…
Si tu te mets à prendre la défense des commerçants du centre-ville…
J’aime beaucoup la Comédie là où elle est actuellement. Si on veut créer un lien avec le peuple, encore faut-il créer des lieux cuturels où les gens habitent, non ?
Face au Camion Rouge, tu as donc senti le besoin de te renforcer localement…
Ce n’est pas comme ça que cela c’est passé… Clairement, avec 4 écrans, nous étions à la limite de ce qu’on pouvait faire en terme artistique. Chaque semaine sort une quinzaine de films en France. Nous, nous sommes dans la découverte de talents. Pour être viable, chaque année, nous devons sortir 15 à 20 films qui vont très bien fonctionner et qui vont nous permettre de programme les 500 autres films qui ne trouveront pas forcément leur public. S’il nous manque ne serait-ce qu’un ou deux films qui cartonnent chaque année, notre modèle économique peut-être remis en cause. Déjà à l’époque de l’ancienne municipalité, nous avions entrepris de mettre en place un rapprochement entre notre cinéma et le France. En avril dernier, le conseil d’administration de la coopérative qui gère le Cinéma Le France s’est clairement prononcé pour une cessation de son activité cinématographique. Ils ont décidé, à partir du 31 juin dernier, de cesser leur activité d’exploitation. C’était leur décision. Le 13 juillet, nous avons présenté un projet de reprise des deux salles gérées par le France. Cela a été voté lors d’une assemblée extraordinaire à l’unanimité. Entre le 13 et le 31 juillet, nous avons finalisé notre projet dans une certaine urgence…
Concrètement, tu rachètes quoi ?
Je rachète les fonds d’exploitation cinématographique. Une sorte de fonds de commerce.
Tu continueras de payer un loyer à la ville de Saint-Étienne propriétaire des murs du France ?
Oui. Dans un premier temps, nous continuons à payer un loyer à l’ancienne structure du France, une coopérative qui poursuit certaines activités de médiations ou de sensibilisations culturelles, mais j’espère, d’ici à décembre, signer un bail commercial avec la ville de Saint-Étienne.
C’est la même structure qui englobe les deux cinémas, Jean Jaurès et désormais Saint-François…
Tout à fait. Nous rachetons les entrées, les abonnements du France en quelque sorte autant que les dettes que la coopérative avait contractées pour les projecteurs numériques.
Pour quel montant ?
100 000 euros environ.
Ce qui n’est pas démesuré si le projet tient bien la route…
Si le projet tourne, oui. Mais le risque, c’est nous qui le prenons. Comme je le précisais, nous reprenons aussi deux anciens salariés. Plus une femme de ménage, plus le passage d’un emploi de mi-temps à un plein-temps, cela représente au total une hausse de 30 % de notre masse salariale. Ce n’est pas rien ! C’est l’ensemble du Méliès qui est fragilisé par cet investissement, alors que nous n’avons aucune garantie. Je suis bien sûr optimiste. Les premiers chiffres confirment cet optimisme mais il nous faut rester très attentifs et prudents. Nous avons toutes les raisons d’y croire d’autant que nous prendrons le risque de programmer des exclusivités au Méliès Saint-François. Par exemple, « Trois cœurs » de Benoît Jacquot et « Yves Saint-Laurent » de Bertrand Bonello sont sortis au Méliès Saint-François. C’est un vrai risque car ce sont nos deux films forts de la rentrée. Après, il ne faut pas déshabiller le Méliès Jean Jaurès pour habiller le Méliès Saint-François. Le Méliès Jean-Jaurès doit rester sur la base des 180 000 entrées annuelles.
Quels sont les objectifs pour Saint-François ?
Ce serait bien de réaliser un peu plus de 50 000 entrées. Il faudrait, pour être tranquille, que nous arrivions à faire 240 000 entrées par an sur les deux sites pour 6 écrans.
Ces 6 salles te permettront de mieux affronter l’installation du Camion Rouge…
L’inauguration du Camion Rouge est annoncée cette fin d’année, ce qui nous laisse quand même le temps de prendre nos marques.
Quels sont les points faibles du Méliès Saint-François ?
Soit les gens ne connaissent tout simplement pas ce cinéma, soit ils considèrent qu’il est trop excentré, trop inaccessible. Ce qui est faux parce que pas moins de 4 bus desservent le cinéma. Entre Jean Jaurès et ici, on met à pied, grand maximum, 15 minutes. Ce n’est rien ! Il y a le tramway place Dalgabio à deux minutes. Et quantité de bus s’arrêtent à quelques mètres… L’accessibilité est très simple.
Possibilité le parking dans le coin ?
On vient de mettre en place un partenariat avec l’Intermarché qui est situé juste au-dessus à quelques dizaines de mètres. Intermarché, qui est très dynamique, accepte d’ouvrir son parking à nos clients. Ce n’est pas rien. Tout le monde, ici dans le quartier, voit l’intérêt de relancer le cinéma.
N’y a-t-il pas le risque de fragiliser le Méliès Jean Jaurès ?
Non, parce qu’à partir de maintenant, je considère Saint-François et Jean Jaurès comme la même entité et je raisonne en globalité lorsque je parle des 240 000 entrées. Nous avons un seul programme, les mêmes tarifs, les mêmes abonnements, les mêmes types d’horaires, nous continuerons d’accueillir toutes sortes d’activités sur les deux sites. Tout le travail que faisait l’ancienne équipe du France, autour de la médiation ou du travail en milieu scolaire va être reconduit sur les deux sites. Je veux une vraie synergie. Il en sera de même avec les festivals, Tête de Mule, Face à Face, Tournez Court… Nous essayons de répondre à toutes les sollicitations dans le cadre de notre objectif, la défense de tous les cinémas.
Ne serait-il pas souhaitable de te situer dans une relation apaisée avec l’équipe du Camion Rouge ?
Je veux rester optimiste quoi qu’il en soit, c’est sûr. Après 20 écrans, ceux du Camion Rouge plus ceux du Gaumont, contre 6 pour nous, c’est David contre Goliath…
Mais comme tu le répètes souvent, il ne s’agit absolument pas des mêmes films ni des mêmes publics…
Peut-être mais ce à quoi nous assisterons à Saint-Étienne constitue une première en France. Ce que je veux dire par là c’est que le poids vis-à-vis des distributeurs est complètement déséquilibré et dans nos métiers, ce rapport de force est primordial. Quand on sait que 15 films sortent par semaine, que seul 1 ou 2 films trouveront leur public, c’est très délicat… Nous, au Méliès, travaillons notre programmation au mois. Le risque serait d’être privé d’un ou de plusieurs films susceptibles d’être programmés par la concurrence puis d’être supprimés en première semaine.
J’imagine que tout le monde souhaite que le cinéma se porte enfin bien à Saint-Étienne, le cinéma commercial comme le cinéma d’auteur…
Je serais ravi de trouver un mode de fonctionnement amical et intelligent avec les propriétaires du Camion Rouge et je serai surtout ravi de signer ce mode de fonctionnement amical avec la médiatrice du cinéma. Je ne suis pas contre la double copie sur Saint-Étienne, qu’un film sorte en même temps sur deux cinémas. Cela peut avoir du bon, je crois. Cependant, ma volonté c’est que nous puissions garder la copie en version originale chez nous. Tous les films étrangers sortent, chez nous, en VO. « Captain America » ne m’intéresse pas, en revanche, « Sin City », m’intéresse et le conflit peut se porter sur ce type de films, à la frontière entre le film commercial et le film d’auteur. C’est le cas pour les films de David Fincher également… Il faut qu’il y ait un réel partage des copies. Il est hors de question d’être privé de films comme cela se passe à Dijon, où l’exploitant « art et essai » a été empêché de sortir des films d’auteurs clé, il faut le savoir. Cela a été le cas, par exemple, pour « Les combattants ». Le problème peut se poser sur ce type de films… Je crois que derrière la bonne volonté affichée des uns et des autres, il faut voir les faits et je connais bien le monde des distributeurs, certains sont capables de se priver d’entrées ici à Saint-Étienne pour les récupérer ailleurs, suivant le jeu des réseaux de diffusion.
As-tu rencontré Madame Duparc ?
Non pas encore.
Quelle est la nouvelle position de la ville ?
La position de la ville est essentielle, à deux niveaux. Le premier concerne la signature du bail commercial que j’ai évoqué. Cela devrait se faire, je suis confiant. Le second concerne le niveau de subvention nous concernant. La loi Sueur permet aux villes se subventionner des entités privées comme la nôtre. Jusqu’à présent, nous recevions environ 40 000 euros de subventions de la part de la ville de Saint-Étienne, notamment pour accompagner tous nos ateliers scolaires, pour mettre en place les nombreux partenarias que nous avons avec la Comédie de Saint-Étienne, l’école d’architecture, de design… Nous venons de mettre en place avec l’école d’architecture, par exemple, une carte de films concernant les films de patrimoine qui coûtent très cher à faire venir. Cette carte concerne les étudiants en Archi, elle coûte 27 euros pour 18 films ! C’est énorme. Tout ce travail d’éducation à l’image doit être soutenu par la ville de manière plus importante car toutes nos charges augmentent.
Tu demandes une hausse de ta subvention ?
Oui, et c’est logique, car je continue d’avoir un endettement très lourd à Jean Jaurès pour l’achat des murs, alors qu’à Saint-François, je paye un loyer avec la même volonté de défense du cinéma que celle qu’il y avait ici avant avec la Coopérative…
Après, ton endettement relève de ton ressort, pas de celui de la ville…
Bien sûr mais je te le répète, la loi Sueur permet aux villes de soutenir les structures comme les nôtres sur les activités « moins commerciales ». La loi permet un subventionnement jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires. Nous en sommes loin.
Tu demandes combien ?
Il nous faudrait 120 000 euros de subventions…
Ah, quand même…
Nous sommes passés à 50 000 cette année. Notre première demande, il y a trois ans, était fixée à 80000, on nous en a donné la moitié à l’époque.
Qu’en pense la mairie ?
A euro investi par spectateur, cette demande n’a rien d’indécent, eu égard aux autres structures culturelles locales. 120 000 euros pour 240 000 spectateurs par an.
Soit, 50 centimes par spectateurs, quand même…
Dont 10 % sont des primo spectateurs. Comparons avec ce que touche l’Opéra de Saint-Étienne…
L’Opéra est une structure municipale, pas privée…
Parlons de la Comédie ou du Fil… A euro investi par spectateur, je ne connais aucune structure qui est ouverte en centre-ville 365 J/an, et qui fait ce même travail de sensibilisation, de médiation et de découverte… Notre but est de découvrir les talents de demain. Rappelons-le. Ce travail, nous sommes les seuls à le faire à Saint-Étienne. D’autant que nous ne vendons ni boissons ni pop corn pour compléter nos revenus. Nous militons pour un certain type de cinéma. C’est ce qui fait notre spécificité. Nous avons une vraie cohérence.
Tu as bien le Méliès Café…
Le Méliès Café vient enfin de connaître sa première année équilibrée…, 9 après son ouverture. Cafetier, ce n’est pas notre métier. J’ai repris le Méliès Café pour sauver le lieu et l’emploi. Ce n’est pas notre métier. À terme, je voudrais même vendre mes parts dans le Méliès Café car je ne souhaite pas avoir une licence IV à mon nom. C’est trop de soucis pour moi et cela reste éloigné de mes centres d’intérêt. J’espère avoir toute l’écoute de la ville à ce sujet. Précisons également qu’à terme, nous devrons certainement entreprendre des travaux de rénovation. De ces 120 000 euros, nous avons pleinement besoin. Et pas de la moitié.
Peux-tu nous parler de l’inauguration du Mélies Saint-François ?
L’inauguration officielle, à laquelle nous convions tout notre public bien sûr, se déroulera le vendredi 21 novembre prochain. Notre envie est d’imaginer avec les spectateurs et des professionnels, à ce que serait la salle indépendante de demain ! Il y aura un petit pot d’accueil à partir de 19 heures, puis à 20 heures, une discussion à travers le réseau Skype avec Tim League, fondateur et directeur de l’Alamo Drafthouse Cinéma, plus grand réseau de cinémas indépendants américains. Puis à 20 h 30, présentation et échanges autour du Tour de France des Cinémas avec Agnès Salson & Mikael Arnal… De 21 h 30 à 22 h 30, un buffet convivial sera concocté par le Rince Cochon & l’équipe du Méliès Café avant à 22 h 30, les projections de deux films musicaux aux choix et en avant-première, en salle 1 « Wiplash » de Damien Chazelle et en salle 2 « 20 000 jours sur terre » de Iain Forsyth et Jane Pollard où il sera question du 20 000e jour sur la planète Terre de l’écrivain et musicien Nick Cave. À la fin des films, nous terminerons avec des échanges festifs avec les équipes du Méliès et les invités, le tout avec une ambiance vinyles programmés par l’équipe du Café !
Tu restes donc très optimiste ?
Tout à fait. Je suis toujours optimiste. Il y a trois ans, personne ne me faisait confiance. Nous avons, dans le travail quotidien, fait nos preuves. Nous avons un vrai projet pour le Méliès Jean François. Je ne connaissais pas ce quartier que j’ai découvert, et avec la rénovation du quartier Châteaucreux voisin, je crois que ce quartier Saint-François a toutes les cartes en main pour rebondir avec le Méliès Saint-François. Lorsque MK2 a implanté ses salles à Paris dans le quartier des Quais de Seine, où circulaient drogues et trafics, personne n’y a cru. Pourtant, cela a marché. Je voudrais faire la même chose ici, le cinéma peut redynamiser un quartier…
J’espère que tu ne deviendras par comme Marin Karmitz, patron de MK2 (un ancien marxiste devenu conseiller de N. Sarkozy !)…
N’y compte même pas !




