Les Grandes Soirées Théâtre rencontrent un succès incroyable. L’Opéra de Saint-Étienne qui les accueillent est à chacune des dates pleine à craquer, le public se pressant pour découvrir du théâtre de boulevard, tour à tour divertissant, drôle, émouvant, touchant, mais aussi pour découvrir de nombreuses stars comme Michèle Bernier, Marie-Anne Chazel, Anny Duperey, Michel Leeb ou encore Christian Vadim. Pascal Légitimus, que nous avons découvert récemment dans Le Duplex, la première des grandes soirées qui en comprendra 5, est le parrain de cette nouvelle saison. Il répond à quelques questions :

Pourriez-vous résumer en quelques mots le passé, le présent et le futur de votre parcours ?

J’ai commencé j’avais 10 ans, j’en ai 66, et j’espère continuer une dizaine d’années avec comme point d’orgue une pub pour Oncle Ben’s. Je pense que ce sera le dernier personnage que j’interpréterai. Blague à part, j’aime mon métier, et tant que j’aurai des choses à dire je continuerai, toujours avec une bonne dose de second degré.

Rétrospectivement, est-ce que vous auriez pu imaginer un tel parcours ?

C’est un métier que j’ai toujours voulu faire. Évidemment j’avais un handicap avec la couleur de ma peau. À une certaine époque, c’était compliqué de s’exprimer quand on avait une couleur à forte pigmentation. Mais à force de travail, de conviction, de passion, et surtout entouré de très bons amis qui m’ont accompagné, j’ai pu assumer ce métier-là. Un métier qui est de divertir, mais pas seulement. C’est un métier où on peut énoncer, et dénoncer. Je résumerai en disant : je dis des mots pour dénoncer des maux. C’est ça mon credo.

Comment ressentez-vous les défis constants que doit traverser le monde de la Culture ?

Je trouve que les artistes aujourd’hui, surtout ceux qui font rire, comme les clowns, les acrobates, les comédiens etc. sont utiles et nécessaires. Même s’ils ne sont plus les bouffons du roi qui avaient un rôle important et qui pouvaient se permettre de dire tout haut ce que les gens ne pouvaient même pas dire tout bas, on a besoin aujourd’hui d’appuyer là où ça fait mal. Nous sommes dans un monde anxiogène, et même si ça a toujours été le cas, le niveau est peut-être monté d’un cran à notre époque. La communication permet de savoir instantanément ce qu’il se passe à l’autre bout du monde, ce qui n’était évidemment pas le cas au Moyen Âge par exemple. Donc aujourd’hui on est abreuvé de très bonnes nouvelles, mais aussi de mauvaises nouvelles. Nous, les artistes, on va essayer de faire en sorte que les gens soient un peu moins malheureux. C’est ça le but, à travers tous les arts, de faire plaisir, et d’aider à grandir un peu.

Est-ce que le futur vous inquiète ?

Je dirais, qui veut aller loin ménage sa pirogue ! Je m’aime, j’ai une famille, j’ai des amis, donc j’essaye de faire au mieux pour transmettre, et mettre en transe. Je fais attention à ce que je mange, je m’entoure de belles personnes, je travaille avec des gens et je choisis des projets qui me ravissent. C’est le cœur qui me guide. C’est pour ça que je suis là aujourd’hui pour parrainer les Grandes Soirées Théâtre à Saint-Etienne. Personne ne m’a forcé ! Défendre des projets avec des amis, de beaux projets, avec de beaux auteurs, de beaux acteurs et avec une belle production. Richard Caillat, C’Kel Prod…, ce sont de belles personnes qui aiment leur métier, ça se sent, ça se voit. Il y a de l’humanité et c’est important pour moi, ça donne du sens à ce que je fais.

Une dernière question un peu chauvine, vous connaissez Saint-Étienne ?

Je suis venu jouer à Saint-Étienne, paraît-il, il y a très longtemps, en 85, avec les Inconnus. Je suis venu cette année pour faire une petite conférence au Loire Business Club. J’y ai fait quelques passages aussi parce que j’ai des amis dans la région, et j’avoue que voir ce stade (rencontre réalisée à la Brasserie Geoffroy Guichard N.D.L.R.), et repenser à son histoire qui a été traversée par de belles personnes dont certaines ont défendu les couleurs de la France dans le monde entier, c’est inspirant. Je vois notamment en face de moi Monsieur Janvion qui a été une icône dans lequel je pouvais m’identifier.

Carte blanche pour le mot de la fin.

Donner une carte blanche à un métis c’est amusant ! C.Q.F.D. !