En 2010, un film « Precious » s’imposait sur la scène internationale tel un missile exocet. « Precious » relatait le quotidien de Claireece Precious Jones, une jeune fille afro-américaine âgée de 16 ans, obèse et mère d’une petite fille trisomique dont le père n’était autre que son père ! Mais sous ses aspects de drame urbain et communautaire, « Precious » délivrait aussi un vrai message d’espoir dans l’émancipation de son héroïne. Certaines voix dénoncèrent ce film trop négatif, selon eux, envers la communauté afro-américaine. Inspiré d’une histoire vraie, « Precious » a été réalisé par Lee Daniels, un jeune réalisateur afro-américain, ce qui annula d’emblée toute critique manichéenne. Pour son second film, Lee Daniels s’est confronté à l’adaptation d’un roman de Pete Dexter, un ancien journaliste devenu écrivain. Tout comme « Precious », « Paperboy » s’inspire lui aussi d’un fait divers authentique qui se déroula en Floride à la fin des années 60.
Hilary Van Vetter est accusé du terrible assassinat d’un shérif. Proclamant son innocence, il risque la peine capitale. Charlotte, une blonde mystérieuse qui a entretenu une correspondance passionnée avec Hilary Van Vetter, par ailleurs chasseur d’alligators dans le bayou, est convaincue de son innocence. Pour cela, la jeune femme est prête à tous les sacrifices. Elle contacte notamment Ward Jansen, reporter au Miami Times, qui vit parallèlement une histoire d’amour avec son partenaire d’écriture Yardely Acheman, un jeune afro-américain. Inutile de dire que cette relation homosexuelle trans-raciale pourrait être mal acceptée… Afin de mener à bien son opération, Charlotte ira jusqu’à séduire le jeune frère de Ward, Jack, un jeune homme en quête d’expérience. Mais lorsque Hilary est acquitté, les choses ne se déroulent pas comme prévu… Présenté au dernier Festival de Cannes, « Paper boy » a été l’occasion pour ses acteurs d’accéder à des rôles peu conventionnels : Nicole Kidman a joyeusement endossé le rôle de la blonde pulpeuse et allumeuse, délaissant toute forme de sophistication ; Matthew Mc Conaughey s’est délesté de son image de séducteur impénitent en devenant, pour une fois, homo ; John Cusack eut enfin l’occasion de devenir un vrai méchant à l’écran, rôle qu’il n’avait jamais tenu à ce jour. Quant à Zach Efron, il tire définitivement un trait avec la trilogie pour adolescentes « High School Musical » qui le propulsa au sommet du box-office. Reste Lee Daniels, le réalisateur, qui persiste et signe dans un « politiquement incorrect » qui n’est pas pour nous déplaire !
Un film de Lee Daniels
Sortie le 24 octobre




