Dans une Gaule occupée par les Romains la prêtresse Norma a signé la paix avec l’occupant et eu en secret deux enfants avec le romain Pollion. Mais lorsque ce dernier menace de repartir pour Rome avec le jeune novice Adalgise dans ses bagages, la jalousie et le malheur s’abattent sur la grande prêtresse trompée. Voilà pour l’argument historique et scénaristique d’un des opéras les plus intéressants de Vincenzo Bellini. Avec « Norma », V. Bellini bouleverse incontestablement les codes de l’opéra italien élaboré par G. Rossini et augure de la grande forme romantique à venir.
Désormais, les frontières se font plus souples entre les airs, duos et ensembles offrant ainsi au tissu musical une fluidité où mélodies et intentions dramatiques convergent en de vastes fresques. V. Bellini, en plus de « révolutionner » la forme traditionnelle, compose des rôles d’une exigence folle. Ainsi le rôle-titre de Norma, interprété par la nouvelle diva du chant italien Maria Agresta, réputé à juste titre pour être l’un des plus difficiles du répertoire de soprano, impose à la fois une parfaite maîtrise technique et de réelles qualités de tragédienne. Son mythique air « Casta diva » est à lui seul une leçon de haut niveau de l’art belcantiste convoquant longueur du souffle, précision, virtuosité des vocalises et pas moins de trois contre-ut ! Qu’on se le dise…
Opéra Théâtre de Saint-Etienne – 18, 20 et 22 novembre




