Quelques mots pour vous présenter ?
Je suis Mustapha KERROUA directeur artistique de l’association ATOUT MONDE et en charge du festival LA RUE DES ARTISTES.
Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Je reste positif. La situation que nous vivons aujourd’hui est une étape à surmonter ensemble. Nous devons tous respecter les consignes données par le gouvernement : si nous voulons que cette situation s’arrête, il faut rester chez soi. C’est certes compliqué pour certains mais c’est le prix à payer pour enrayer la crise. Restons positifs, soyons solidaires des personnels soignants qui font un travail remarquable. Dans cette période, n’oublions pas les plus fragiles, à savoir nos aînés, les personnes isolées et les plus démunies… Nous sortirons grandis de cette expérience – si j’ose dire.
La culture est fortement impactée par les mesures de confinement. Quelle incidence pour vous ?
Depuis le mois de février, nous ressentions déjà les prémices de cette crise. Au fur et à mesure que la situation avançait, nous avions écho, dans certaines structures, de baisses anormales de billetterie. Les interdictions de rassemblement, la fermeture des lieux puis le confinement sont un énorme coup dur pour le secteur. C’est une catastrophe pour l’ensemble de la culture qui est un secteur important de l’économie française avec un nombre conséquent de salarié.e.s et de prestataires (restauration, sécurité, technique…). Nous avons dû reporter la finale du Tremplin Musiques Actuelles initialement prévue le 27 mars au 9 octobre prochain. Quant à la 23ème édition de la Rue des Artistes, elle est à l’heure actuelle maintenue. Nos ventes de billetterie sont cependant en forte baisse depuis le début du confinement, mais nous continuons à travailler avec les artistes, nos partenaires, nos prestataires qui se montrent tous très compréhensifs au regard de la situation. Nous savons également que nous pouvons compter sur notre équipe de bénévoles. Tous ces soutiens sont essentiels : ils nous permettent de rester déterminés, motivés et surtout optimistes pour l’édition 2020. Nous avons évidemment une grande pensée envers l’ensemble des acteurs culturels, lieux de diffusion, festivals, équipes artistiques et techniques qui subissent de plein fouet cette crise.
Qu’espérez-vous et redoutez-vous après ?
De nombreux élans de solidarité sont en train de se développer, notamment envers le personnel soignant et les personnes isolées/fragiles. De même dans le spectacle : avec par exemple le hashtag #jegardemaplace, qui appelle à faire don d’un billet acheté pour un spectacle finalement annulé, et donc de ne pas solliciter le remboursement.
Toutes ces formes sont très encourageantes. J’espère qu’elles perdureront et que nous en tirerons des conséquences. Mais je redoute un peu quelque part que lorsque nous tournerons cette page de notre histoire, tout s’arrête et que la population oublie. Malheureusement, le peuple français nous a montré qu’il n’avait pas de mémoire. Mais je veux être positif, alors oui, je crois et j’espère : demain sera un autre jour.
Des idées de lectures, podcasts, vidéos ?
Une revisite des classiques pour les bons souvenirs, l’occasion de faire découvrir certains chefs-d’œuvre aux plus jeune, avec une première dédicace à Uderzo et Goscinny (lisez tout – mon préféré : Astérix et Cléopâtre), une deuxième à Manu (Manu Dibango) bien sûr ! Écoutez un de ses meilleurs albums, CHO’C N SOUL, avec Sly Dunbar à la batterie et Robbie Shakespeare à la basse, l’une des sections rythmiques les plus renommées.
Vous avez réfléchi à la première chose que vous feriez lorsque nous pourrons à nouveau sortir de chez-nous ?
Prendre une bonne bière de la Brasserie de la Loire sur une terrasse au soleil au milieu de la foule !!
Un mot, un message pour conclure ?
Restez chez vous et nous aurons encore plus de plaisir à nous retrouver très bientôt. Soyez forts ! VIVE LA VIE ! VIVE NOUS…




