Nous sommes bien placés à Saint-Étienne, avec la création dès 1861 du premier grand Musée d’Art et d’Industrie, pour savoir que l’art et l’industrie sont tels deux amants qui auraient depuis toujours entretenu des relations aussi torrides que complexes. Le musée des Confluences, dont la fulgurance du succès dès son ouverture aura étonné tout le monde, même les observateurs les plus sceptiques, invite à son tour à explorer les rapports ambigus qu’entretiennent l’art et la machine depuis longtemps. Indifférence ou inspiration ? Haine ou fascination ? Du rêve d’un monde sauvé par la technique à son désenchantement, de la fascination de l’objet mécanique à la création de formes inédites, cette nouvelle exposition captivera tous les amateurs d’art, amoureux de mécaniques et grands rêveurs.
Dès le 18ième siècle, avec l’industrialisation forcenée de nos sociétés occidentales, la machine prend une dimension prépondérante dans nos quotidiens. Nouvel objet de travail, nouvel objet de technique et de vitesse, la machine, d’abord ignorée ou méprisée, fascine rapidement tous les artistes. À partir des nouveaux symboles de modernité, Monet, Léger, Duchamp ou Tinguely élaborent des formes plastiques inédites et donnent naissance, parfois, à de vraies machines imaginaires. L’exposition montre comment l’artiste s’est justement inspiré de la machine, puis comment il l’a transformé en objet de création au gré l’invention de la photographie et du cinéma, et enfin en objet d’art, en la manipulant et en la détournant de sa fonction première. Néanmoins, au fil du parcours et au fil du temps, à travers le regard de l’artiste et sa représentation de la société, une question demeure : est-ce encore une machine ou déjà une œuvre d’art ? Sur 1 500 m², “L’art et la machine” près de 200 œuvres issues de 70 musées européens et prêteurs privés.
Lyon – du 13 octobre au 24 janvier




