De tout temps, ou presque, les changements politiques municipaux, voire nationaux, s’accompagnent d’une valse de nominations et de révocations qui touchent trop souvent les artistes. Victime collatérale de la réélection du maire de Roanne Yves Nicollin, Abdelwahed Sefsaf dirigeait le prestigieux et très beau Théâtre de Roanne avant d’en être remercié de manière fort peu élégante. Nous avions découvert ce jeune musicien virtuose et ce comédien enflammé dès sa sortie de l’École de la Comédie de Saint-Étienne, au milieu des années 90, au sein de la compagnie Anonyme puis du très bon groupe de World Music Dézoriental. Pour cette nouvelle création décentralisée pour le Centre Culturel de la Ricamarie d’ailleurs, A. Sefsaf renoue avec Georges Baux, ancien arrangeur et compositeur de talent, G. Baux a longtemps travaillé avec Bernard Lavilliers, que le comédien Stéphanois avait croisé avec Dézoriental.
« Médina Mérika », c’est l’histoire d’un rêve américain depuis la médina, sur fond de printemps arabe à la dérive. Une Amérique générique, symbole de l’Occident tout entier, à la fois « quête » et pire ennemi. Un symbole de liberté autant que d’impérialisme, de modernité autant que de déchéance, tout à la fois possible et impossible. Médina en arabe c’est la ville. Un nom souvent utilisé pour baptiser les nouveaux quartiers commerçants où se trouve généralement le souk. Carrefour commercial mais aussi carrefour d’idées mêlant zones d’échanges et de changes plus ou moins légaux. Lieux de rencontres et de convoitise. Le spectacle « Médina Mérika » est une tentative d’établir un état des lieux sans concession, sans complaisance et dépouillé de tout romantisme. Un face-à-face, un mano à mano entre Orient et Occident, pour imaginer et recenser ce qui nous sépare pour mieux inventer ce qui nous unit. L’union, une notion plus qu’essentielle en ces temps perturbés…
Espace Albert Camus
Le Chambon-Feugerolles – Vendredi 30 et samedi 31 Janvier à 20 h 30




