Le Festival de La Chaise-Dieu fête cette année ses 60 ans. Boris Blanco, directeur du festival, nous raconte dans les grandes lignes l’histoire et les temps forts de cet événement qui s’annonce exceptionnel !

Pouvez-vous nous raconter les grandes lignes de cette belle aventure qui a commencé il y a 60 ans avec Georges Cziffra ?
L’histoire commence en 1966, lorsque Georges Cziffra découvre l’abbatiale Saint-Robert et décide d’y donner un concert pour contribuer à la restauration de son grand orgue, faisant naître la première étincelle du Festival. Depuis, La Chaise-Dieu a accueilli plusieurs générations de grands artistes, d’orchestres et d’ensembles, tout en restant fidèle à son intuition fondatrice : faire dialoguer l’excellence musicale avec un patrimoine et une acoustique exceptionnelle.

Comment expliquez-vous une telle longévité ?
Elle tient à la force du lieu, mais aussi à la capacité du Festival à évoluer sans perdre son identité. La musique sacrée, les grandes formations orchestrales et chorales et les grandes personnalités artistiques demeurent au cœur du projet, tandis que de nouveaux formats, de nouveaux répertoires et de jeunes générations d’artistes viennent constamment le renouveler. Cette longévité repose aussi sur un fort ancrage territorial et l’engagement remarquable des équipes, des bénévoles et des partenaires d’une très grande fidélité.

La programmation de cette année rend hommage à son créateur, mais nous allons aussi découvrir de magnifiques spectacles. Pouvez-vous nous donner quelques éléments de la programmation histoire de nous donner envie ?
Cette 60ᵉ édition, du 18 au 30 août, rendra naturellement hommage à Georges Cziffra, notamment à travers plusieurs grands rendez-vous pianistiques. Nous accueillerons aussi, pour la première fois, l’Orchestre de l’Opéra national de Paris dans Mendelssohn et Mahler, ainsi que l’Orchestre national et le Chœur d’État de Lettonie pour la création d’une œuvre d’Éric Montalbetti commandée par le Festival. Les Cris de Paris ouvriront l’édition au Puy-en-Velay, avant treize jours de musique réunissant notamment Bach, Beethoven, Liszt, Schubert et Brahms, jusqu’à La Création de Haydn en clôture.

On le sait, le Festival, c’est une abbaye remarquable, mais ce sont aussi d’autres lieux prestigieux qui vont accueillir des concerts. Quels sont-ils ?
L’abbatiale Saint-Robert reste le cœur historique du Festival, aux côtés de l’Auditorium Cziffra, consacré aux récitals et à la musique de chambre. Mais le Festival rayonne dans toute la région et investit des monuments emblématiques du territoire comme la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay, l’abbatiale Saint-Austremoine d’Issoire ou la basilique Saint-Julien de Brioude, ainsi que de nombreuses églises et lieux patrimoniaux. Cette itinérance, 24 communes visitées en 2026, permet de mettre en valeur un territoire exceptionnel tout en allant à la rencontre de ses habitants.

Enfin, le Festival propose toute l’année des temps forts et des résidences. Peut-être en dire quelques mots ?
La Chaise-Dieu vit désormais tout au long de l’année grâce à une saison de concerts, des résidences, des actions pédagogiques et des rencontres. La transmission occupe une place essentielle, au travers de l’accueil de jeunes ensembles en résidence, leur permettant de travailler sereinement et de voir le festival comme un espace de développement et de liberté artistique totale. Le Festival est ainsi à la fois un grand rendez-vous estival et un lieu permanent de création, de formation et de partage.

Un mot pour conclure ?
Ce 60ᵉ anniversaire est un moment de gratitude envers tous ceux qui ont construit cette aventure depuis Georges Cziffra, mais il doit aussi nous projeter vers l’avenir. La meilleure manière d’honorer les soixante premières années du Festival est de continuer à préparer les soixante suivantes, en continuant à inviter les plus grands artistes, à soutenir la création et à transmettre la musique aux nouvelles générations.