Il habite Bruxelles mais il est né il y a une quarantaine d’années à Firminy. Comme beaucoup de stéphanois il est tombé dès son enfance dans le chaudron magique. Tellement magique qu’il a imaginé dans un livre intitulé Un siècle sur le toit de l’Europe que l’ASSE gagna la finale de 1976. Eh oui, que ce serait-il passé si les ballons étaient rentrés ?
- Salut Didier, c’est, je crois, le premier livre de science-fiction jamais écris sur l’ASSE : d’où t’es venue l’idée ?
Hello l’Agenda Stéphanois ! Je ne sais pas si c’est le premier livre de science-fiction consacré à l’ASSE, mais d’après mon éditeur, c’est le cas, donc je le crois ! Et c’est effectivement fort probable.
L’idée m’est venue vers la fin de l’année dernière, alors que je débutais l’écriture d’un recueil de nouvelles après avoir terminé mon premier roman de science-fiction solarpunk, que je suis d’ailleurs en train de réécrire !
Mais pour être franc, j’ai toujours eu cette histoire en tête. J’ai réalisé que personne n’avait encore écrit sur cette possibilité, même si je savais que beaucoup avaient imaginé ce qui se serait passé si les poteaux avaient été ronds. Alors je me suis lancé !
- Sans trop en révéler, selon toi l’ASSE serait sur le toit du monde en matière de football en 2076…
De l’Europe pour sûr, du monde aussi ! Assurément, dans mon récit, l’armoire à trophées du club est immense. J’imagine surtout qu’en gagnant en 1976, c’est l’histoire entière qui bascule et qui propulse notre club et notre ville dans un univers alternatif encore plus glorieux. Mais victoire ou pas en 1976, 2076 est encore à portée de main ! Peut-être même que la réalité rejoindra la fiction si Cathro nous fait rapidement remonter et qu’on retrouve vite l’Europe ! Hahaha
- Quels seraient les principaux changements concernant la ville ?
Une telle victoire, et d’autres potentielles, mais je ne veux pas tout dévoiler, attirerait de nombreux investisseurs. La ville voit sa population croître au point de concurrencer, voire de rivaliser avec Lyon. Une ligne de train rapide longe la Loire et part de la gare Rhône-Loire, qui ne s’appelle donc plus gare de Lyon, pour arriver dans un écoquartier où des tours écologiques font la fierté de toute la région. La ville est devenue une capitale écologique et coopérative, tout en restant profondément ancrée dans le design et la culture. La rocade, elle, a été remplacée par un grand parc urbain. En même temps, avec les voitures volantes, on n’en a plus vraiment besoin ! Et surtout, Saint-Étienne est devenue le centre européen du football, pour ne pas dire la capitale européenne du ballon rond. ⚽
- Tu es né il y pratiquement 40 ans : que représentent les Verts de 76 pour toi ?
Les Verts de 76 font partie de l’histoire de tous les Stéphanois et Stéphanoises, et j’irais même plus loin, de l’histoire des amoureux du football, tant ils ont déclenché quelque chose de dingue. La folie qui s’est emparée du pays, jusqu’à voir 100 000 personnes défiler sur les Champs-Élysées alors même qu’on avait perdu, en dit long sur eux.
Ils ne s’appartiennent plus vraiment, en quelque sorte. Ils font partie du patrimoine commun, si je peux utiliser cette analogie. En tout cas, moi, j’ai grandi avec cette épopée. Ce qui est fou, c’est que même si on a perdu, elle n’est jamais vraiment présentée comme une défaite. On ne dit pas « la défaite de 76 », par exemple. On dit « l’épopée de 76 », « la finale mythique », « les poteaux carrés », « le match de Hampden Park », « l’injustice du coup franc », etc. On a vraiment traité cette finale de façon singulière. Et je crois que c’est parce que nous n’avons jamais vraiment terminé ce match, comme je le dis à un moment dans la nouvelle. Et donc, les Verts de 76 sont, à l’instar de cette finale, immortels et éternels.
- Tu vis à Bruxelles… y a-t-il beaucoup de supporters des Verts dans la capitale Belge ?
Alors, je n’ai pas rencontré beaucoup de Stéphanois ici, pour être honnête. Mais dès que j’évoque Saint-Étienne, selon les générations, les gens me parlent de Platini, de Johnny Rep ou de l’épopée. Les plus jeunes connaissent un peu moins, mais quand même ! J’ai aussi rencontré un super mec, Damien, qui gère une boutique vintage de football, 90 Vintage Football Store. Si vous venez à Bruxelles, allez y faire un tour : dans sa boutique, il y a une écharpe ancienne de Saint-Étienne, un vinyle avec la Panthère noire et des maillots des Verts. Je crois donc qu’il y a encore quelques passionnés de notre club ici !
En tout cas, toutes les personnes qui aiment le foot connaissent Saint-Étienne et ont généralement beaucoup de sympathie pour le club. L’ASSE et ses supporters ont un capital sympathie assez incroyable.
- Quel est ton plus beau souvenir concernant l’ASSE ? Et le pire ?
Difficile de choisir, j’ai le droit d’en dire plus qu’un seul ??
La montée en 1998-1999, parce que j’allais à beaucoup de matchs avec mon père et un ami d’enfance. Qu’est-ce qu’on a pu rire, exploser de joie et même pleurer ! Je me souviens d’un 6-1 contre Cannes ou du match de la montée contre Ajaccio, et puis ce 5-1 contre l’OM l’année d’après en D1 !
Récemment la dernière montée en Ligue 1 fut aussi exceptionnelle, avec cette folle remontée dans les dernières minutes contre Bordeaux et ce retour à Metz qui m’a fait perdre ma voix. Et puis je dirais quand même la Coupe de la Ligue en 2013, avec cette finale au Stade de France parce que c’est notre dernier grand titre !
Mon pire souvenir, c’est évidemment le barrage perdu avec l’envahissement du terrain il y a quelques années. Ça a été terrible pour l’image de notre club et du foot. Cette saison-là, on avait d’ailleurs réussi à se prendre un 8-0 !
- Cette saison a plutôt pas mal commencé… on va remonter cette année ?
Ne nous emballons pas, mais je crois que ça va être une très belle année. Je sens qu’il y a eu un déclic dans toutes les strates du club. Il se pourrait même qu’on gagne un trophée ou deux ! On n’est jamais à l’abri d’une belle surprise et d’une nouvelle page d’histoire de l’ASSE. Si les joueurs continuent sur leur lancée, on risque d’assister à une très belle saison et on en a bien besoin après toutes ces années de galère. Le peuple Vert le mérite ! Et qui sait jusqu’où cela nous mènera ? Peut-être qu’en 2076, on se dira que l’année 2026-2027 nous a permis de (re)monter sur le toit de l’Europe !
Un siècle sur le toit de l’Europe est disponible dans les librairies stéphanoises ainsi que sur le site des éditions : https://leseditionsdujoyeuxpendu.com/ouvrages/un-siecle-sur-le-toit-de-leurope/




