Créée à Vienne en 1791 dans un modeste théâtre populaire dirigé par son ami Emmanuel Schikaneder, le Theater Auf der Wieden, quelques semaines seulement avant la mort de W.A Mozart, « La Flûte enchantée » doit être considérée, bien entendu comme un chef-d’œuvre de l’art lyrique, mais aussi comme une véritable féerie musicale. En effet, dans cette ultime composition du maestro se conjuguent un propos sérieux et une quête initiatique le tout agrémenté de bouffonneries et d‘effets magiques. Une double lecture confirmée d’ailleurs dans une lettre de Mozart lui-même où, après avoir blâmé un de ses amis qui osait rire aux moments les plus sérieux, il avoue, lors des représentations, s’être lui aussi amusé à jouer à contretemps, en coulisse, la musique que le personnage de Papageno feignait d’exécuter sur scène : ce à la grande fureur du chanteur.
Cette double nature explique également qu’on ait longtemps tenu cette œuvre pour une partition superbe sur un livret inconsistant. La mise en avant de son inspiration maçonnique, totalement assumée par son compositeur et l’explication d’une symbolique omniprésente, jusque dans le nombre des bémols, ont alourdi nombre de productions scéniques dans la seconde moitié du XXe siècle. Depuis lors, peut-être à la faveur d’une mutation de l’imaginaire, dont témoignent les récents grands succès cinématographiques, le fantastique a repris l’avantage. Cette production mise en scène par Pet Halmen, reprise par Eric Vigié a été montée en mars 2010 à l’Opéra de Lausanne, on y retrouvera l’Orchestre Symphonique de Saint-Étienne, le Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire ainsi que la Maîtrise du Conseil Général de la Loire dirigés par David Reiland, jeune chef d’orchestre talentueux d’origine Belge découvert il y a quelques mois avec la « Clémence de Titus ».
Saint-Etienne – Grand Théâtre Massenet
Les 24, 26 et 28 avril




