Créée en décembre dernier à l’Opéra Royal – Château de Versailles, cette nouvelle création de Thierry Malandain sera également présentée dans le cadre de la Biennale de la Danse de Lyon avant de se produire sur la scène du Grand Théâtre Massenet à l’Opéra de Saint-Étienne qui entretient avec le chorégraphe natif de la Normandie une longue histoire d’amour ponctuée par une très belle résidence puis de régulières apparitions avec le Malandain Ballet Biarritz. Après « Cendrillon », vu également sur cette scène, Thierry Malandain continue d’explorer l’univers des contes et livre une interprétation moderne et sensible de ce grand classique.

Des costumes jusqu’aux harmonies corporelles, de la précision de chaque pas jusqu’aux tableaux nourris de jeux de synchronie et de symétrie, la chorégraphie sobre sert, tout au long du ballet, la musique, magnifique, de P.I. Tchaïkovski. Au sortir de la seconde guerre mondiale, Jean Cocteau avec son film sorti sur les écrans en 1946, porta un regard sur la représentation des démons intérieurs de l’artiste à travers la double nature de la Bête. Et sans se pencher sur toutes les interprétations du conte, on peut y déceler un récit initiatique visant à résoudre la dualité de l’être : la Belle incarnant l’âme de l’être humain et la Bête sa force vitale et ses instincts. La chorégraphie de Th. Malandain permet l’écriture progressive du voyage initiatique de Belle, qui questionne et vise à résoudre la dualité de l’être, une thématique qui ouvre la voie, pour le spectateur, à de nombreuses interprétations.

Grand Théâtre Massenet

Opéra de Saint-Etienne – 26 et 27 septembre