L’Épallle Théâtre – l’Autre Lieu
Il y a des anniversaires plus symboliques que d’autres. L’Épallle Théâtre, dirigé par Jean-Luc Epallle himself, fête cette année ses 20 ans. Un lieu où l’humour, la camaraderie, le partage, mais aussi la culture sous toutes ses formes viennent enthousiasmer un public fidèle, dans une ambiance unique. Nous revenons avec lui sur cette histoire de vie, de lieu, et sur les projets qui vont avec !
Peux-tu nous rappeler l’histoire de l’Epallle Théâtre, l’Autre Lieu ?
L’histoire remonte à la création d’une association en 1997 ou 98 je crois, « L’ACCÉENT », qui avait comme objet la défense et la promotion du parler et de l’accent stéphanois… (Je vais essayer de faire vite (!!!) pour raconter l’historique !) Rapidement il nous était apparu impérieux d’avoir un lieu destiné à l’exercice de nos activités. Nous avons donc ouvert « Le Cafuron » rue Pierre Termier à Saint-Étienne en février 1998 qui avait pour vocation d’accueillir les spectacles d’artistes locaux. J’avais à l’époque proposé de faire chaque mois un spectacle en parler gaga dont les recettes seraient versées intégralement à l’association pour payer le loyer et je jouais, parallèlement d’autres créations (« 3 solos pour un seul homme » et « si vous croyez que ça m’amuse ») pour m’aider à subvenir à mes besoins… L’histoire du « Cafuron », sous cette forme, a duré jusqu’en septembre 2001, et très vite le local s’est avéré trop petit. Il nous fallait donc déménager et en septembre 2001 il y a eu scission car l’association a décidé de reprendre le Triomphe à des conditions qui ne me convenaient pas… Je suis donc parti faire une saison en résidence au PAX (sous couvert de l’association « L’Étoile en panne ») qui venait d’être refait à neuf et n’avait pas vraiment d’activités de spectacle. En juin 2002, nous avons repris, un peu en urgence, les locaux de l’ancien Cafuron qui étaient libres et nous avons donc ouvert, en octobre 2002 « L’ÉPALLLE THÉÂTRE » 11 rue Pierre Termier en sachant qu’il nous faudrait sans doute à terme plus ou moins long trouver un espace plus grand… C’est à ce moment-là que Joël Dimier est venu rejoindre le projet…
Nous avons décidé de le baptiser de mon nom car l’activité « spectacle en parler GAGA » que j’avais quelque peu lancée avait été reprise par d’autres et il fallait donc indiquer, le plus clairement possible, au public qui souhaitait me retrouver, où il pourrait le faire. Beaucoup de gens pensaient que j’exerçais mon activité au Triomphe alors que ça n’était pas le cas. Le succès aidant, la salle s’avéra vite trop exiguë… mais nous avons eu beaucoup de difficulté à trouver un local qui puisse convenir (refus des certains propriétaires à louer pour une activité théâtre…). Nous nous sommes résolus à équiper d’une salle de spectacle la maison que ma compagne et moi venions d’acquérir à La Ricamarie, La Ville de La Ricamarie nous a accueillis les bras ouverts, tandis que certains, dont Michel Thiollière le Maire de la ville de Saint-Étienne, avaient trop mollement cherché à nous retenir sur la commune… Ainsi, après les travaux nécessaires, nous avons joué notre premier spectacle à la Ricamarie pour le réveillon du 31 décembre 2006. Le 31 décembre 2025 nous jouerons notre 20e réveillon à La Ricamarie, débutant de ce fait, dès minuit passé, les 20 ans de L’Épallle-théâtre, l’Autre-Lieu !
20 ans, c’est en principe un bel âge. comment se porte aujourd’hui le temple du gaga et du spectacle vivant ?
Tout d’abord il convient de préciser que je n’ai jamais fait de plan de carrière et que je ne me suis jamais projeté trop loin dans l’avenir. Il me faut reconnaître qu’aujourd’hui, quand je regarde en arrière, je me dis qu’il fallait plus que la dose d’inconscience dont nous avons usé pour tenter cette aventure et avec le recul, je me dis qu’il est complètement fou que depuis vingt ans, il y ait toujours autant de spectateurs pour venir assister à nos spectacles…
Donc aujourd’hui, L’Épallle Théâtre se porte… Plutôt bien, même si l’activité n’est pas linéaire et que notre équilibre est toujours précaire puisque notre budget repose sur 60/70 % de nos recettes de billetterie… Certaines années c’est parfois difficile. Nous avons fait deux excellentes saisons qui sont venues juste après l’assez mauvaise de post-Covid, la saison dernière, perturbée par l’actualité politique avec la dissolution, les changements de premier ministre… Ces choses-là ne sont jamais bonnes pour l’activité culturelle et l’année prochaine risque de l’être encore avec les Municipales… Mais bon, si La Ville de La Ricamarie continue d’être encore à nos côtés, que le public nous suit, nous devrions y arriver… En tout cas nous ne lâcherons rien… Faut pas mollir…
Soyons fous. Comment vois-tu les 20 prochaines années ?
Les 20 prochaines ? Procédons par étapes. Déjà l’année en cours est une année charnière. Nous avons pour projet de restructurer notre fonctionnement. Parce que tout d’abord, il nous faut penser au moment où, pour une raison ou pour une autre, je ne pourrais plus exercer mon activité… J’ai déjà pris du recul sur pas mal de choses, j’ai arrêté mon activité de chroniqueur radio, je n’assure plus l’accueil ni le fonctionnement du théâtre depuis la saison dernière et j’ai fait valoir mes droits à la retraite ! Mais, bien sûr, je continue de jouer mes spectacles, sans vraiment réduire le nombre de représentations…
Notre projet pour cette année c’est de mettre en place un fonctionnement qui permette la pérennisation de l’activité pour, au moins, les dix prochaines années. C’est le temps nécessaire pour que Joël Dimier, mon binôme, puisse faire valoir, à son tour, ses droits à la retraite… Mais bien sûr nous œuvrons pour qu’après nous, le théâtre continue d’exister. C’est une histoire qui, à ce moment-là, ne nous appartiendra plus…
Les objectifs que nous nous fixons sont clairs : en dehors de l’activité PARLER GAGA, toujours bien présente et même renforcée ces dernières années avec la présence parmi notre équipe d’Olivier Glain, nous poursuivons notre développement en direction de la chanson française, autour des grands auteurs de la chanson, mais aussi de créateurs actuels. C’est ce que nous avons commencé depuis quelques saisons déjà et que nous souhaitons intensifier avec nos amis du groupe « Du Vent Dans Les Bronches », Nicolas Bacchus, La Baronne, Lucas Rocher, Jules Bourdeaux, Chris LeHache, Coiffeurs pour Dames, Céline et Clara (Nans & Ju)… Qui participent à des cabarets collectifs comme « BRASSENS BREL ET LES AUTRES » et qui viennent présenter leurs spectacles personnels dans la saison…
Que va-t-il se passer pour célébrer cet anniversaire ?
Nos vingt ans sur toute l’année 2026 vont donner lieu à différents moments forts, en tenant compte des obstacles des différents temps électoraux qui risquent de plomber les agendas… Le plus gros des festivités se déroulera à partir de septembre prochain… Un scoop ? Une création chanson théâtre avec Sylvie Cobo, La Baronne et moi…
Quelques mots sur tes projets à venir ?
Nous avons fait l’avant-première d’un nouveau spectacle en mars dernier, « LE GAGA CHEZ LES AUTRES » et je dois le finaliser pour les mois à venir… Mettre en place la Nouvelle création donc avec La Baronne et plusieurs projets de livres, dont un aux Éditions Le Robert avec l’ami Olivier Glain, prévu pour avril 2026… Et puis bien sûr jouer, jouer, jouer… Le plus possible…
Un mot pour conclure ?
Un point sur lequel je voudrais insister, tant il est souvent compliqué de faire passer un message : oui j’ai fait valoir mes droits à la retraite pour certaines de mes activités administratives, d’accueil, mais que JE CONTINUE DE JOUER MES SPECTACLES, car si j’arrête, je meurs !
Régulièrement me revient aux oreilles que j’aurais arrêté, j’ai même entendu que le théâtre avait fermé… Ce qui fait rigoler à chaque représentation dans notre théâtre et notre cabaret les fidèles spectateurs et les nouveaux en constant renouvellement !
Tirez-pas peine, mes belets, le Lanlu, il a beau être en caisse (de retraite !) il est pas encore franc petafiné…




