Nous voulions revenir dans ce numéro sur l’histoire et la programmation anniversaire du festival Jazz au Sommet qui marque la rentrée culturelle chaque année depuis 20 ans. Un festival à taille humaine, chaleureux et vivant comme peut l’être sa programmation. Cerise sur le gâteau, l’exigence et la qualité des spectacles que vous aurez l’occasion de découvrir dans les communes de notre magnifique Pilat, dont l’épicentre pour l’occasion est Saint-Genest-Malifaux. Rencontre avec Claire Le Tulle et François Berne qui partagent la présidence de Jazz au Sommet.

Jazz au Sommet fête ses 20 ans. L’occasion de revenir sur cette belle histoire. Pouvez-vous nous en raconter les grandes lignes ?

5 passionnés de musique jazz et de nature organisent en 2006 un concert dans un pré au hameau de la République sur la commune de Saint-Genest-Malifaux. La réussite de cette soirée, l’environnement exceptionnel de la Région et sa ruralité préservée les conduisent à vouloir continuer et à en faire profiter d’autres. Ils imaginent alors un projet modeste, mais qui se voulait déjà ambitieux. C’est ainsi qu’est né le festival « Jazz Au Sommet » à l’automne 2007 avec 10 bénévoles.

Un festival qui se distingue dès le début par la qualité de sa programmation.

L’exigence artistique, la volonté de diffuser des créations nouvelles et de faire émerger des jeunes artistes ont fait rapidement la réputation de ce festival, et ont attiré de plus en plus de spectateurs et de groupes musicaux. Aujourd’hui, c’est une des plus importantes manifestations musicales sur le canton. Elle a un caractère familial unique, et est connue pour sa fameuse « Rando-jazz » sur le mont Chaussître.

Le jazz est un choix exigeant ! Comment travaillez-vous sur vos programmes, éditions après éditions ?

Voici 20 ans que nous programmons des groupes. Soit d’envergures nationales soit plus locaux régionaux. Le festival a grandi année après année. Nous nous sommes fait connaître et les maisons de productions des artistes nous font de multiples propositions. Notre exigence artistique fait que nous privilégions les concerts que nous avons vus – écoutés – et aimés, avec une grande envie de partager ces moments riches d’émotions avec notre public. De plus en plus, nous voyons le festival comme une plateforme qui permet aux musiciens de la région de pouvoir jouer. D’où depuis 3 ans la création d’un tremplin Jazz en collaboration avec la scène de jazz Le Solar.

Le festival est ancré à Saint-Genest-Malifaux mais rayonne dans de nombreuses communes rurales du Pilat. Une manière de diffuser la culture et de partager vos valeurs au plus grand nombre ?

3 engagements forts se sont imposés à nous. La proximité : Le projet n’était pas simplement de la diffusion de musique — de nombreux festivals existent sur la Région —, mais de proposer un vrai rapport de proximité avec le jazz et avec tous les habitants du Parc du Pilat quel que soit leur âge. Aucun autre courant musical du 20e siècle n’a produit une telle palette de formes d’expression. Le jazz va à la rencontre des gens, là où ils vivent, ce n’est pas qu’une musique « de la ville ».

Travailler avec les acteurs culturels : Dans le cadre des politiques culturelles qui sont développées sur le territoire, l’association est en lien avec les municipalités, élus, comités des fêtes, associations.

Soutenir l’économie locale : L’impact économique qu’engendre une manifestation de ce type sur le territoire n’est pas négligeable. Des liens sont recherchés avec les différents acteurs économiques. Les commerces de proximité, les différents hébergements sont recherchés pour l’accueil des musiciens et du public, des produits locaux sont proposés lors des concerts. Des partenariats sont soutenus avec les représentants du monde agricole. Ceux-ci sont associés aux différentes manifestations et sont invités à valoriser leurs métiers et leurs productions.

Que nous réserve cette édition anniversaire ?

Sur le plan artistique, il y aura de belles surprises ! Tout d’abord pour cette 20e édition nous avons proposé une carte blanche à notre directeur artistique Jérôme Regard. Donc nous aurons le vendredi 04 septembre une 1re partie qui sera une création puis en 2e partie une belle tête d’affiche puis que Jérôme Regard jouera avec Erik Truffaz. Le lendemain ce sera Baptiste Trotignon qui sera invité par le festival salle Jules Verne et ce sera son 1er concert de présentation de son prochain disque « Art is Simple » La semaine suivante le mercredi 09 septembre nous proposons un concert très original puisque ce sera du jazz et de la vidéo. Ce concert sera proposé par Laurence Bourdin qui est la responsable de la compagnie Bémol et c’est aussi leurs 20 ans. Nous pourrons découvrir en fin de semaine le samedi 12 septembre une nouvelle création avec une « divagation musicale et poétique et le lendemain dimanche 13 septembre nous invitons au festival les 70 élèves de la classe CHAM du collège Roger Ruel qui a travaillé tout au long de l’année sur un programme swing, axé sur les chansons Jazz des années trente de Ray Ventura et bien d’autres…

Au-delà des concerts, ce sont aussi des animations, des stages, un tremplin… Tout cela grâce à une équipe engagée et des bénévoles très enthousiastes ?

Au fur et à mesure que le nombre de concerts augmente, l’équipe de bénévoles s’étoffe. Aujourd’hui 40 bénévoles s’activent toute l’année. Devant cette tâche immense, les bénévoles ne comptent plus leurs heures. L’association a dû se structurer et les bénévoles se répartissent en 10 « commissions » : Programmation, communication, subventions, mécénat, tremplin, scolaires, billetterie, buvette, repas et « bras ». Chaque bénévole s’inscrit en début d’année dans la commission où il se sent le mieux. Un CA de 17 personnes se réunit 1 fois tous les 2 mois et 3 réunions de tous les bénévoles sont proposées. Une co-présidence a été instaurée depuis 2020, année Covid. Quelques mots pour définir notre équipe : Enthousiaste, créative, compétente, dévouée, fidèle. Certains bénévoles sont depuis la création et chaque année nous accueillons de nouveaux bénévoles.

On peut rappeler en deux mots également votre temps estival « Jazz au village » qui là aussi vise un public très large et familial mais aussi dit « empêché » ?

Nous comprenons vite que de nombreux habitants ne fréquentent pas nos salles. Alors que faire ? La réponse devient évidente. Aller dans tous les villages du canton où il y a un Ehpad, une école et un bar ou restaurant. L’Ehpad devient le centre culturel pour un jour. Un atelier avec les artistes et les résidents est organisé en matinée, puis c’est un concert à 15h ouvert au public et aux enfants des écoles et nous terminons la journée avec un apéro- concert sur la terrasse du bar ou sur la place du village. En 2017 « Jazz au village » est né et il se fera au mois de Juin.

Vous avez la volonté de toucher tous les publics dont les plus jeunes d’entre eux !

Dès sa création Jazz au sommet s’est intéressé au jeune public avec des spectacles adaptés : Petits goûters et visites à la ferme puis ateliers musicaux, animés par des musiciens professionnels. Une relation a commencé à s’établir avec les écoles de Saint-Genest-Malifaux, de la République, du lycée agricole, puis avec les collèges, et même celui de Bourg-Argental. Les enseignants sont partie prenante. « Jazz mômes » est lancé et se tient en octobre. Aujourd’hui il concerne 900 enfants, 17 écoles et 12 communes

Un mot pour conclure ?

Depuis 20 ans, Jazz au Sommet célèbre bien plus que le jazz : il célèbre la rencontre, la curiosité et le plaisir d’être ensemble. Chaque concert est une invitation à partager des émotions, à vibrer, à danser et à faire la fête dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Parce que la musique se transmet en se vivant, le festival ouvre grand ses portes à toutes les générations. Artistes émergents, projets intergénérationnels, concerts en famille, découvertes et expériences inédites dans la nature et les scènes du Pilat : Tout est réuni pour éveiller les passions et faire naître les talents de demain. À Jazz au Sommet, la fête rassemble, la musique inspire et la jeunesse écrit déjà les prochaines pages d’une aventure qui dure depuis vingt ans… et qui ne fait que commencer.