Artiste Grec né en 1936 au Pirée, Jannis Kounellis s’installe, dès l’âge de 20 ans à Rome et se lie rapidement au principal mouvement artistique de l’après-guerre en Italie, l’Arte Povera. J. Kounellis a bâti une œuvre où se mêlent peinture et sculpture, architecture et musique, théâtre et danse. De 1958 à 1965, il peint des lettres, des flèches et des numéros, sur des supports de bois ou de papier journal. Après une interruption de deux ans, il reprend à la fin des années 60, son travail artistique, et expose à la galerie de l’Attico à Rome, avec les artistes de l’Arte Povera. Dans les années 70, J. Kounellis intègre la dimension théâtrale et musicale à son œuvre. Il réalise plusieurs décors d’opéra. Il fait également référence aux cultures méditerranéennes anciennes en proposant une relecture du sacré et du mystère. Indifférent à la chronologie de son œuvre, l’artiste reprend aujourd’hui certains motifs et certaines figures de son travail passé, dans des installations qui conjuguent l’hermétisme au sensible pour élaborer une véritable poétique.

Considéré comme une figure majeure de l’art contemporain, J. Kounellis s’empare de la mémoire du territoire stéphanois en créant une œuvre « in-situ ». L’exposition présente également son œuvre historique, retraçant 25 ans de création. L’un des fondements du travail de l’artiste greco-italien est le respect du matériau, même si celui-ci peut être qualifié de « pauvre » en comparaison au marbre ou au bronze traditionnels. Sa volonté est de donner un sens aux objets qui nous entourent au quotidien et qui sont chargés d’histoire. Il accorde à ses œuvres de multiples significations, c’est pourquoi la libre interprétation de chacun revêt une importance capitale. L’émotion a toujours été au centre de son travail, ses œuvres sont un catalyseur émotionnel. Depuis ses débuts, il y a plus d’un demi-siècle, J. Kounellis n’a cessé, en fait, de chercher à « élargir le royaume de nos sens ».

Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole À partir du 10 octobre