Pierre-Alexandre GAUTHIER
Inouïe Distribution, spécialisée dans la distribution musicale professionnelle, accompagne artistes et labels dans la mise en marché de leurs productions, en leur offrant des solutions adaptées aux évolutions rapides du secteur musical. Cela représente aujourd’hui 5 800 artistes, 2 720 labels, 7 800 albums et singles numériques, 4 500 albums CD et vinyles, 125 millions de streams annuels, une boutique de vente en ligne, des réseaux de magasins partenaires, une présence digitale, la création de mini-sites artiste/boutique, des tutoriels via l’« Inouïe Académie »… ouf, et tout ça se passe à Saint-Étienne. À l’occasion de l’inauguration de leurs nouveaux locaux au Centre d’activité de Montplaisir, 47 rue Gauthier Dumont, à Saint-Étienne, nous avons rencontré Pierre-Alexandre Gauthier, qui nous raconte un peu cette aventure à taille humaine d’une équipe de passionnés.
Peux-tu nous présenter en quelques mots l’histoire d’Inouïe Distribution ?
Inouïe Distribution est une structure stéphanoise initialement fondée en 2012 par des artistes et labels indépendants, pensée pour être au service de ceux-ci. Depuis notre création nous avons souhaité repenser de façon pragmatique la distribution physique ainsi que numérique. Le distributeur reste un maillon essentiel du secteur musical. Il est le dernier lien entre l’artiste et le « consom’acteur » de musique. Au fil des années, nous avons créé notre propre modèle en diversifiant notre réseau de distribution physique de CD, Livre CD, Vinyles, de la création de notre boutique de vente en ligne pour la vente par correspondance à la vente dans les réseaux de magasins existants (Fnac, Cultura, Espace culturel Leclerc, médiathèques et Librairies). Inouïe Distribution a aussi pris activement le virage de la distribution numérique en assurant la disponibilité des œuvres sur toutes les plateformes de streaming et téléchargement numérique.
Quelles sont vos autres activités ?
Grâce à notre équipe de terrain, passionnée, qui aime la musique et les artistes, nous assurons la distribution nationale et internationale de CD, vinyles et livres CD ainsi que la distribution numérique. Nous diffusons tous types d’esthétiques en tâchant de rester ouverts et curieux. Nous développons de plus chaque jour notre boîte à outils professionnels : fabrication, pressage, promotion digitale et réseaux sociaux, conseils, création de mini-sites artiste/boutique, mise à disposition de tutoriels dans la « Inouïe académie ». Enfin nous sommes administrateurs du FIL, de la FELIN (Fédération des labels indépendants) du CMTRA (Centre des Musiques Traditionnelles Rhône Alpes) et membres actifs de nombreux réseaux et du CNM (Centre National de la Musique).
Chaque esthétique musicale trouve-t-elle sa place chez Inouïe ?
Oui, nous privilégions le contact humain avec les artistes et un accompagnement personnalisé de leur projet. Nous sommes à l’écoute de toutes les esthétiques. Historiquement nous étions orientés jazz, chanson, musiques du monde et traditionnelles mais notre catalogue représente désormais toutes les esthétiques. Nous défendons aujourd’hui 2 720 labels, 5 800 artistes et un ensemble de 7 800 albums et single digitaux et 4 500 albums. Nous sortons une dizaine de projets par semaine.
Tu soulignes le fait que vous êtes indépendants. C’est aujourd’hui une force, mais cela peut-il aussi soulever quelques inquiétudes face au marché de la musique ?
Effectivement, nous traversons une période ou il est de plus en plus compliqué de vivre de la musique et de développer un projet artistique indépendant. Il est primordial de se regrouper, de préserver la diversité culturelle en mutualisant nos connaissances. Les revenus des artistes sont multiples et le streaming est hélas peu rémunérateur (environ 3 500 € le million de streams). Nous sommes parmi les derniers distributeurs physiques en France et nous devons sensibiliser le grand public à l’existence de ces nombreux groupes professionnels que nous ne voyons pas à la télé et qui passent peu ou pas en radio. Notre travail est beaucoup plus vaste que la simple distribution. C’est pourquoi nous nous investissons localement et nationalement pour défendre les artistes et les esthétiques peu représentées.
Bonne nouvelle tout de même, vous inaugurez vos nouveaux locaux à Saint-Étienne. Qu’est-ce que cela représente ?
L’accès à la propriété c’est toujours un grand moment dans une vie perso comme professionnelle. C’est la réussite du travail d’une équipe de passionnés pour un projet déraisonnable de vente de disques ! Nous avons actuellement 5 salariés et nous allons pouvoir embaucher et continuer notre développement. Nous travaillons dans l’ombre et notre inauguration est l’occasion de présenter ce stock un peu fou de plus de 500 000 disques.
Un mot pour conclure ?
Soyez curieux, écoutez les artistes locaux et des esthétiques musicales que vous ne connaissez pas. Notre ville regorge d’artistes de talents et de beaux projets, et nous avons besoin plus que jamais de culture et de moments partagés. Vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise !




