Si le charbon n’est plus exploité à Saint-Étienne depuis des décennies, son exploitation continue de répandre la mort et la désolation dans d’autres parties du monde, en Turquie ces jours derniers. De cette industrie ne reste ici que quelques signes extérieurs d’une richesse égarée et restaurée dont le site dit des Puits Couriot, lieu de mémoire mais aussi de création artistique, alternative et résistante. C’est dans ce cadre incongru que se déroulera la prochaine édition du festival des Musiques Innovatrices, un festival dont la première édition fût lancée en décembre 1987 par une poignée d’irréductibles Foréziens réunis, deux ans plus tard, au sein de l’association Toto n’aime pas la soupe. On imagine aisément de quelle soupe il s’agit…

L’association organisera également en aval du festival une série de petits concerts dans des ateliers d’artistes, galeries, musées, chez l’habitant, cinémas, bars du centre-ville, etc., avant de reprendre en son nom l’organisation du festival en 1996 pour sa 8e édition. Mais de quelle musique s’agit-il précisément, dans la mesure où elle ne s’apparente pas à la soupe qu’on nous sert quotidiennement. Il sera question quatre jours durant de découvrir une musique jouée toujours et encore par des musiciens, parfois épaulés par de curieuses machines ou instruments mais dont le sens, le rythme, la mélodie, (lorsqu’elle existe), le son, la nature, l’objectif…, échappent justement à toute forme de classification et se retrouvent dans une créativité et une imagination sans aucune limite. On se rapproche parfois de l’expérimental, ou plus exactement de l’expérience, de l’improvisation souvent, de la sensation, de l’émotion certainement, d’une musique performée qui retrouverait en quelque sorte sa liberté primitive. À bon entendeur…

Saint-Etienne – Du 5 au 8 juin