Il suffit d’allumer la radio ou la télé pour se rendre compte que, quelle que soit la problématique, le chômage, l’insécurité, le terrorisme…, la France possède depuis près de 40 ans maintenant son bouc émissaire, l’immigration. L’immigration est un puits sans fond dans lequel tous les partis politiques, de la gauche socialiste en terme électoraliste (vote des étrangers aux élections municipales) jusqu’au Front National pour ses thèses paranoïaques (faudrait renvoyer ces mauvais français chez eux ; enfin dans leur pays d’origine !), puisent allègrement et sans vergogne. Alors que, si cette immigration existe, elle n’a jamais répondu qu’à une volonté industrielle et économique de grands patrons et de grandes entreprises françaises.
Ainsi, l’industrie minière, ici, comme dans d’autres régions de France, a largement puisé dans cette immigration à l’époque organisée, contrôlée et maîtrisée. Les industries de l’extraction minière stéphanoise se sont ainsi fournies dans une immigration maghrébine, essentiellement Kabyle. A partir d’un travail d’enquête mené à Saint-Etienne et à Timezrit (Kabylie Algérienne) par Catherine Gauthier, l’exposition « D’ici et de là-bas » laisse la parole à ces hommes et femmes qui ont tout quitté pour trouver ici un avenir « meilleur ». Images d’archives, portraits d’hier et d’aujourd’hui, témoignages sonores et vidéo, construisent un parcours sensible qui entraîne le visiteur jusqu’au grand lavabo de Couriot : ceux-ci donnent à ressentir et à comprendre ce que leur vie a été et ce qu’ils en retiennent aujourd’hui. Ces gens qui, avec leurs enfants et leurs petits-enfants, font Saint-Etienne aujourd’hui.
Parc-Musée de la Mine – Saint-Etienne
Jusqu’au 15 janiver 2013




