On aurait pu croire que la modernité de nos sociétés et civilisations élimine, peu à peu, notre tentation à la violence. Or, il n’en est rien. Internet, et les nouvelles technologies, ont sans doute un rôle dans cette folle spirale qui semble gagner notre quotidien. La récente affaire liée à cette mascarade vidéo autour de ce faux vrai film « anti-islam » montre à quel point, aujourd’hui, ces nouvelles technologies apparaissent comme anxiogènes. On pourrait évoquer la nature des jeux vidéo et cette banalisation constatée dans l’ensemble du paysage visuel occidental (séries télé, clips vidéo, photos…). Nous (je veux parler ici des pays composant cette vieille Europe), nous pensions à l’abri , mais lentement et sûrement, nous nous approchons des standards nord et sud-américains en la matière.
Le second film de Michel Franco, qui a remporté le Grand Prix au Festival de Cannes 2012 dans la sélection « Un certain regard » (ce qui est toujours une très bonne référence), attire notre attention sur un phénomène nouveau, le « bullying », sorte de harcèlement répétitif qui touche les adolescents, que ce soit dans le milieu scolaire ou extra-scolaire (grâce au web notamment). On parle de ‘buylling’ lorsqu’un enfant devient la cible d’un ou plusieurs agresseurs qui agissent dans la volonté délibérée de nuire, de faire peur, d’humilier et de dominer une autre personne. C’est que qui arrive précisément à Alejandra, jeune mexicaine qui débarque dans un nouveau lycée. Suite au décès de sa mère Lucia, son père décide de prendre un nouveau départ et de gagner la capitale que l’on sait, par définition, très violente. Accablée par la disparition de sa femme, Roberto, le père, malgré lui, ne mesure pas la situation que vit sa fille au quotidien. Victime lui aussi d’une autre forme de violence, sociale celle-ci, Roberto se rendra rend compte trop tard du désarroi dans lequel était plongée sa fille bien aimée. Décidément, nous offrons une société bien pourrie à nos enfants…
Un film de Michel Franco
Sortie le 03 octobre




