Alors que le printemps est sur le point de tirer sa révérence, nous voyons tranquillement pointer le solstice d’été. Au 20 juin, la nuit sera la plus courte de l’année. Il faudra faire preuve de patience pour sortir chasser les premiers astres. Au début du mois, on notera la disparition de la très brillante Vénus qui nous a accompagnée dans nos soirées depuis la fin de l’hiver.
Le 3 juin, Vénus se trouvera entre la Terre et le Soleil (sans passer devant notre étoile pour autant), l’empêchant de l’observer pendant quelques temps. A la même date, Mercure située « à gauche » du Soleil sera visible en début de soirée. Elle sera, en apparence, au plus loin du Soleil. On dit qu’elle est à son élongation maximum. Ce sera la meilleure période de l’année pour chercher la discrète Mercure dans les lueurs du Soleil couchant… Dans la foulée, le 5 juin, la Lune nous apparaitra complètement éclairée pour une soirée sous la Pleine Lune. Elle sera presque parfaitement située à l’opposé du Soleil. Une éclipse, par la pénombre, se produira ce soir là. Mais précisons que ce genre d’éclipse ne présente qu’un intérêt visuel très restreint…
La Lune, l’astre le plus proche de la Terre, reste cependant une cible privilégiée des astronomes amateurs. C’est en période de croissant et de quartier qu’elle est la plus inéressante à observer au télescope. Eclairés de profil, les reliefs (cratères, vallées…) projettent des ombres qui mettent en évidence la topographie de la Lune. Un télescope amateur permet d’observer des cratères de quelques kilomètres de diamètres seulement. Rappelons, à titre de comparaison, que le diamètre de la Lune est proche de 3475 km ! Le changement de phase progressif qui s’observe nuit après nuit, permet chaque soir de contempler de nouveaux cratères.
Depuis les années 70, des mesures très précises de la distance Terre-Lune, réalisées par télémétrie laser, nous permettent non seulement de connaître la distance Terre Lune au centimètre près à un instant donné, mais aussi de découvrir que la Lune s’éloigne progressivement de la Terre, de 3,8 cm par an.
Du côté des planètes, les géantes Jupiter et Saturne se lèvent peu avant minuit désormais. Jupiter est de plus en plus proche de la Terre, rendant son observation très intéressante. Rappelons que depuis plus de 400 ans, on connait quatre principaux satellites à Jupiter (appelés satellites galiléens) qui sont facilement visibles à travers le plus petit instrument d’observation. On peut aussi distinguer des bandes sombres à la surface de la planète et, dans de bonnes conditions, la grande tâche rouge.
Mais l’un des spectacles les plus grandiose reste l’observation des anneaux de Saturne, perceptible à travers un instrument grossissant une bonne trentaine de fois. Les premières observations de Saturne au XVIIe siècle n’avaient pas permis de comprendre que la planète était entourée d’anneaux. On devinait deux excroissances de part et d’autre appelées « oreilles ». C’est l’astronome Christian Huygens qui explique, suite à ses observations de 1655, qu’il s’agit d’un anneau plat entourant la planète. La même année, Huygens découvrira aussi le plus gros satellite de Saturne nommé depuis Titan.
Cependant l’observation de ciel étoilé nécessite un environnement le plus sombre possible. Si des envies d’évasion sous un ciel sombre et piqué d’étoiles vous prennent, sachez que la France recelle trois zones de ciel préservé. Appelées Réserve Internationale de Ciel Étoilé (RICE), ces zones souvent proches de grands observatoires astronomiques veillent à limiter la pollution lumineuse. Il s’agit des RICE du Pic du Midi de Bigorre, du Parc National des Cévennes et Alpes Azur Mercantour. A une échelle plus locale, recherchez le label « Villages étoilés » (1 à 5 étoiles) proche de chez vous (Boisset-Saint-Priest, Leigneux, La Chamba, Lay, Chazelles-sur-Lavieu, Saint-Victor-sur-Rhins, Chagnon pour n’en citer que quelques-unes) qui distingue les communes faisant des efforts pour réduire la pollution lumineuse.
Et du côté de l’espace, le vénérable Télescope Spatial Hubble vient de fêter le trentième anniversaire de sa mise en orbite. A 600km d’altitude, avec son miroir de 2,40 m de diamètre, il a permis aux astronomes de faire des découvertes remarquables. Un peu plus près de nous, à 400km, la Station Spatiale Internationale continue elle aussi sa carrière. Mais après plus de 20 ans de service, la NASA songe à se désengager de cette expérience extrêmement coûteuse. Aussi, toutes les pistes sont étudiées pour ouvrir l’ISS au tourisme spatiale et aux opportunités commerciales. Comme celle d’y tourner un film avec Tom Cruise… un projet dans les tuyaux qui pourrait voir le jour, lorsque nos déplacements sur Terre et dans l’espace seront de nouveaux rendus possibles !




