« Love » Cie Voltaïk
Christophe Gellon, chorégraphe et directeur artistique de la Cie Voltaïk, sera présent à Saint-Chamond pour le nouveau festival de danse Matières Vives. Il y présentera son spectacle « Love », une pièce expressive et généreuse réunissant quatre danseurs autour d’une musique rythmée et traditionnelle. La chorégraphie mêle avec sensibilité danses folkloriques et écriture contemporaine. Nous avons eu l’occasion d’échanger pour en savoir plus sur son parcours et sa vision de la danse.
Peut-on évoquer en quelques mots votre parcours jusqu’à la création de Voltaïk ?
J’ai découvert la danse hip-hop vers 8, 9 ans dans mon quartier à Vénissieux, près de Lyon, en même temps que toute une génération qui découvrait ce style de danse. J’ai commencé à faire quelques pas dans le hip-hop en étant petit puis j’ai complètement arrêté. Je me suis mis par la suite au dessin, au graffiti et à la boxe thaïlandaise. Vers mes 17 ans, j’ai rechaussé mes baskets et je me suis remis à la danse. Je me suis entraîné à nouveau, j’ai parcouru le monde du Battle, notamment une compétition dans la discipline du popping boogaloo. J’ai aussi pratiqué le métier de facteur pendant 12 ans, et les après-midi et les soirs je donnais des cours. L’idée de la transmission est très importante pour moi. Je m’entraînais aussi beaucoup, je participais à de nombreux événements et de Battles, jusqu’à la rencontre du spectacle vivant. Ça m’a mis une claque. Je me suis rendu compte que je pouvais raconter beaucoup de choses avec ma technique, avec la danse. À partir de là, j’ai commencé à pousser les portes du centre chorégraphique Pôle Pik où j’ai rencontré la compagnie Kafig et où je suis devenu danseur interprète et par la suite assistant chorégraphique de Mourad Merzouki. En parallèle, j’ai créé ma compagnie Voltaïk en 2013. Ça a marqué le début de l’aventure.
Comment est née cette passion pour le hip-hop, et cette envie de la partager ?
La culture hip-hop est arrivée dans toutes les banlieues de France 10 ans après sa naissance aux États-Unis. Elle m’a permis de rencontrer des personnes diverses et de développer ma passion pour le graffiti et le dessin. Plus important encore, elle m’a offert un moyen d’expression et d’identité car dans les banlieues nous nous sentions souvent oubliés. Ces quartiers étaient marqués par la violence et les difficultés, mais la danse, comme d’autres formes d’expression artistique, offrait un exutoire. C’est du moins mon expérience personnelle. Pour moi, la danse hip-hop est un héritage qui m’a été transmis, et qui est destiné à perdurer. Dès le départ, j’ai ressenti la responsabilité de transmettre à mon tour ce style aux personnes que je rencontrais.
Que représente la danse pour vous et trouve-t-elle sa juste place dans les programmations culturelles ?
C’est un vaste sujet qui mériterait des conférences et des journées entières de discussion. Pour moi, la danse est avant tout un moyen d’expression, un moyen de rencontrer des gens et de partager des expériences. C’est un milieu exigeant et difficile, où l’on est constamment confronté à des critiques qui restent constructives mais auxquelles il faut faire face. Que ce soit lors d’auditions devant un jury, en tant que danseur face au public, ou lors de la création d’un spectacle, je peux me retrouver face aux critiques de mes pairs, d’institutions ou de théâtres. C’est un monde assez difficile, qui demande pour être visible de mener un combat perpétuel.
Vous allez jouer Love à Saint-Chamond. De quoi s’agit-il ?
Je suis vraiment très heureux de jouer mon nouveau spectacle à Saint-Chamond où je suis resté quatre ans en résidence. Cela m’a permis de rencontrer le public, d’aller dans les écoles, les médiathèques, dans les quartiers, à la salle Aristide Brillant… Love est une pièce qui émane d’une envie de parler d’amour, d’humanité, de lien, d’attachement… Que ce soit dans un couple, dans la famille, avec sa patrie, son lieu d’habitation, ses racines…, l’idée est vraiment de faire ressortir toute la beauté de l’humanité. On vit avec tellement de difficultés, on est entouré de violences, de guerre, et de tout un tas d’autres choses qui montrent le mauvais côté de notre humanité, que j’avais envie de me rappeler que quand on est ensemble les choses sont plus belles. Sur scène on retrouve quatre interprètes magnifiques, Oussama El Yousfi, Coline Fayolle, Diane Gossiome et Amine Pardan, sur une musique créée par Carlos Bauz (AOrange Blossom) et Thomas Millot. Avec de très belles lumières de Mario Torchio et les superbes costumes de Célina Maillard.
Love s’inscrit dans le tout nouveau festival de danse Matières Vives. Que pensez-vous de cette initiative ?
Le festival Matières Vives est une initiative qui va bénéficier grandement au monde de la danse et à l’ensemble du secteur de la Loire. Je me réjouis de participer à cette première édition et d’assister à la naissance de ce festival. De plus, je trouve particulièrement enthousiasmant que des salles de spectacle se soient unies pour programmer ensemble des spectacles de danse.
Un mot pour conclure ?
Pour conclure, je vous donne rendez-vous le 7 mars à Saint-Chamond pour découvrir Love et ce nouveau festival Matières Vives.
> Love
Samedi 7 mars à 20 h
Salle Aristide Briand – Saint-Chamond
> Le temps d’un compte
Mardi 17 mars à 20 h
Espace culturel La Buire – L’Horme




