Ces dernières années, le chanteur d’origine nancéenne avait un peu tendance, c’est vrai, à reprocher aux médias d’ignorer son travail, voir de le décrier pour la bonne et simple raison qu’il avait, des années plus tôt, choisi un doux exil New Yorkais. Il faut dire que l’homme artiste était multicarte et œuvrait aussi bien dans la peinture, la sculpture ou l’architecture. Et ici bas, dans cette vieille France que glorifie un certain Éric Zemmour, il n’est jamais bien vu de faire preuve de trop d’éclectisme. Le moins que l’on puisse constater aujourd’hui, c’est que le nouvel album de CharlElie Couture reçoit un accueil médiatique étonnant à tel point qu’on peut s’interroger sur le mode de fonctionnement de nos médias nationaux. Cette résurrection médiatique, CharlElie la doit avant tout à son talent, « ImMortel » étant un bon album. Mais, il est évident que cet intérêt de la presse dite spécialisée doit beaucoup à la collaboration que l’émigré New Yorkais a tissée avec un certain Benjamin Biolay.
Le natif de Villefranche-sur-Saône, créateur de « La superbe », superbe album convenons-en, est un sacré bon musicien quand il s’y colle. La preuve avec les arrangements savants et efficaces dudit album de CharlElie et une réalisation qui permet enfin à l’inventeur de l’avion sans aile de retrouver une forme de simplicité plus à la mesure de son inspiration.
Difficile ici de ne pas mentionner l’importance historique de « Poèmes Rock », album mythique, oui, et surtout génial. On comprend néanmoins que 33 ans plus tard, CharlElie soit quelque peu énervé par ses citations et références passées. Car, après tout, l’objectif de l’artiste, quel que soit son support au fond, est de construire une œuvre en référence avec son temps et non pas le temps d’il y a 33 ans, je sais l’âge du Christ quand il a été cloué par nos amis Romains. Dans ce nouvel album, CharlElie questionne le temps qui passe, l’éternité, qui n’existe pas, la solitude, la jalousie, son rôle en tant qu’artiste. Grâce à Benjamin Le Lyonnais d’avoir rendu la musique de CharlElie plus simple, plus fluide et au fond plus perceptible. La grande et peut-être seule chance des artistes n’est-elle pas de rester immortel grâce à leur production ?
Théâtre du Parc – Andrézieux-Bouthéon
Vendredi 21 novembre à 20 h 30




