Lui, l’Homme-Orchestre du duo Bonito, fils caché d’une mère inconnue et d’un grand chef d’orchestre très connu, passe son enfance et sa jeunesse dans la cave de l’opéra… Elle, la chanteuse dudit duo, femme de ménage de l’opéra, a un « passe-partout » de toutes les portes de la maison… Reclus dans les sous-sols, il perçoit faiblement au moyen d’un tuyau les bribes des répétitions du grand orchestre symphonique que dirige son père. Baignée de musique et de musiciens, elle balaie, brosse, aspire et frotte tout : les sols, les murs, les plafonds, les pianos, les harpes, timbales, violoncelles, tubas, trompettes, pianistes, trombonistes, violonistes, hautboïstes, chanteurs… Entre deux caravanes rutilantes, sur une scène encombrée d’instruments jamais vus ailleurs, le Duo Bonito, une douce émanation de la troupe des Nouveaux Nez, s’affaire avec entrain.

Elle, c’est donc Raquel, petite brune qui chante et devise dans un français délicieusement espagnol. Lui, c’est Nicolas, l’homme-orchestre timide. Elle le nargue souvent, il la provoque même. Elle force son penchant au cabotinage. Pince-sans-rire, il se barricade derrière ses percussions. Archi-simple comme recette, mais tellement drôle quand les deux interprètes sont bons et libres. Entre deux chansons populaires qu’elle s’approprie de manière très personnelle. Une chanteuse et un homme-orchestre avec son « instrumentarium » s’approprient le patrimoine musical français pour (ra) conter, au final, leur propre histoire.

Le Sou – La Talaudière – Samedi 28 mai à 20 h 30