Charlotte Delbo naît dans la région Parisienne en 1913 dans une famille émigrée Italienne, son père est spécialisé dans les ouvrages en fer… C’est dans le Paris des années 30 que la jeune femme croise la route d’auteurs communistes comme Paul Nizan ou Georges Politzer. C’est sur les bancs d’universités ouvrières qu’elle tombe amoureuse de son futur mari, Georges Dudach, militant communiste qui dirige « Les Cahiers de la Jeunesse » dont elle signe quelques textes. C’est pour une interview du magazine, qu’elle rencontre Louis Jouvet qui l’engage aussitôt pour devenir son assistante au Théâtre de l’Athénée que le comédien dirige. Mais en 1940, après l’arrivée des Allemands à Paris, les limites imposées à la troupe par les occupants deviennent insupportables à Jouvet. Il décide d’emmener sa troupe en tournée, à l’étranger.

Charlotte accompagne la troupe mais lorsque Jouvet décide de ne pas rentrer en France, en septembre 1941, elle décide de rentrer en France où elle retrouve Georges Dudach, entré dans la clandestinité. Rattaché au réseau Politzer, il s’occupe des aspects techniques de publication de la revue clandestine « La pensée libre ». A son retour d’Amérique latine, Charlotte prend sa place dans le réseau. Mais le 2 mars 1942, des policiers des brigades spéciales décapitent le mouvement intellectuel clandestin du PCF. Avec eux sont arrêtés Georges et Maï Politzer, Danielle Casanova, Jacques Decour, Marie-Claude Vaillant-Couturier et beaucoup d’autres. Après interrogatoires, Georges et Charlotte sont transférés à la Santé. G. Dudach est condamné à mort. Le 23 mai 1942, il sera fusillé au Mont Valérien. Le matin de son exécution, Charlotte lui dit adieu.

Charlotte Delbo écrira « Ceux qui avaient choisi » en 1967. Le texte restera longtemps inédit peut-être par une sorte de pudeur, parce qu’elle s’y livrait trop, et aussi à cause d’une sensibilité politique exacerbée. « Ceux qui avaient choisi » est d’abord un acte de mémoire et de fidélité à une lutte, celle de la Résistance avec sa passion politique pour un peuple et pour la liberté. La pièce est construite autour de la scène bouleversante des derniers moments à la prison de la Santé entre Françoise (alias Charlotte Delbo) et son mari, Paul (Georges Dudach), en compagnie duquel elle avait été arrêtée et qui sera fusillé après. L’action se situe pourtant vingt ans après, à la terrasse paisible d’un café d’Athènes où Françoise fait la rencontre d’un homme, un Allemand, Werner. C’est la réminiscence de cette scène, sa résonance décisive sur le présent de cette femme délicate mais qui connut d’un peu trop près la dureté de la vie, qui est représentée. Alain Besset met en scène au Chok Théâtre cette pièce d’une intensité rare avec Cécile Besse et Jean-Jacques Cornillon dans les rôles des deux rescapés de la grande Histoire…

Chok Théâtre – Saint-Étienne

Du 2 au 7 février