Comme la plupart des contes, « Cendrillon » puise ses origines (itinéraire d’un ou d’une enfant passant des ténèbres jusqu’au trône final) au plus loin du patrimoine oral et ce, chose assez rare, dans la plupart de nos cultures occidentales, orientales, asiatiques ou sud-américaines. Mais c’est à Charles Perrault puis aux Frères Grimm que l’on doit, indéniablement, son incroyable succès auprès de nos enfants. Et on le sait, la danse classique voue un culte parfois déraisonné aux belles histoires légendaires issues du folklore le plus « ancien »… Il était donc presque logique que le célèbre Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg propose en 1941 au compositeur Serge Prokofiev de surfer sur le récent succès de « Roméo et Juliette » afin de mettre en musique ce nouveau ballet.

Prokofiev mettra plus de trois ans à peaufiner l’œuvre, l’Union Soviétique était alors en pleine guerre faut-il le rappeler, et la première aura lieu au Théâtre du Bolchoï à Moscou le 21 novembre 1945 avec la danseuse étoile Galina Oulanova dans une chorégraphie signée par Rostislav Zakharov. Ce n’est que plus tard que le ballet sera effectivement donné à Saint-Pétersbourg… Le succès est immédiat malgré les ennuis de santé du compositeur Russe. Thierry Malandain, directeur du Malandain Ballet Biarritz (CCN) a créé cette version en 2013 à San Sébastien, en Espagne. Le chorégraphe habitué de la scène stéphanoise, pour causse, son précédent ballet y fut longtemps à résidence, a développé une approche toute personnelle de cette œuvre, explorant certains thèmes qui lui sont chers tout en respectant la dramaturgie originale et la partition de Prokofiev. Le chorégraphe évoque par le doute, le rejet, la souffrance, l’espoir pour atteindre enfin la lumière… Par cette vision faite de cendres et de merveilles, tantôt tragique, tantôt comique, se dessine quelque chose d’universel…

Opéra de Saint-Etienne – Grand Théâtre Massenet – Mardi 26 janvier à 20 h