Située à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem, Bethléem est en territoire Palestinien (ou Cisjordanien), ville symbole pour les Chrétiens, Jésus y serait né, et pour les Juifs, Rachel, la seconde femme de Jacob, y serait morte, tandis qu’elle est essentiellement habitée par des palestiniens musulmans. C’est là que vit la famille de Sanfur, jeune adulte palestinien qui vit dans l’ombre de son frère Ibrahim un terroriste notoire et recherché par les services secrets israéliens, à la tête d’un réseau influent. Razi est un agent des services secrets israéliens spécialisé dans le recrutement des informateurs dans les territoires occupés. Rapidement, Razi comprend que Sanfur, jeune homme en quête de reconnaissance, sorte de Lacombe Lucien palestinien, décide de s’en faire un allié en lui offrant ce qui manque à sa vie, l’estime et la bienveillance d’un père. Tentant d’assurer son rôle tout en restant loyal envers son frère, Sanfur navigue comme il peut d’un camp à un autre, commettant forcément des impairs. Les services secrets découvrent que Sanfur participe aux activités de son frère, plongeant Razi dans un profond dilemme : doit-il donner une seconde chance à son indicateur ou obéir aux ordres de sa hiérarchie ?

Sorti l’an dernier en Israël, « Bethléem » a remporté six prix à la cérémonie des Ophirs, l’équivalent local des Césars, dont celui du meilleur film, du meilleur scénario et du meilleur réalisateur. Le film est également en course pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, c’est dire s’il est attendu avec impatience en France, où tout ce qui touche de près comme de loin à Israël est devenu tabou, ou presque. Réalisé par un néophyte, Yuval Adler, « Bethléem » a également connu un gros succès au box-office israélien, il a battu des records de fréquentation, attirant autant de spectateurs juifs qu’arabes. Il faut dire que son scénario a été coécrit par un réalisateur israélien et un journaliste palestinien, Ali Waked, une collaboration qui garantit de fait un point de vue équilibré. Afin d’écrire le scénario, plusieurs années de travail ont été nécessaires à Yuval Adler et Ali Waked afin de réunir toutes les informations pertinentes, aussi bien du côté israélien que palestinien. Pour ce faire, nos deux hommes ont rencontré de vrais militants du Hamas et des Brigades d’Al-Aqsa, deux branches armées palestiniennes opposées à toute reconnaissance de l’État d’Israël, et ont recueilli nombre de témoignages de réels informateurs et agents secrets des deux bords. Le film, paraît-il, serait si proche de la réalité qu’il serait même actuellement utilisé par les services secrets israéliens dans le cadre de la formation de leurs agents secrets…

Sortie mercredi 19 février