La création de Daech, ou de l’Etat Islamique, remonte en 2006 lorsque Al Qaïda en Irak forme, avec plusieurs autres groupes Djihadistes, le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. C’est ce conseil qui dans la foulée pose le concept de l’Etat Islamique en Irak qui deviendra en 2013, l’Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech en acronyme arabe). S’il s’est amplement nourri du conflit Syrien, en agrégeant certaines organisations Djihadistes locales, Daech est né Irak à la fois sur les cendres d’un conflit que les Occidentaux ont contribué à créer et d’un foyer initial nommé Al Qaïda. Al Qaïda est une organisation créée par une poignée de combattants essentiellement Saoudiens impliqués dans la lutte, à la fin des années 80, contre l’empire Soviétique, lequel avait préalablement envahi l’Afghanistan. Cette organisation reçut à l ‘époque un fort soutien des services secrets Américains afin de résister à l’ennemi Soviétique. C’est à ce moment que Ben Laden, l’un des créateurs d’Al Qaïada, pouvait être considéré proche des services secrets Américains. C’est au début des années 90 que la scission s’effectue entre Ben Laden, les services Américains et l’autorité Saoudienne, qui, jusque-là, le soutenait également. En 1991 Ben Laden quitte l’Arabie Saoudite et se radicalise contre le royaume de Saouds qu’il accuse de trahison en acceptant de fait la présence d’une force armée impie (américaine) sur les terres du prophète. C’est à partir du début de ces années 90 que se propagera le terrorisme Islamique de masse. Daech, qui n’est donc que la version moderne d’Al Qaïda, a bien construit son socle idéologique en Irak, autour de hauts gradés baasistes de l’armée de Saddam Hussein qui se retrouvèrent emprisonnés, à partir de 2004, aux côtés de terroristes chevronnés d’Al-Qaïda.

C’est à la suite de la seconde invasion de l’Irak, sous prétexte des fameuses armes de destruction massive, que les forces Occidentales ont complètement déstructuré l’Etat Irakien et emprisonné bon nombre de ces généraux bassistes pourtant peu réputés à l’époque pour leur amour inconsidéré de la religion. Rappelons que le parti créé par Saddam Hussein était à sa création un parti laïc… Selon certaines thèses, Abou Abdullah al-Baghdadi, premier émir autoproclamé de Daech, fut même un général de police de Saddam Hussein, il sera fait prisonnier par les forces Américaines en 2006… Il est tout aussi clair que la seconde invasion de l’Irak, l’élimination de S. Hussein et la destruction de l’administration Irakienne ont engendré la création de Daech. C’est bien sur cette terre devenue friche anarchique que l’organisation Islamique a trouvé le terreau nécessaire à son développement. Parallèlement, le printemps Arabe des années 2010 n’a fait qu’attiser cette éclosion en ouvrant un champ des possibles quasi-infini. La désintégration de l’Etat Libyen ayant mis sur le marché un grand nombre de combattants, jadis grassement entretenus par le Colonel Kadhafi, qui rejoindront Daech. On sait qu’une partie d’entre eux ont sévi ou sévissent encore au Mali. L’embrasement du conflit Syrien a déclenché une poche de combat supplémentaire. En sous-main, services secrets Français Américains en profiteront pour former et armer des milices (dont le fameux front Al Nostra cher à Laurent Fabius) opposées à Bachar El Assad qui rejoindront également Daech. On l’aura bien compris, ce sont ces interventions et actions irresponsables des américains et plus globalement occidentaux qui ont facilité la création d’un monstre, Daech, aujourd’hui incontrôlable.

En manipulant une minorité de nos concitoyens leurrés par une pseudo-guerre de religion, Daech a eu, ensuite, le vice d’exporter le conflit jusqu’à nos terrasses, cafés et salles de concerts. Daech a su trouver ici ces âmes en perdition qui ont, pour la plupart d’entre eux, en commun d’être passer non pas par les salles de prières mais par la petite et grande délinquance. Les Merah, Nemmouche, Coulibaly, Abdelslam, les frères Kouachi, El Bakraoui…, ont tous en commun effectivement d’être passer par la case délinquance, petite ou grande, avant d’être récupérer par le Djihad. Si l’on peut aisément comprendre que la proximité des armes, de la violence et de la barbarie a sans doute facilité leur surprenante métamorphose en Djihadistes très efficaces, en terme de victimes, on s’interroge toujours sur la nature complexe et plus insaisissable de leur aspiration à devenir des martyrs. A donner leur vie pour en tuer d’autres. Se sacrifier pour répandre la haine, la fureur et la peur. S’exploser pour gagner un paradis hypothétique que leur statut de délinquant leur interdisait. Est-ce leur manque d’intégration, de culture, d’intelligence, d’amour, d’empathie…, qui facilite cette métamorphose si ahurissante ? Est-ce leur désespoir, leur haine, leur violence, leur frustration, au fond, leur impossible amour de soi qui les pousse à autant d’aveuglement ? Il est toujours difficile de concevoir que ces terroristes sont, malgré tout ce qu’on en dira, des enfants, perdus, de notre République.