La bonne nouvelle, c’est qu’après avoir encaissé quatre buts à Brest, quatre buts à Angers, huit à Nice, et cinq nouveaux à Rennes (courage Gautier !) nous sommes toujours en course pour le maintien ! Incroyable. Mais honnêtement, là aussi, bon courage pour jouer 34 journées à ce niveau sportif, un niveau dont l’impact psychologique sur la longue durée peut être dévastateur : jouer le maintien à Sainté n’est pas du tout la même chose qu’à Dijon ou Lorient par exemple.
Mais la principale question est « pourquoi sommes-nous si nuls à l’extérieur ? » Assurément, ce n’est pas une question de qualité sportive, puisque sinon, nous n’arriverions à rien non plus à domicile. Le fait de gagner à domicile induit que quand nous voulons vraiment, nous pouvons. Alors quoi ? Alors poussé par notre public, voilà le supplément d’énergie dont les joueurs ont besoin ? Mais le football se joue sur tous les terrains. On ne peut pas être bons un jour et mauvais un autre seulement parce que le lieu du match change. Les qualités sportives individuelles et collectives doivent être suffisantes pour jouer partout. Ou alors est-ce que la qualité sportive, finalement, n’est pas à la hauteur, et que ce manque de qualité est compensé par une plus grande débauche d’énergie due au fait d’être poussé par 35 000 spectateurs ? Auquel cas l’ASSE sera vouée à jouer toute la saison ainsi, sauf à être renforcée au mercato d’hiver. Et si en plus Olivier Dall’ Oglio admet lui-même ne pas avoir d’explications, donc de solutions, on touche là les limites des possibilités de l’équipe : nous sommes ainsi contraints aux montagnes Russes tout le long de la saison. Constat inquiétant.
Quid de la coupe de France ? Doit-elle être sacrifiée pour permettre d’être plus focus sur le championnat qui reste la compétition primordiale ? La raison voudrait que oui, mais le cœur, et surtout celui des supporters veut que la coupe de France soit jouée à fond : elle permettrait une bouffée d’oxygène si les résultats sont corrects. Mais attention, si une nouvelle correction se fait jour face à une équipe de niveau inférieur, cela peut être encore plus contre-productif que prévu. Toutefois le standing du club fait que nous ne pouvons faire l’impasse sur cette compétition aimée de tous les Français.
De toutes ces questions, il n’en reste pas moins une certitude : l’ASSE aura besoin de recruter : les faiblesses défensives ne sont même pas criantes : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une grande équipe ne peut pas toujours compter sur le fait d’être portée par son public. Une grande équipe doit savoir s’imposer partout. Il faut certes de la patience lorsqu’un nouvel investisseur arrive, mais, on le sait, la patience, encore plus dans cette société, a les limites que lui imposent les résultats. Il faut en terminer avec les cadeaux, et tant pis pour les enfants.
Le match contre l’OM ce dimanche va être important à plus d’un titre : pour le club, qui en cas de nouvelle mauvaise performance peut passer la trêve en étant relégable. Mais c’est surtout un match couperet pour l’entraîneur car tout autre résultat qu’une victoire semblerait le condamner définitivement même s’il reste un match à Toulouse. Il serait vraiment bête et décevant qu’après une montée inespérée, puis la reprise par un repreneur solide, tout s’écroule à nouveau tel un château de cartes. Nous avons su saisir notre chance l’année dernière : si l’on veut redevenir un grand club, il faudra tout simplement le prouver par des actes.
Pascal Pacaly
Enfin puisque c’est bientôt l’heure des cadeaux, l’on n’oublie pas que les deux tomes de « La Vie en Vert » sont toujours disponibles en librairies stéphanoise, à la boutique ou au musée des Verts ou sur le site des éditions : https://leseditionsdujoyeuxpendu.com/ouvrages/




