Méthodiquement, efficacement, Arnaud Meunier a transformé la Comédie de Saint-Étienne, rompant ainsi avec ses vieilles habitudes pour mieux préparer la voix à une « Comédie du futur » qui prendra forme et acte dans son nouvel écrin de la Plaine Achille. Rencontre, à l’aube d’une nouvelle saison captivante, avec un jeune directeur sûr de sa ligne de conduite.
Avant d’aborder la prochaine saison, faisons un petit bilan de celle qui vient tout juste de s’écouler ?
A. Meunier : En termes de fréquentations, nous avons connu une saison assez stable. Nous n’avions aucune production majeure sur la saison passée, nous avions axé nos forces sur la diffusion de nos spectacles, « Chapitre de la chute », « Moby Dick ». Il était donc logique de constater une stabilité sans nouvelle création. Depuis le lancement de cette nouvelle saison 2015-2016, il semblerait que les chiffres d’abonnements soient excellents. Mais je touche du bois…
Que retiendrais-tu de la saison écoulée ?
L’événement majeur de la saison dernière reste la mise en place de notre dispositif sur l’égalité des chances. C’était un gros pari et nous sommes très heureux de la tournure des choses. Nous avons mis en place une classe préparatoire intégrée, nous avons sélectionné 5 jeunes élèves. 4 ont déjà été intégrés dans des écoles, la dernière est en lice pour deux écoles… C’est le fait marquant de la saison écoulée. Nous pouvons également constater l’efficacité de notre service de production, nos spectacles sont très largement diffusés…
« Service de production », on se croirait dans une entreprise non pas dans une institution culturelle…
Cela fait très entreprise, c’est vrai mais c’est bien le nom de ce service qui s’occupe de vendre nos spectacles dans toute la France. Et ailleurs. À mon arrivée, ce service n’existait pas. J’ai voulu le mettre en place rapidement et à la fin de la saison 4, je vois qu’il est particulièrement efficace. Tout le monde, en interne notamment, a bien compris la pertinence d’un tel outil.
Dans la plaquette de la nouvelle saison, tu évoques les événements liés à « Charlie Hebdo », pourquoi ?
Cela me paraît évident. Les attentats de Charlie Hebdo ont constitué l’événement glaçant de notre début d’année. Il y a eu, après, la Tunisie, le Kenya…
Il y avait eu d’autres attentats avant aussi…
Certes. Je pense qu’avec Charlie, on a atteint une autre dimension. Après les attentats de Charlie, nous avons fait une réunion avec les partenaires sociaux, éducatifs et culturels. La question était de savoir comment on pouvait réagir à tout cela… Or à ma grande surprise, je me suis aperçu qu’on attendait de nous, face à ces atrocités, qu’on fasse tout simplement du théâtre. Des spectacles, de la programmation susceptible de mieux faire comprendre ce qui se passait tout autour de nous…
Ce qui n’est pas illogique, non plus…
Non mais j’imaginais qu’on attendait de nous des choses peut-être plus explicatives, plus théorisées, en fait non, on nous attend sur la programmation et des créations autour de cette thématique.
T’es-tu posé la question de la récupération politique des événements de Charlie ? Je veux parler de la présence de tous ces chefs d’état dictateurs en première ligne notamment…
Bien sûr. Mais je préfère prendre ça d’une autre manière, je crois que les Charb, Cabu et Wolinsky ont bien dû se marrer en voyant tout cela d’en haut… Après, je suis par exemple très intéressé par la lecture du dernier ouvrage d’Emmanuel Todd sur le sujet… Qui est vraiment Charlie ? Qui était réellement dans les manifs ? Les milieux populaires ont-ils défilé ?
A priori, non… Paradoxalement, Philippe Val, qui va intervenir au cours de la saison, vient de sortir un ouvrage où il met en cause François Bégaudeau, auteur associé à la Comédie…
En effet, Ph. Val viendra en octobre prochain pour parler de son livre, « Malaise dans la culture »
Un ouvrage plutôt réactionnaire…
Il fait polémique et il prend en effet à parti François Bégaudeau…
Qui lui a répondu via une vidéo postée sur internet, les amateurs pourront surfer sur le net et voir tout ça… Fr. Bégaudeau remet en cause l’honnêteté intellectuelle de Ph. Val qui cite des choses fausses concernant « Dans nos murs » Tu t’es posé la question de la venue de Ph. Val à la Comédie ?
Oui. Ph. Val viendra dans le cadre d’un partenariat que nous avons avec la Villa Gillet à Lyon. Guy Yves Alter, le président de la Villa Gillet a su que le fil rouge de notre saison allait être le « post-Charlie ». Il nous a donc proposé cette rencontre avec Ph. Val. Je l’ai acceptée avant la sortie de « Malaise dans la culture ». Je ne te cache pas qu’après la sortie du livre, je me suis posé quelques questions. Cela m’a refroidi un peu. J’ai appelé Bégaudeau en lui expliquant les faits et que cela me mettait un peu mal à l’aise par rapport à lui. Après, nous sommes un lieu où l’on pense et dialogue, et on peut inviter des gens qui ne pensent pas comme nous justement.
Sauf que là, il y aurait mensonge sur certains propos repris par Ph. Val…
L’idée avec la venue de Ph. Val sera d’initier un dialogue avec la salle, et je ne doute pas une seconde qu’il y aura dans le public des gens qui voudront éclaircir tout cela… Il y aura débat, un débat animé, je pense. La Comédie Française avait, en son temps, choisi de déprogrammer Peter Handke suite à la polémique qu’il avait suscitée. J’étais contre cette déprogrammation car je rejette toute forme de censure au fond. C’est pourquoi je n’ai pas voulu déprogrammer Ph. Val. Je souhaite un vrai débat avec la salle…
Et Fr. Bégaudeau ?
Je ne sais pas s’il sera présent, il a déjà répondu publiquement à Ph. Val via une vidéo…
Curieusement, très peu de médias ont évoqué l’extraordinaire enrichissement des actionnaires de Charlie Hebdo après les fameuses caricatures de Mahomet…
C’est vrai… Après, sur la question de Charlie et ce dont tu parles…, cela ne m’intéresse pas spécialement en tant que directeur de la Comédie. Ce qui m’intéresse ce sont les questions que posent ces événements sur la mythologie qui s’est construite autour de la France, le pays des droits de l’homme, le pays des Lumières… Ces événements nous remettent en question, nous, gens de culture qui passons notre temps à faire rencontrer les gens, via des ateliers, nos animations dans les quartiers… Toutes nos actions cependant n’empêchent pas la barbarie, voilà la vraie question ! Tout cela est profondément troublant et remet en question notre manière de travailler. Le désir de cette nouvelle saison se situe aussi dans cette interrogation, une remise en cause et une réaction à travers le plateau.
Une des réponses à tout cela passe justement par la création de cette classe préparatoire intégrée à l’école de la Comédie… ?
Et le stage « égalité – théâtre » qui constitue nos deux dispositifs « égalité des chances ». L’idée, nous en avions déjà parlé ensemble, c’est de faire en sorte que le plateau ressemble plus à ce qu’est la France aujourd’hui…
Mais cela ne concerne que 5 jeunes… ?
Bien sûr, cette une goutte d’eau mais c’est avec des gouttes d’eau qu’on fait des ruisseaux, à défaut d’océans, et qu’on peut faire changer les choses. Notre classe préparatoire était composée de 5 jeunes, plus une vingtaine pour les stages « égalité théâtre ». Je pense que le changement peut passer par là, ou plutôt qu’il faille arrêter de se payer de mots et d’agir concrètement.
Cette initiative de la Comédie de Saint-Étienne a-t-elle inspiré d’autres lieux ?
Bien sûr et c’est aussi ça qui est très intéressant. Toutes les écoles supérieures se posent maintenant cette question inévitable. Nous avons été pionniers sur cette question, nous avons ouvert une brèche, c’est clair.
Une autre réponse apparaît dans cette nouvelle programmation très ouverte sur l’étranger…
Tout à fait. Le « Godot » de Vladimir Estragon sera joué par deux comédiens Ivoiriens…
C’est je crois notre première saison où s’affiche clairement et en nombre des comédiens « non Gaulois » sur scène…
Des comédiens représentatifs des gens qu’on croise dans la rue tous les jours…
C’est ça, oui. Nous aurons cette saison beaucoup de comédiens noirs et maghrébins sur scène. Il y a eu un effet d’amplification cette saison même si nous avions déjà manifesté ce mouvement avant. Le « Godot », nous sommes dessus depuis deux ans déjà, cela pour dire qu’une programmation se construit sur le long terme aussi. On n’a pas attendu les attentats de Charlie pour amorcer cette nouvelle dynamique.
Le mouvement que tu as amorcé ces deux ou trois dernières années confirme bien qu’il y avait un manque, tout de même, à ce niveau…
C’est juste. Nous en avions déjà parlé, c’est vrai.
C’est pour cela que je trouve très courageux ces choix, tes choix. Tu fais des choses concrètes…
Il y a un besoin évident de volontarisme sur le sujet. Ne pas se payer de mots et agir concrètement, je le répète… On parle du « Godot », on peut aussi évoquer « Page en construction », de Fabrice Melquiot, le nouveau texte de Fr. Begaudeau, « La devise ».
Les gens de culture ont souvent des belles idées mais plus rares sont ceux qui se situent dans le concret…
Peut-être. Je pense aussi que notre génération est peut-être plus en phase avec ces sujets parce qu’elle n’a pas connu les années fastes de la culture, les années Lang ou post-Lang… À l’époque, tu faisais ton premier succès et toute ta carrière était tracée. Cela ne se passe plus comme ça maintenant et c’est tant mieux. À titre indicatif, sur mes 4 premières années ici, j’ai utilisé 12,5 % du budget artistique pour mes propres créations. Je crois que cela change avec ce qui se faisait avant. Après, il ne s’agit pas non plus de la génération des vertueux contre la génération des dispendieux, il faut se méfier des généralités.
M. Vals va voir son match de foot à Berlin avec son avion privé et ses enfants… Imaginons un instant que Vals soit de droite, qu’aurait dit la gauche ? Où va-t-on ?
On aurait tous crié au scandale, c’est vrai…
Autre point marquant de cette saison, l’ouverture à la jeunesse…
L’idée est bien d’emmener l’esprit de J. Dasté avec nous dans le nouveau site de la Comédie, cette question se pose aussi avec le fait de mettre professionnels et amateurs sur un même plateau et d’afficher cette ouverture avec la nouvelle Comédie. La Comédie est aussi à vous, en quelque sorte… Notre action artistique et culturelle sera d’aller vers de nouveaux partenaires, d’aller là où on n’allait pas d’habitude, de sortir, pourquoi pas, des limites de notre cahier des charges. Inventer notre propre projet artistique avec comme perspective, pour la prochaine saison, l’ouverture de la nouvelle Comédie. Après cette action en direction de la jeunesse a toujours fait partie du projet de la Comédie. Ce que je voudrais, c’est qu’on invente avec l’ensemble artistique, les élèves de l’école et l’équipe de la Comédie, un projet qui sorte des sentiers battus, afin de trouver de l’oxygène pour développer autre chose…
Autour de toi, les gens sont-ils réceptifs ?
Clairement oui. J’ai de la chance d’avoir une équipe qui me suit totalement. Nous avons retrouvé une vraie dynamique. Parce qu’il y a du plaisir et du bonheur à constater des résultats positifs également. Le projet de Maurin Ollies, un élève de 3e année, est significatif et met en scène des jeunes issus de la protection judiciaire. Ce spectacle présenté en janvier dernier, fut une très belle réussite, à tel point qu’on va le présenter cet été à Avignon dans le cadre du Festival In. C’est quelque chose de très concret. L’implication de toute l‘équipe permet aussi de faire immerger des choses comme cela. Ce sont des choses qui font sens.
Tu vas de nouveau mettre en scène cette saison à venir…
Ce projet a été pensé bien avant les attentats de Charlie, mais il prend une toute autre dimension depuis. Cela faisait un moment que j’avais envie d’évoquer les relations compliquées que la France entretient avec l’Algérie. Je tournais autour du sujet et j’en parlais beaucoup avec Lardim Larjam, l’artiste que l’on verra dans « Page en construction ».
Le théâtre n’aime pas trop se confronter à cette thématique…
Il est frappant de voir, en ce sens je te rejoins, que ce spectacle n’a été dans aucun théâtre du sud est de la France, en raison, je crois, du poids de la communauté Pied-Noir et Harkis, à moindre mesure. C’est frappant ! Je n’ai pas pu ne pas y voir une vraie frilosité de la part de mes collègues avec ce spectacle. Ce problème est toujours là dans ce qui se passe aujourd’hui dans nos quartiers, il y a des choses qui font encore écho à l’époque de la colonisation française de l’Algérie. Le passé colonial de la France est une sorte de fantôme qui hante nos relations avec ces pays, l’Algérie notamment mais aussi nos relations avec les immigrés ou les Français issus de l’immigration algérienne. On n’a jamais voulu traiter ce sujet. C’est aussi une période qui est très mal enseignée dans les écoles… Je me souviens, au lycée, toute la partie orientale de notre colonisation n’était pas abordée dans nos cours.
Certains députés, il y a quelques années, évoquaient même les « bienfaits » de la colonisation…
C’est vrai… Nos amis algériens avaient eu du mal à digérer la pilule d’ailleurs.
Ce texte de Bernard Marie Koltès te permet d’aborder ces sujets ?
Complètement. Je connaissais ce texte de Koltés. Je savais surtout qu’il fallait un duo de comédiens « monstrueux » pour pouvoir interpréter le duo frère-sœur qui porte la pièce. Koltès a écrit cette pièce pour Jacqueline Mailland, une comédienne pourtant réputée pour son répertoire comique ! Koltès écrit cette pièce à partir de ses souvenirs d’enfance dans la ville de Metz, une ville de garnison. C’est un texte très intime. Y sont évoqués les Arabes qui meurent jetés dans le fleuve… En même temps, le point de vue de Koltès est de rire de ce dont on ne peut pas rire justement. Chéreau avait créé la pièce avec J. Mailland et Michel Piccoli… Un drôle de duo, n’est-ce pas… Ensuite Jacques Michet avait monté cette pièce, 10 ans plus tard, avec Myriam Boyer et François Château. Beau duo, là encore… Cette pièce tient sur la présence de deux immenses acteurs. À partir du moment où Didier Bezace et F. Hiegel ont accepté de jouer ensemble, le projet a pu enfin se réaliser. L’autre point important de ce projet était qu’il entrait dans l’idée de troupe que j’essaie de promouvoir ici depuis mon arrivée. Je tiens beaucoup, on en avait déjà parlé, à cette idée de troupe. La saison prochaine, dans nos deux productions principales, nous engageons respectivement 13 et 8 comédiens. « Moby Dick » c’était 5 comédiens, « Chapitre de la chute » 6, nous montons donc en puissance dans notre capacité à mettre en œuvre cette idée de troupe.
Quid des compagnies indépendantes stéphanoises invitées ?
Il y aura donc le Théâtre de l’Incendie de Laurent Fréchuret avec « Sainte en Incendie » un texte qu’il a écrit et qu’il met en scène. Il y aura « Un beau ténébreux » avec la Cie The Party. Il y aura aussi La Quincaillerie Moderne, de Benjamin Villemagne. Cela fait 3 compagnies. Je crois que l’ensemble des compagnies a compris notre mode de fonctionnement. Pour monter un projet, il faut s’y prendre deux ans à l’avance pour trouver des partenaires aujourd’hui indispensables. Je vais te donner un scoop, mais sur la saison 2016-2017, je peux déjà t’annoncer que nous aurons encore plus de compagnies stéphanoises parce qu’elles ont compris notre mode de fonctionnement.
L’Opéra de Saint-Étienne poursuit son éternelle mutation avec l’affirmation de son entité musicale au détriment de la partie théâtrale…
De ce que j’ai compris, l’Opéra clarifie sa ligne artistique en se concentrant sur la musique et le ballet. Concernant le théâtre, l’Opéra renvoie vers le Centre Dramatique National, ou pour le théâtre de boulevard, se tourne vers un producteur privé.
Ce qui se faisait avant…
Et que je n’ai pas connu.
Serais-tu intéressé pour reprendre cette activité théâtrale dite de boulevard ?
Clairement, non. Ce n’est pas notre mission. Notre projet entend proposer un état de la création théâtrale contemporaine, avec une large programmation mais nous n’irons pas vers ce type de théâtre.
Et si l’Opéra, à terme, se désengageait des spectacles « jeune public » ?
À ce jour, je ne vois pas de désengagement de l’Opéra du jeune public mais plutôt un resserrement de cette programmation vers la musique et la danse. Nous proposons une programmation jeune public de 6 spectacles par saison, sur un total de 40 spectacles. Cette programmation jeune public concerne exclusivement le théâtre. Sauf sur certains partenariats particuliers comme pour « 20 000 lieues sous les mers » avec les Percussions de Lyon. Nous le faisons en partenariat avec l’Opéra. De ce que je vois de l’extérieur, il y a bien une clarification artistique, sans que cela ne perturbe le projet artistique de la Comédie de Saint-Étienne. La seule chose que nous pouvons constater cependant est le retour de la danse contemporaine dans notre programmation, l’Opéra recentrant son offre chorégraphique autour du ballet. Nous avions donc l’opportunité de nous positionner sur la danse contemporaine. Avec notamment le temps fort consacré à Maguy Marin. Je trouve logique que l’Opéra propose de grands ballets académiques et que nous proposions des spectacles de danse contemporaine. Tout cela me paraît avoir du sens. Il y a toujours eu de la danse contemporaine à la comédie. Il me paraissait juste de récupérer cette compétence en proposant 5 spectacles, dont 2 avec les Festival des 7 Collines, de danse contemporaine dans la prochaine saison. On peut évoque aussi le spectacle de l’artiste sicilienne Emma Dante qui s’apparente à du théâtre dansé. Emma Dante est une très grande artiste. Ce spectacle confirme notre ouverture à l’international, comme dit précédemment.
Les relations se passent bien avec les représentants de l’Opéra de Saint-Étienne ?
J’en suis à mon 3e directeur depuis mon arrivée… J’ai rencontré Éric Blanc de la Naulte, le nouveau directeur. Cela s’est bien passé, oui. L’Opéra est un partenaire naturel de la Comédie.
Es-tu satisfait de cette programmation… ?
Notre programmation concerne en gros sur la saison 40 propositions. Les ¾ des spectacles présentés proviennent de compagnies indépendantes. Et 1/3 des compagnies sont régionales. C’est un fait important à souligner. Nous insistons encore sur les auteurs vivants qui représentent entre 25 et 30 spectacles. C’est un axe fort avec l’émergence également de nombre d’auteurs féminins. Je veux aller le plus possible vers une représentation plus importante des auteurs féminins.
Serais-tu, au fond, le directeur parfait ?
(rires)… Je pourrais avoir le syndrome du bon élève, peut-être (rires). Tu trouveras toujours des gens pour critiquer notre travail.
On remarque que la ville utilise beaucoup ton image dans sa communication extérieure…
On ne peut parler de starification, non plus, je te rassure (rires). Je travaille au fait que tout le monde ici (je parle aussi de nos élus) puisse bien comprendre l’Adn stéphanois, c’est le foot, le design lié au passé industriel de la cité et le théâtre. La nouvelle comédie s’ouvrira, en 2017, pour son 70e anniversaire. Et les 70 ans de la décentralisation. C’est un symbole très puissant. On ne s’est pas assez appuyé, selon moi et par le passé, sur l’outil que peut être un centre dramatique national. Je mets beaucoup d’énergie pour que la ville comprenne bien cela, et du coup, dans son effort de rayonnement, que la Comédie en soit un élément majeur. Je trouve enthousiasmant cette volonté de donner une nouvelle dynamique à la cité. Je pense, à ce titre, que la ville devrait poser à nouveau sa candidature à la Capitale Européenne de 2022. Je crois qu’une ville comme Dortmund, capitale de la Rhur, qui ressemble en beaucoup de points à Saint-Étienne, a utilisé cette candidature comme un magnifique levier. Nous pouvons faire de même ici. L’enjeu pour la ville et la métropole est de dire clairement à l’État Français « vous ne nous avez pas rendu ce que cette ville a donné à la nation ». D’autant que la région va se rééquilibrer avec l’arrivée de l’Auvergne. La ville sera située au centre de cette nouvelle région. Par habitant, l’État donne deux fois plus d’argent pour la culture à Grenoble qu’à Saint-Étienne et trois fois plus à Lyon. Ce n’est pas normal et nos élus doivent enfin en prendre conscience. Cette situation est anormale. C’est un fait, qui est issu aussi de notre histoire. Il nous faut plus de soutien de l’État.
Qu’en est-il des travaux de la nouvelle Comédie ?
Nous avons une prochaine réunion de travail sur les travaux en cours… À ce jour, les délais de 2017 pourront être tenus. Quant à après 2017, on ne le sait pas encore… Nous sommes plutôt confiants.




