Y’a de la joie, comme disait le chanteur. Il y en a, en effet, et cela fait du bien. Un peu d’oxygène dans une société qui est en train de se mettre sous assistance respiratoire. Le football, oui, ce jeu simple où le ballon doit aller dans des filets, n’en demeure pas moins compliqué : il suffit de voir cette même joie de Ian Cathro lors du but marqué par les Verts à la 90ème minute. Une course extatique les bras ouverts, et une équipe se jetant sur le buteur pour le remercier du si important bienfait. Qu’elle fut difficile cette victoire, ce qui la rend d’ailleurs encore plus belle.
Il faut dire que l’affiche, elle aussi, était belle. Le FC Nantes, ancien ogre des années 70/80 rendait visite à un autre ogre descendu à l’étage inférieur de la Ligue 2. Le match fut longtemps cadenassé avec ici et là des occasions mais aucun grain de folie ne voulait décidément traverser le terrain. Si bien que l’on se dirigeait sur un score nul et vierge. Du moins jusqu’à ce que Boakye en décide autrement en plaçant une tête synonyme de beaucoup plus que trois points.
Car malgré ses difficultés actuelles, le FC Nantes n’en demeure pas moins un gros club, et donc un gros obstacle sur la route de la Ligue 1. Colosse aux pieds d’argile certes, mais difficile à bouger pendant 89 minutes. C’est également cette capacité à gagner des matchs – comme celui contre le Red Star – qui montre le chemin parcouru depuis l’an dernier. Cette capacité, également, à ne rien lâcher, à avoir faim et ne pas se contenter du « c’est mieux que rien » ou « c’est déjà ça ».
Ainsi le stade peut danser, car il voit une île au bout de la traversée, la possibilité d’un rêve qui va bien finir par devenir réalité. Même si la route est encore longue et que le bateau pourra parfois tanguer.
Le stade dansait d’autant plus que c’était l’anniversaire, les 35 ans des Magic Fans. Tifos, fumigènes et feu d’artifice en forme de bouquet final. Bien sûr, certains vont arguer que les fumigènes vont automatiquement enclencher des suspensions de tribune, et ils n’auront pas tort. Ce problème des fumigènes est un bras de fer dont on ne voit pour l’instant ni la fin ni la solution, nul ne voulant céder. Pour rappel on se souviendra qu’il y eut toujours des fumigènes dans l’histoire du football. Il y en eut même lors d’un certain… ASSE- Dynamo Kiev. Si, si, les images de ce match historique font foi. Bien sûr, c’étaient alors deux ou trois fumigènes. Néanmoins, les suspensions de tribune datent de quelques années seulement : signe d’une société de plus en plus répressive ?
En attendant ne boudons pas notre plaisir de voir les rayons de soleil enfin percer la carapace du passé de l’ASSE. Bien entendu, il reste encore beaucoup à écrire et aucune montée ni aucun titre n’est venu se rajouter dans l’escarcelle du club. Mais pour cette joie qui éclaire la grisaille des temps modernes, on ne peut que se réjouir.
Le football demeurera toujours plus qu’un sport, car il est un vecteur d’émotions puissant. Il est une rage, une fête, une tristesse, une souffrance, parfois. Voilà sociologiquement parlant il dépasse le cadre du domaine purement sportif. Il est, par ailleurs, le patrimoine d’une ville jamais bien riche, industrielle et parfois gênée aux entournures, mais qui, avec son club, a fait symbiose – comme dans tout mariage – du meilleur et du pire.
Que les années de bonheur reverdissent enfin…
Retrouvez tous les ouvrages des éditions des Joyeux Pendus, dont le dernier ouvrage, Sainté Football Club, dans les librairies stéphanoises et sur le site suivant : https://leseditionsdujoyeuxpendu.com/ouvrages/




