On change les papiers peints de l’autre côté de l’Atlantique… En effet, avec l’élection, puis la réélection, de Barack Obama à la présidence, le pouvoir politique Américain se colorise. Seulement. Car dans le fond rien ne bouge. Les pauvres sont de plus en plus pauvres et livrés à eux-mêmes, les riches de plus en plus riches et livrés à eux-mêmes… Mis à part l’Obamacare, sorte de CMU (couverture médicale universelle) allégée imposée par le président Obama, rien n’a réellement changé et déjà pointe-t-on une nouvelle bulle au bord de l’explosion, l’endettement surréaliste des étudiants obligés littéralement d’hypothéquer une partie de leur avenir afin d’avoir accès à leurs futurs diplômes. Prenons l’exemple d’un État particulièrement symbolique, celui de la Caroline du Sud. Dans l’histoire contemporaine Américaine, la Caroline du Sud témoigne de l’enracinement du racisme, fruit de plusieurs centaines d’années d’esclavagisme institutionnel. Et bien cet État dit « raciste », majoritairement blanc et chrétien est représenté par un gouverneur femme Nikki Haley, issu de la branche la plus radicale du parti Républicain (le fameux Tea Party) dont les parents sont des immigrés Sikhs originaires d’Inde. Devenue gouverneur, Nikki Haley a nommé, en décembre dernier, Tim Scott, un Afro-Américain, dont les propres aïeux avaient été esclaves, contrairement au président…, sénateur de l’État de Caroline du Sud, suite à la démission de Jim DeMint. Jim Scott devient le seul afro-américain de la chambre des Sénateurs, comme le fût en son temps un certain B. Obama, sauf que lui, T. Scott est membre du Tea Party, une fraction dont les thèses ne sont pas si éloignées de notre Front National…
Ce long préambule a pour objectif de montrer toute la pertinence de la question raciale aux États-Unis et toute l’audace du nouveau film de Quentin Tarantino. « Django » est sans doute le premier Western de l’Histoire dont le héros est noir ! Notre culture cinématographique s’est imprégnée de tous les westerns signés John Ford, Raoul Walsh, Sam Pekinpah, géniaux réalisateurs qui restèrent pourtant muets, sourds et aveugles quant à la question de l’esclavage. C’est cette injustice qu’a voulu réparer Quentin Tarantino en plaçant son western, non pas dans le Grand Ouest Américain mais au sein même des États du Sud qui livreront durant la Guerre de Sécession, une résistance incroyable au modernisme et à l’abolition. Avec « Pulp Fiction », Tarantino entendait rendre hommage à la fameuse « Blackexploitation » des années 70, avec « Django », le réalisateur de « Reservoir Dogs », rend non seulement hommage à Sergio Leone, « son maestro » mais il permet aussi au peuple Américain une confrontation historique, quoique romancée, avec ses propres démons. Ce qui n’est déjà pas mal pour un seul film, non ?
Un film de Quentin Tarentino
Sortie le 16 janvier




