Quelques mots pour vous présenter ?
Je suis Marc Chassaubéné, Adjoint au Maire de Saint-Étienne (confiné) délégué aux Affaires Culturelles et Vice-président de Saint-Étienne Métropole en charge du Design et du Numérique.
Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Je suis dans l’interrogation de l’après, comme tout le monde je crois, mais cela ne m’empêche pas d’être particulièrement déterminé. Je sais que la Culture et les acteurs culturels auront un rôle primordial à jouer dans l’après-confinement.
Le monde de la culture est fortement impacté. Quelles informations avez-vous concernant les aides ou mesures pour rassurer ce secteur ?
Le secteur culturel est évidemment un des plus impacté, il était le premier à cesser son activité, il sera sans doute le dernier à la reprendre. Heureusement, si les directives de l’État sont très floues, les décisions des collectivités locales sont unanimes et montrent leur détermination à accompagner autant que possible la relance. Ainsi, Gaël Perdriau a immédiatement annoncé le maintient des subventions aux acteurs culturels pour la ville et la Métropole et très rapidement la Région a donné les mêmes indicateurs rassurants. À Saint-Étienne, nous travaillons à une cellule dédiée qui va désormais suivre toutes les structures culturelles pour les accompagner et les aider à traverser cette période très difficile. Nous sommes également très vigilants à propos des intermittents avec qui nous, ou les associations que nous soutenons, travaillons. Les indications de l’État sont imprécises, nous sollicitons donc beaucoup le ministère pour ne laisser personne seul dans l’interrogation.
Qu’espérez-vous et redoutez-vous après ?
J’espère que l’État saura donner des directives claires aux collectivités et aux acteurs culturels et participera à nos côtés à cette relance. Pour l’instant l’inquiétude est forte alors que nous constatons beaucoup d’hésitations et de contradictions. Ensuite, je crains qu’il faille du temps au public pour retrouver le chemin des salles et des festivals, mais j’ai également confiance en la Culture pour inventer une manière nouvelle de favoriser les interactions sociales dans cet « après ». Plus que jamais, nous avons besoin des artistes pour réinventer notre société. J’espère évidemment que nous saurons tirer les leçons de cette situation, que nous saurons replacer l’homme au cœur de nos politiques et de nos vies comme l’a exprimé Gaël Perdriau. Et c’est en grande partie grâce à la Culture que nous y parviendrons.
Des idées pour s’occuper ?
Un coup de cœur pour le très bon roman de Christel Duchamp, auteur locale qui connaît un succès mérité avec « l’Art du Meurtre »… Je me suis laissé absorber par la série « Tchernobyl » que je n’avais pas eu le temps de regarder et que je vous conseille vivement, que vous soyez amateur de politique ou d’histoire récente, autant que de drames. Une très jolie de The Architect qui vient tout juste d’être publiée : https://bit.ly/ TheArchitectRunFtReverie. Et An’Om x Vayn tournent en boucle sur mon enceinte !
Que vous manque-t-il le plus et que ferez-vous en premier dès le confinement terminé ?
Je ne sais pas quelle salle je privilégierai à la réouverture des lieux culturels… Toutes me manquent. Peut-être que j’irai voir un film au Méliès, avec des amis. Un de mes grands regrets est de ne pas y aller assez souvent à cause de mon activité, et un de mes constats de ce confinement, c’est que rien ne vaut un film en salle plutôt que dans son salon !
Un mot, un message pour conclure ?
Je dirais que je suis plein d’enthousiasme malgré la situation. Chacun est conscient qu’il faudra réinventer notre rapport aux autres, à notre environnement, au bien être social comme le dit très justement Gaël Perdriau… Et c’est exactement la place des artistes. Personne ne sait mieux qu’eux penser notre rapport à l’autre et au monde. C’est un chantier immense et passionnant qui les attend donc. Et à l’ensemble des acteurs culturels je dirais que nous mènerons ce chantier avec eux. Les économies sont fragilisées et nous serons présents sur ce sujet, les esprits, j’en suis certain, sont forts et déterminés. Nous sommes la ville de la résilience, ne l’oublions surtout pas !




