Quelques mots pour vous présenter ?
Théo et Raphaël du groupe de musique Terrenoire. Terrenoire comme le quartier qui nous a vu naître. Chauvin comme des Stéphanois exilés dans la grande ville. Nous faisons des chansons les plus belles et les modernes possibles.
Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Nous sommes à l’état méditatif à tendance végétative. On passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, tentant de continuer à souffler sur les braises de la musique, du public qui nous suit et de l’énergie vitale. On oscille comme tout le monde, entre phase de déni, d’angoisse et d’espoir. La vie en somme, mais enfermé.
La culture est fortement impactée par les mesures de confinement. Quelle incidence pour vous ?
La culture je ne sais pas. L’industrie culturelle le sera, au même titre qu’un très nombre de pans de l’économie mondiale.
Quand on a choisi cette vie, on ne compte pas sur la stabilité, on surfe joyeusement d’incertitude en incertitude. Le plus important c’est le courage de continuer à fabriquer des choses, ne pas être trop à cheval sur l’idée de gagner beaucoup d’argent, se rassurer en se disant qu’en tant que Stéphanois, on sait ce que c’est de traverser les crises, les surmonter. (On pense bien évidemment à la descente en ligue 2 de la dernière décennie). Plus sérieusement, il va falloir s’unir, faire preuve de solidarité entre artistes et entre professionnels du secteur. Je ne suis pas inquiet, l’art pousse partout comme la ronce. Increvable.
Qu’espérez-vous et redoutez-vous après ?
J’espère que rien ne sera vraiment comme avant. J’espère que nous pourrons avoir accès les uns aux autres assez vite. Pour communier autour des choses heureuses de la vie, la musique, danser ensemble, rencontrer des tas de gens, faire l’amour, pouvoir faire la bise à sa famille. Je redoute un peu qu’on tarde à pouvoir vivre ça de nouveau, qu’on vive à moitié pendant trop longtemps. Mais je suis sûr qu’on va trouver un vaccin pour nous immuniser, ce n’est pas la première maladie que l’humain vaincra. Je redoute que nous perdions patience, voilà.
Des idées pour s’occuper ?
Alors pour s’occuper, le premier conseil serait de ne rien faire sous le coup de l’injonction. Ne pas se forcer à vouloir devenir le nouveau génie de l’humanité ou le roi des abdos et des push-up. Je pense que le moment le plus heureux de mes journées en ce moment, c’est le temps de la cuisine, la préparation et le repas. Il n’y a rien de plus décisif que de manger correctement à des heures décentes.
Sinon je vous propose d’écouter toutes nos chansons 50 fois chacune, de regarder tous nos clips. Vous tapez TERRENOIRE un peu partout sur internet et puis vous regardez et vous attendez de voir si ça vous fait un truc. Si ça vous fait un truc alors tant mieux. Sinon allez regarder les deux documentaires incroyables sur notre ville : Gueules noires cœurs verts www.youtube.com/ watch?v=RYXW7W2Nlss. Super doc sur l’histoire récente de notre ville. Une autre crise, celle de l’industrie mise en lien avec l’épopée du club. Passionnant. J’ai passé tout mon temps à voir si je ne trouvais pas mon grand-père dans une manif ou à la manu.
Que vous manque-t-il le plus et que ferez-vous en premier dès le confinement terminé ?
Ce qui me manque le plus là c’est la mer. On va aller faire le tour d’une île à pied et dormir sous la tente. Où peut être traverser le Pilat jusqu’à l’arrivée des premières myrtilles au bas de la Jasserie et en remplir des seaux.
Un mot, un message pour conclure ?
Aller écouter notre dernière chanson, Baise-Moi. https://www.youtube.com/watch?v=hTrDIuTtSMA Ça vient de sortir. Elle parle d’amour et de se rapprocher de l’autre. C’est plein d’espoir.




