Quelques mots pour vous présenter ?

Thierry Pilat, directeur du Fil, la Scène de Musiques Actuelles de Saint-Étienne. Nos 3 missions premières : La diffusion de concerts, l’accompagnement d’artistes, de l’amateur au professionnel, la médiation culturelle notamment auprès du jeune public.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Plutôt abasourdi par la situation comme tout le monde. J’espère que cette crise nous servira à mieux rebondir, qu’il y aura un avant et un après. Donc nous sommes d’autant plus portés vers l’avenir que l’on peut contribuer à rendre radieux.

La culture est fortement impactée par les mesures de confinement. Quelle incidence pour vous ?

Du point de vue économique, nous ne pourrons pas rattraper la perte de chiffre d’affaires et dégager une marge suffisante pour clôturer les comptes. Néanmoins, notre situation privilégiée de lieu subventionné (autour de 50 %) ne met pas la structure en danger. Ce n’est pas le cas de la plupart des acteurs culturels privés, notamment les producteurs d’artistes ou les lieux de spectacle privés ainsi que les café-concerts. L’équilibre fragile du monde culturel est en danger. Nous aurons bien besoin du soutien du public dès la reprise.

Qu’espérez-vous et redoutez-vous après ?

Du point de vue culturel, il sera difficile de reprendre le contact avec les publics. Ce vide est difficile à combler pour l’instant. Les réseaux sociaux ne sont que des outils qui ne remplacent pas le lien humain sur le territoire. Mais la crise nous oblige à réfléchir à de nouveaux schémas de vie collective. Notre société est à reconstruire. Les lieux culturels et les artistes ont un rôle central à jouer.

Des idées de lectures, podcasts, vidéos ?

Nous en profitons pour mettre en avant les nombreuses captations vidéo de concerts réalisés au Fil. Je ne saurai pas donner des conseils de lecture ou de musique mais j’espère que le confinement puisse permettre à chacun de se ressourcer. Tout est écrit dans les livres et la musique est tellement universelle qu’elle doit nous aider à rêver encore davantage.

Vous avez réfléchi à la première chose que vous feriez lorsque nous pourrons à nouveau sortir de chez-nous ?

Je crois que l’accolade sera sans doute le premier réflex. Retrouver le contact, de la chaleur humaine et se dire à nouveau qu’on n’est pas contagieux. Pour cela, je rêve d’un apéro en terrasse avec plein de gens. Nul doute que cela fait partie de la culture du 21eme siècle.

Un mot, un message pour conclure ?

Restons chez nous pour l’instant mais demain rencontrons-nous, échangeons, montons des projets, bougeons quoi.