Depuis sa création, le festival Face à Face ne cesse de progresser, et sa fréquentation croissante en est le témoignage le plus criant. Cette année encore, toute l’équipe a mis la barre très haute, avec un choix de films éclectiques forts et originaux, et des conférences et animations incontournables. En ces temps pour le moins chahutés, leur engagement a encore plus de poids. Nous avons rencontré Valérie Falcon, présidente du festival, qui nous donne quelques détails sur l’identité culturelle et la singularité de cet événement à ne pas manquer !
Peut-on évoquer l’origine ou le contexte qui a donné naissance au Festival Face à Face ?
Face à Face a été en 2005 la première association LGBTI+ de Saint-Étienne. Elle a été fondée par des passionnés de cinéma et des militants de la cause LGBTI+. Cette année nous sommes fiers.res de présenter la 15ème édition de ce beau Festival.
Ce festival de cinéma singulier assume une identité LGBTI? Y-a-t-il une vocation pédagogique, humaniste, militante ?
Le Festival Face à Face est un festival culturel, ouvert à tous, de très bonne qualité et reconnu dans le monde du cinéma. Il est aussi évidemment un festival militant. Nous luttons pour promouvoir les droits LGBTI+. Pour cela nous sélectionnons des films de qualité et nous privilégions ceux suscitant les échanges et les débats, avec des publics les plus divers possibles (adultes, étudiants, scolaires…).
L’association Face à Face œuvre tout au long de l’année, en dehors du festival. Quelles sont les actions menées ?
Nous organisons des séances débats tout au long de l’année, essentiellement au Méliès mais parfois aussi dans d’autres lieux à Saint-Étienne ou en dehors. Nous organisons aussi des événements chez ou avec nos partenaires. Nous participons également aux événements organisés par les autres associations LGBTI+ stéphanoises (journée de lutte contre l’homophobie, soirées…).
Malgré quelques avancées, on constate à travers l’actualité une poussée de l’homophobie. Comment l’expliquez-vous ?
Je ne l’explique pas mais je la déplore. Je pense même qu’on constate une poussée de haine en règle générale avec l’autre, qu’il soit différent de race, de religion, d’orientation sexuelle, de genre… Les discriminations, quelles qu’elles soient, doivent être combattues !
La culture ou l’éducation comme rempart aux préjugés, au populisme, à l’intolérance ou l’ignorance font-elles le poids ?
Oui. J’en suis convaincue ! Nelson Mandela a dit « l’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Je pense que la culture fait partie de l’éducation.
Cette année quels types de films allons-nous y découvrir ?
Cette année encore, nous aborderons des thèmes différents comme la religion, l’homoparentalité, le Sida, la danse, la transition… Les films viendront de tous horizons (France, Espagne, Guatemala, Italie, Géorgie, Australie, Brésil…) et de nombreux invités seront présents, avec qui le public pourra débattre et échanger.
Y- aura-t-il des temps forts ou actions en dehors des projections ?
Oui, encore plus que l’année dernière ! Nous proposons un vernissage, un spectacle à la Comédie de Saint-Étienne, et deux nouveautés cette année : de la réalité virtuelle et un escape game. Plusieurs événements festifs comme une dégustation d’huîtres, un ciné quizz, une soirée « Happy Face » sont également organisés chez nos partenaires.
Un dernier mot ?
Je tiens à repréciser que nous sommes tous bénévoles dans l’association organisatrice du festival Face à Face. Le festival c’est entre 15 et 20 longs métrages et environ 25 courts métrages entrecoupés de spectacles, concerts, vernissages et moments festifs… Nous avons besoin de nouveaux bénévoles, pas forcément que des cinéphiles contrairement aux idées reçues, pour nous permettre de continuer à proposer un festival de qualité. Rejoignez-nous !




