Maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole

Saint-Étienne avance, c’est incontestable. urbanisme, infrastructures, services, mobilité, écologie… On investit dans l’ici et maintenant, notamment grâce au design et au digital, mais aussi dans l’avenir pour répondre aux nouveaux usages et aux attentes des habitants. Une dynamique s’est emparée de la ville avec une particularité que reconnaît très justement Gaël Perdriau, à savoir sa population. de beaucoup, elle est plus Chaleureuse, plus dynamique, plus motivée et plus entreprenante que jamais. en cette dernière année d’un mandat riche et passionnant, nous avons donc rencontré le maire de notre ville Gaël Perdriau, qui se dit satisfait du travail accompli, même si, comme il le précise,  il reste encore beaucoup à faire.

Nous sommes en janvier, c’est le mois des vœux. Que souhaitez-vous aux Stéphanois ?

À titre personnel, je leur souhaite beaucoup de bonheur et d’épanouissement dans leur vie professionnelle, personnelle et associative. N’oublions pas que beaucoup de Stéphanois sont engagés dans la vie de la cité, et nous avons besoin d’eux. Je leur souhaite également beaucoup d’amour. C’est important de se le dire.

Récemment Un ami disait de vous que vous étiez un humaniste. Que vous inspire cette remarque ?

Déjà je le prends comme un compliment. Il est vrai que je place l’homme au cœur de mon engagement politique. C’est pour les habitants de Saint-Étienne que je me bats comme je le fais depuis maintenant cinq ans. Si dans toutes les décisions que l’on prend on pensait en priorité à l’homme, les choses iraient sans doute beaucoup mieux. Même si parfois, dans mes prises de parole, je dois être déterminé et ferme, je n’en suis pas moins sensible !

Quel bilan tirez-vous de ces quelques années écoulées ?

2 019 est effectivement l’année du bilan, puisque c’est la dernière année pleine du mandat. J’ai eu à cœur de faire en sorte que tous les engagements pris devant les Stéphanois en 2014 soient tenus. Je crois en la parole donnée. Cela a d’autant plus de sens que dans le contexte difficile que nous traversons, notamment avec la baisse des dotations qui représentent 15 millions d’euros, je suis fier de présenter un bilan conforme à nos engagements. Cela est dû aussi aux efforts de tous les fonctionnaires et les élus de la municipalité. L’année 2019 reste cependant très fournie en projets d’urbanisme, mais aussi en soutien des 1 500 associations, en matière d’animation avec par exemple le tour de France qui sera reçu pour la deuxième fois, les championnats de France d’athlétisme que l’on prépare depuis 4 ans, la Biennale internationale de design… De ces 5 ans, je retire une vraie satisfaction. Il faut se battre ici plus qu’ailleurs, on le sait, car rien ne nous est donné. Mais les entrepreneurs, les associations, les habitants ont été eux aussi mobilisés. On n’est jamais tout seul quoi qu’on fasse. Et je me suis senti soutenu et encouragé dans l’ensemble de mes projets et de mes démarches. C’est grâce à cette énergie collective qu’on a réussi à changer la ville, à progresser.

Effectivement, l’année 2018 a placé Saint-Étienne parmi les villes ayant la meilleure qualité de vie. Qu’en pensez-vous ?

J’ai toujours pensé qu’il fallait agir vite, parce que psychologiquement, les Stéphanois comme les Français ont besoin de voir des évolutions rapidement. Je vais prendre l’exemple des assiettes chinoises. Elles sont nombreuses, en équilibre, et il faut toutes les faire tourner en même temps, tout en faisant attention à ce qu’il n’y en ait jamais une qui tombe. Pour moi, la réussite d’une ville c’est exactement cet exercice d’artiste. Chaque assiette représente la propreté, la sécurité, l’embellissement de la ville, l’urbanisme, le logement, l’enseignement supérieur, l’économie, l’attractivité de la ville, les grands événements, le tourisme… Vous voyez, c’est du quotidien mais aussi du moyen et du long terme. Si l’on veut créer cette dynamique, il faut faire tourner chaque assiette en même temps ! Mais tout cela reste très fragile, et si l’on manque d’attention, l’assiette tombe et se casse. Nous sommes partis de loin, car à notre arrivée la ville était inerte. Notre réussite, c’est effectivement cette consécration de qualité de vie.

En accédant au statut de Métropole, cela a ouvert de nouvelles opportunités. c’est probablement une satisfaction pour vous ?

Oui. Car cela a été un vrai combat politique. Sur le papier, c’était impossible. Nous avons pu réussir grâce à l’engagement de tous les fonctionnaires, de tous les élus, de tous les maires. Pourquoi c’est important au-delà de dire que nous sommes une métropole ? On voit bien que l’état est en train de se réorganiser. Comme l’argent ne coule pas à flot, il réorganise les moyens. Les bouleversements que nous avons connus ne sont rien à côté de ceux qui vont arriver. On va assister à des regroupements très importants pour faire des économies d’échelles. Il faut résister dans un bassin de vie qui dépasse largement Saint-Étienne. Avec un risque qui est aussi un avantage, mais qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu, c’est la proximité de Lyon qui est la deuxième ville de France. Cela peut être un véritable avantage, mais cela peut aussi devenir un inconvénient si on n’y fait pas attention. Devenir une métropole permet de nous affirmer. Nous sommes la 15e sur 22. Il n’y en aura pas d’autre. Il fallait donc saisir cette opportunité et cela s’est joué de peu. Grâce à cela, on consolide notre enseignement supérieur autour de l’université et des grandes écoles, notre système de santé avec un CHU, qui est le premier en nombre d’établissement et de personnes soignées, notre attractivité économique… Nous sommes passés en 2 ans d’agglomération en communauté urbaine à métropole. On le doit à la volonté de tous les élus et d’un premier ministre, Manuel Valls. C’est un atout véritablement.

le projet Steel et la troisième ligne de tramway suscitent encore des débats passionnés. Quelques mots ?

Il y a des enjeux que les Stéphanois doivent comprendre. Pour Steel, le choix a été fait avec le soutien de la Chambre de Commerce, la Chambre des Métiers, de l’Association des Commerçants. L’évasion commerciale qui échappe à Saint-Étienne représente 6 à 700 millions d’euros. C’est donc autant d’argent qui est sur notre territoire mais qui est dépensé ailleurs. Ensuite, nous avons de nombreuses enseignes qui sont intéressées par notre ville mais qui ne trouvent pas d’espace de format ou de surfaces de magasins pour s’installer en centre-ville. D’autres commerces ont un modèle économique qui évolue. Il faut leur proposer quelque chose ou alors ils quitteront Saint-Étienne. Également nous avons plusieurs hectares de friches depuis des 10aines d’années en entrée de ville, dans l’axe Clermont Lyon très fréquenté et peu séduisant. Je refuse le terme de périphérie. Ce sont des quartiers de la ville. Monthieu, jusqu’à preuve du contraire est un quartier de la ville avec des habitants qui y habitent avec une vraie vie de quartier. J’ai pris l’engagement de préserver l’équilibre commercial entre le centre-ville et et le futur centre commercial. Dans Steel vous avez certaines enseignes qui vont simplement déménager pour prendre des surfaces plus importantes, d’autres qui ne se seraient jamais implantés en centre-ville car il leur faut des surfaces de 1000 à 1500 m carrés, d’autres qui ne sont pas présentes sur notre territoire. Quand je parle de complémentarité, je vais l’illustrer par un exemple. Flying Tiger Copenhagen, une enseigne nationale démarchée par Apsys pour venir à Steel. Ils sont venus à Saint-Étienne, ont signé pour s’installer à Steel. Après avoir déjeuné en centre-ville, les investisseurs ont apprécié son attractivité, ils l’ont trouvé agréable, et ont décidé d’y ouvrir un magasin rue Général Foy, en attendant d’ouvrir l’autre d’ici un an. S’il y avait concurrence entre les deux, ils n’auraient pas ouvert ce magasin. nous sommes à 5 minutes de l’Hôtel de ville lorsqu’on est à Monthieu. Il y a fort à parier que les gens qui viendront de loin pour aller à Steel, viendront également en centre-ville. Alors je peux me tromper. Je pouvais ne rien faire et laisser la situation se dégrader ou prendre des risques et m’engager en soutenant le commerce qui, rappelons-le a augmenté de 8 % depuis 2014. Le dynamisme appelle le dynamisme et cela sera le cas pour Steel. Je rappelle également que le projet avait été voté par le conseil municipal à l’unanimité, il y avait la Région, le Département, les écologistes, certains qui sont aujourd’hui En Marche.

Pour le tramway, il y a deux enjeux. D’abord répondre à la transition énergétique dont on parle beaucoup. 4,5 km c’est autant de bus diesel ou de véhicules qui pourront éviter ce parcours. C’est la desserte de sites qui sont beaucoup utilisés comme Technopole qui compte 3 000 emplois, ce sont les constructions de nouveaux équipements et bureaux qui vont venir s’ajouter à ceux existants, en cours de construction, c’est la desserte de sites de loisirs et culturels avec le Zénith, le Parc-Expo, la Comédie, le Fil, Sites sportifs avec Geoffroy Guichard, la piscine, le site de l’Estivallière. Un objectif d’aménagement urbain, avec la revitalisation des quartiers nord-est de la ville qui vont être raccrochés au centre-ville et qui ont de nombreux atouts, puisqu’ils sont à 5 minutes du centre et des voies autoroutières. En répondant à ces deux enjeux, nous sommes finalement en dessous des budgets prévus tout en respectant les délais. C’est suffisamment rare pour le signaler !

Un mot également sur Un autre chantier, plus modeste, celui des Halles ?

C’est un projet qui m’a toujours tenu à cœur. J’ai beaucoup regretté de voir se transformer ce lieu qui perdait petit à petit son âme. Un lieu convivial, de vie, animé, dans une architecture singulière. Le groupe Casino a accepté de réduire son bail et je les en remercie. J’avais une idée assez précise de ce que je voulais en faire. Nous avons lancé une consultation et le projet retenu me rend très heureux car c’est exactement ce que je voulais pour Saint-Étienne. Je suis allé visiter celle de Lyon, celle de Dijon, celle de Lisbonne, j’ai vu Borough Market à Londres, et toutes proportions gardées, dans l’esprit, c’est ce que je voulais pour Saint-Étienne. C’est-à-dire offrir le meilleur en termes de qualité, offrir des produits locaux et originaux, à des prix abordables, dans un esprit de convivialité extrêmement novateur et vivant. L’équipe que nous avons retenue répond à tous ces critères et là aussi je suis certain que cela doit représenter un atout pour le centre-ville. Je suis très heureux que l’on puisse refaire vivre les Halles à Saint-Étienne.

Où en sommes nous avec les pépinières d’entreprises dont une, singulière, en centre-ville de Saint-Étienne ?

En 2014 lorsque je suis arrivé, j’étais convaincu qu’il y avait un énorme esprit d’entreprise à Saint-Étienne. Il existe à Saint-Étienne depuis toujours. Je rappelle que Saint-Étienne était appelé la ville aux 1 000 brevets. Elle continue de l’être puisque nous sommes la troisième métropole en France en termes de dépôt de brevet. Il y a une capacité à créer et à innover qui est extrêmement forte. J’ai regretté que bon nombre d’étudiants, ou de chefs d’entreprise commencent leurs projets à Saint-Étienne, puis partent ailleurs. On a donc mis les moyens qu’il fallait en investissant avec la grande usine créative avec 2500 m² pour accueillir les start-up. Elle est pleine. Nous sommes en train de travailler sur une nouvelle tranche pour accueillir de nouvelles start-up. Nous avons aussi créé une pépinière originale au centre-ville de Saint-Étienne, rue de la République pour permettre à de jeunes entrepreneurs qui travaillent sur l’e-commerce de pouvoir venir éprouver leur concept auprès de leurs futurs clients, et cela marche très bien. Il y a un bon turn-over. Les concepts sont éprouvés, testés, et mis sur le marché. Je tiens à soutenir les entrepreneurs qui prennent des risques, qui ont des idées, qui souhaitent développer de nouveaux concepts, qui créent de l’emploi, et je souhaite que cela se passe à Saint-Étienne. Les pépinières, c’est un moyen pour aider à le faire.

Parlons un peu de cette nouvelle maison du projet ?

Là aussi c’est un projet qui me tenait à cœur. Depuis 2014, l’une de mes priorités a été l’urbanisme, avec une stratégie affichée dès le départ. Je souhaitais que l’on consacre les moyens à la rénovation des logements. Avec 16 ha au sol de bâtiment démoli dans l’ensemble des quartiers de la ville, nous avons, avec une réflexion sur ce que l’on fait des mètres carrés libérés et des friches qui étaient autant de pollutions visuelles pour les habitants ou les visiteurs, créé une dynamique qui a poussé certains investisseurs à profiter de cet élan. Il n’y a pas un quartier qui n’a pas bénéficié de cet investissement public. Cependant, ce projet urbain qui porte Saint-Étienne aux horizons 2030, 2040 n’était pas forcément compris ou visible pour l’ensemble des habitants qui ne voient que quelques petits bouts de ces changements mais pas cette logique urbaine dans le temps. J’ai souhaité que cette maison du projet, au 10, rue Louis braille, donne à voir cette stratégie d’urbanisme, les 200 projets qui sont en cours, et qui sera aussi l’occasion pour les Stéphanois de venir donner leur avis sur ces aménagements urbains, sur leur quartier, et sur leur perception de l’avenir. Cela doit permettre d’enrichir notre réflexion.

À Noël, vous avez pris des mesures en faveur du commerce avec la Gratuité des transports et des parkings par exemple. Pensez-vous renouveler ce type d’opération ?

En effet , j’ai dû prendre des mesures au regard de l’urgence de la situation, car on sait que le mois de décembre est un mois très important pour les commerces. Beaucoup réalisent 30 à 40 % de leur chiffre d’affaires uniquement sur cette période. Les manifestations et leurs conséquences ont généré une baisse du chiffre d’affaires. On imagine les répercutions que cela peut avoir. J’ai voulu montrer que les commerçants n’étaient pas seuls, que nous étions là à leur côté, je souhaitais aussi encourager les habitants à venir faire leurs courses en centre-ville. Cela je pense a permis de minimiser les conséquences prévisibles de ces manifestations. Il y aura de nouvelles mesures qui devraient faciliter les conditions de stationnement en centre-ville et je ne m’interdis pas de réitérer certaines actions. Mais je fais aussi avec ce que j’ai. Les contrats de délégations des parkings ont été signés par mon prédécesseur et j’en applique les termes. Ce que l’usager ne paye pas c’est le contribuable qui le fait. Cela a coûté 300 000 euros pour quelques samedis ou mercredis donc on voit très bien que cela reste des mesures exceptionnelles.

Thierry Mandon est maintenant à la tête de la cité du design, alors que la nouvelle édition de la Biennale internationale approche. qu’espérez-vous de ce grand événement ?

Je suis très heureux d’avoir convaincu Thierry Mandon de venir à Saint-Étienne, très heureux également que Lisa White, très grande personnalité du monde du design ait accepté de diriger le commissariat général de la biennale qui sera sans aucun doute une très belle édition, sur une question d’actualité qui plus est, le « terrain d’entente ». Le pays invité est la Chine, une grande puissance. C’est intéressant de se confronter à eux. Ce sera aussi le 20e anniversaire de la biennale à Saint-Étienne, j’ai donc souhaité, pour cet anniversaire, rendre hommage à son fondateur, en créant le prix Jacques Bonnaval. Cela a été voté par le conseil municipal de Saint-Étienne. Il y aura une dotation de 10 000 €, c’est donc quelque chose de très significatif et qui sera destiné à des jeunes designers. Je sais qu’il tenait beaucoup à encourager les initiatives et l’audace des jeunes, et si nous parlons de biennale aujourd’hui c’est grâce à lui. Nous inaugurerons également un espace Jacques Bonnaval d’ici la fin de l’année dans le quartier de la Cité du design. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette biennale que tous ces jeunes auront l’occasion de montrer leur talent. Cela permettra aussi de faire prendre conscience, notamment aux entreprises, et c’est d’ailleurs à l’une des missions que j’ai confiée à Thierry Mandon, que le design est une valeur ajoutée et celles qui l’ont intégré ne peuvent aujourd’hui plus s’en passer.

Puisque vous parlez des jeunes, un mot très rapide sur le campus tréfilerie.

C’est un enjeu très important, parce que Saint-Étienne est une ville étudiante, et je trouve qu’on ne le dit pas assez. Nous avons augmenté de 10 % la fréquentation à l’université. Je me suis donné comme objectif de doubler le nombre d’étudiants dans les 20 ans qui viennent, je pense que nous en avons la capacité à la fois immobilière, et à la fois dans le nombre d’établissements d’enseignement supérieur et pour cela nous avons la chance d’avoir des campus situés en ville et non pas à l’extérieur comme dans beaucoup d’autres grandes villes. J’ai donc souhaité donner à l’université les moyens de ses ambitions que je partage, j’ai donc approuvé très tôt, en 2014, dès le début de mon mandat, le projet que m’a proposé Khaled Bouabdallah. J’ai demandé la refonte du campus, grâce à la Région, à l’État, au Département, à l’université, à la métropole et à la ville. On va investir 70 millions d’euros. Cela va là aussi changer la ville et la rendre encore plus vivante. Un campus à l’américaine en centre-ville, c’est fabuleux non ?

Vous vous investissez beaucoup pour le numérique. Google semble avoir été sensible à ce dynamisme.

Chaque combat vaut la peine d’être mené. Cela amène évidemment d’autres défis. Quand je me suis battu pour que l’on soit un territoire French Tech, j’y croyais parce que nous avons plus de 1 000 entreprises qui agissent dans le domaine du numérique, et que cela génère plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires sur le bassin stéphanois. Cela a été un combat car nous n’avons pas été retenus au premier tour. La ministre Axelle Lemaire en charge du numérique à ce moment-là est venue passer une journée à Saint-Étienne, et tous les acteurs ont joué le jeu en étant présents. Elle est repartie en disant qu’elle était loin de se douter que Saint-Étienne avait autant de compétences réunies dans le domaine du numérique, et qu’effectivement on méritait ce label. Nous avons fait partie de la deuxième vague, avec également la reconnaissance de notre expertise design, puisque nous sommes French Tech design Tech, la seule ville française aujourd’hui à avoir ce titre. Cet atout associé aux acteurs académiques, publiques travaillant ensemble ont convaincu Google de choisir Saint-Étienne pour installer son établissement pour le quart sud-est de la France. Nous étions en compétition avec Marseille, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand. Cela veut dire aussi que l’attractivité de la ville que nous percevons, est aussi perçue par d’autres.

Une dernière question politique, comment vivez-vous cette rupture, cette tension qui s’exerce aujourd’hui entre l’État et les collectivités, avec au centre de la bataille, les Maires ?

C’est la première fois que je vis une telle rupture entre un Président de la République et le peuple. Avec une telle méconnaissance de ce que vivent nos concitoyens au quotidien. Je pense aujourd’hui que les Français paient le fait d’avoir élu un président qui n’a jamais eu de mandat local, et qui, finalement, même dans son parcours, s’est retrouvé dans les grandes banques mondiales et n’a jamais été confronté comme nous tous au quotidien, aux difficultés de tous les jours et aux fins de mois difficiles. Donc, il ne comprend pas. Cela ajouté à de nombreuses petites phrases méprisantes, arrogantes, ont fini de l’éloigner du peuple. Le maire est là pour concilier l’intérêt général et celui des habitants tous les jours, en permanence. Une ville c’est une somme de gens qui n’ont pas forcément les mêmes idées, les mêmes attentes, les mêmes intérêts, et pour autant que l’on doit emmener dans une même direction. Depuis 2014, j’ai mis en place de nombreux dispositifs pour donner la parole aux citoyens. Il existe huit conseils consultatifs, nous avons mis en place Saint-Étienne Mobilisé pour créer ce lien quotidien avec les habitants, j’ai mis en place une permanence d’élus qui reçoivent les habitants sans rendez-vous tous les jours en mairie, nous avons des réunions publiques autant qu’il en faut lorsque nous avons des projets, les grands comme les plus petits. Cette rupture associée aux mouvements éprouvants de ces dernières semaines a conduit à ce débat national. Nous, nous le faisons tout au long de l’année, donc j’y crois. Je me dis que si ça peut être le moyen de sortir de cette situation il faut le faire. C’est la raison pour laquelle je souhaitais qu’on joue le jeu à fond avec plus d’une centaine de réunions organisées à Saint-Étienne, je mets à disposition la salle de la Bourse du travail pour tous les habitants qui souhaitent se réunir de façon à ce que les moyens soient donnés pour répondre aux questions que le Président de la République a posé aux Français. Le 15 mars nous ferons remonter avec transparence tout ce qui sera sorti de ces rencontres, propositions, doléances, et le 15 avril, le Président de la République a promis qu’il reviendrait devant les Français avec des propositions. On jugera à ce moment-là.

Un dernier mot ?

Merci !