Nous sommes à quelques mois de la prochaine biennale de design, l’événement sans doute le plus marquant de la ville de Saint-Étienne. Nous en connaissons le thème « me, you, nous, Créons un terrain d’entente ». depuis quelques semaines nous en connaissons la commissaire générale : lisa white. la cité a également un nouveau directeur, thierry mandon. L’occasion d’une rencontre avec ces deux personnalités qui, chacune dans leur domaine, rêve d’une ville rassemblée sous la même bannière, le design bien sûr.
Quelques mots sur votre parcours jusqu’à Saint-Étienne ?
J’ai toujours mené en parallèle des engagements électifs (Maire de Ris Orangis durant 17 années, député) et le pilotage de projets de développements territoriaux à partir de l’enseignement supérieur et de la recherche (Genopole, 1er campus français dédié aux biotechnologies, Optique Valley, dans la filière optique et Teratec consacré au calcul haute performance).
Quelle a été votre motivation pour accepter ce poste de directeur de la cité du design ?
J’ai la conviction que la Cité du design a de belles possibilités de développement au bénéfice de la région stéphanoise. J’ai par ailleurs senti la grande volonté de soutenir le projet de la part des acteurs économiques et associatifs stéphanois et l’engagement puissant des élus, à commencer par celui de Gaël Perdriau avec qui le sentiment de confiance a été immédiat.
En quoi vos expériences précédentes peuvent-elles être bénéfiques pour cette structure ?
De mes expériences précédentes j’ai appris que le plus beau projet n’est rien s’il oublie ses racines : Je connais les outils pour renforcer les liens populations – Cité et compte bien en faire une priorité. Je sais aussi organiser les relations entre l’enseignement supérieur et la recherche et les entreprises. Avec une école de la qualité de l’Esadse, cela ouvre des possibilités.
Quels sont vos chantiers principaux d’ici la biennale ? Avez-vous comme Lisa un souci d’inclusion par le design, de le rendre accessible au grand public ?
Notre prochaine Biennale sera consacrée à l’inclusion, aux façons de faire ensemble, à ce qui relie des différences. À travers son parti pris, dessinons un terrain d’entente, elle fait un choix affirmé dans une période où cela est indispensable. Je souhaite que cet événement aille du local au global, c’est-à-dire concrètement, qu’il soit largement ouvert et accessible aux habitants du territoire tout en conservant son rayonnement international. Tenir les 2 bouts de la chaîne quoiqu’il advienne, c’est cela l’objectif. Il y aura donc des ateliers, des expositions de réalisations territoriales, des efforts d’explication, et aussi des acteurs de renommée internationale : notre commissaire Lisa White, John Méda du MIT qui animera des ateliers pour apprendre le codage informatique à des citoyens stéphanois, la 1re exposition du design chinois en Europe… Le cru 2 019 sera un grand cru.
L’école (esadse) est un enjeu central ?
On l’oublie trop souvent mais la Cité du design c’est d’abord l’École supérieure d’art et de design de Saint Étienne. Elle est à la fois la source et la colonne vertébrale du projet. Avec sa directrice Claire Peillod et ses enseignants, nous souhaitons la développer, y renforcer la recherche et les partenariats internationaux tout en gardant son originalité : l’équilibre entre art et design. J’aimerais que la part des étudiants stéphanois puisse y croître car faire ses études à l’école est une belle opportunité.
Quel est votre sentiment sur le potentiel de Saint-Étienne et le design ?
Si l’on se projette à 5 ans, la Cité ce sera une école de 450 étudiants parmi les meilleurs en France et ouverte sur le monde comme sur des partenariats avec les établissements locaux : Université Jean Monnet, IMT, EMLyon, Télécom, École d’archi. Une politique de diffusion qui, outre la Biennale, disposera d’outils variés pour faire partager la culture du design dès le plus jeune âge, avec notamment un centre de découverte pour les écoles, une « mini vilette du design » en somme. Et une organisation pour développer la pratique du design dans les entreprises comme dans les administrations car le marché potentiel est très important et peut ainsi ouvrir des possibilités aux professionnels comme ceux de Designer plus par exemple. Le tout installé dans un quartier créatif vivant, où se côtoieraient tous ceux qui croient à l’innovation et à la création.




