Tous les soirs, des milliers de policiers français descendent dans les rues pour manifester leur ras de bol, consécutif à une mobilisation ininterrompue depuis des mois, à un manque de moyens financiers et humains chronique et surtout, à leurs yeux, pour dénoncer un laxisme judiciaire qui leur paraît insupportable. Pourtant, à écouter les juges, jamais la justice ne s’est montrée aussi impitoyable… Qui croire ? Que penser face à cette mobilisation qui va à l’encontre des droits fondamentaux de notre République. Nous ne pouvons simplement que regretter que le pouvoir policier semble oublier que non seulement nos capacités d’incarcération sont largement dépassées et que surtout, la prison reste la plus belle école du crime…
Avec « Le SAS », Michel Azama interroge justement de manière quasi documentaire la question de l’enfermement, témoignant plus précisément de la féminité enfermée, sur cette zone de non droit. « Le SAS », mis en scène par Jean-Pierre Beauredon (Cie Beaudrain de Paroi) est un plaidoyer qui dénonce sans complaisance les conditions de détention alarmantes des femmes, qui nous interpelle sur la nécessité de leur rendre, quels que soient les actes commis, la dignité indispensable à tout être humain. « Le SAS », c’est la cellule des partantes.
La porte du SAS se referme sur une ultime nuit d’emprisonnement, la pièce commence en milieu de soirée et se termine à l’aube… Elle sort demain. Après 16 ans, regard sur une vie perdue, angoisse d’un retour à la liberté, de cette normalité qui ne l’est plus.
Chok Théâtre – Du 16 au 19 Novembre




