Interview de M. Ziegler, 1er vice-président en charge de la culture – Département de la Loire

Pouvez-vous nous rappeler l’historique de ce festival ?

« L’Estival de la Bâtie connaît déjà sa 6e édition en 2016 ! Cet événement est le résultat d’une longue tradition de festivals organisés par le Département. De l’Été musical Loire-en-Forez initié en 1984, aux Nuits de la Bâtie créées en 2000 autour du théâtre, l’Estival de la Bâtie est en quelque sorte le rendez-vous le plus festif pensé pour le plus grand nombre. Pendant 4 semaines, il permet aux initiés comme aux novices de découvrir de nouvelles esthétiques à l’appui de grands talents. »

Pourquoi avoir choisi le Château de la Bâtie comme lieu central du festival ?

« Justement parce qu’il se situe au centre du Département, en milieu rural, et qu’il s’agit d’une propriété culturelle départementale des plus étonnantes. L’Estival est un temps fort qui s’inscrit dans le programme d’animation de ce lieu : un dialogue entre patrimoine et arts vivants. »

En quoi ce festival est-il essentiel pour le Département ?

« C’est un rendez-vous pensé pour que tous les Ligériens puissent profiter de spectacles qualitatifs, rares et proches de chez eux ! C’est aussi un rendez-vous qui crée du lien : les villes qui nous accueillent sont de formidables partenaires, les offices de tourisme font aussi un réel travail de terrain. Le festival permet une redécouverte du patrimoine, tout en proposant un foisonnement culturel à un moment où les salles de spectacles sont fermées. C’est une vitrine importante à la fois pour les compagnies locales présentées, mais aussi pour toutes les esthétiques proposées : musique du monde, magie nouvelle, musique et danse baroque, récital, arts de la rue, cinéma, nouveau cirque… Il s’agit d’offrir des découvertes estivales prestigieuses tout en proposant une culture accessible qui ne soit pas un luxe. »

Parlez-nous des animations proposées autour du festival ?

« En parallèle aux animations patrimoniales telles que les visites, expositions et conférences déjà programmées par l’équipe de médiateurs du Château, nous mettons tout en œuvre pour recréer une vraie « ambiance festival » pendant ces 4 semaines de juillet et notamment les week-ends. Au programme, des temps forts en continu tels que des installations de jeux interactives, des projections de courts-métrages, des numéros de magie en close-up, des ateliers-danse… Plus que des animations, ces temps forts font partie intégrante de l’Estival à l’instar des Spectacles en herbe. Ces derniers accueillent des artistes pointus, de Yoann Bourgeois l’année dernière à Matthieu Saglio cette année. Ce sont pour la plupart des petites formes, décalées ou ingénieuses, à voir à tout âge, et qui s’inscrivent dans un paysage particulier puisqu’il s’agit des grands jardins du château. Nous pouvons également évoquer la nouvelle formule des apéros-concerts qui se développe cette année encore avec 7 rendez-vous gratuits. Nous vous invitons au kiosque à musique dès 19 h 30 du jeudi au samedi pour partager un moment convivial, découvrir des talents ligériens et déguster les délicieuses tapas maison du Restaurant-la Bâtie ! »

Le festival permet également de découvrir la beauté de notre patrimoine départemental… Était-ce une volonté initiale ?

« Oui, bien entendu, le Château de la Bâtie d’Urfé, tout comme les églises que nous investissons sont souvent méconnus… Au Château de la Bâtie, les spectateurs sont aussi conviés à découvrir le Château : l’équipe de médiateurs conçoit chaque année un programme de visites et d’animations adapté aux spectacles programmés ! »

Parfois ces lieux peuvent paraître excentrés pour le public… Comment s’y rend-il généralement ?

« À pied pour les habitants des villes investies, en voiture pour les plus excentrés : il n’y a pas réellement de lieux « excentrés » puisque c’est le festival qui va à la rencontre des habitants du Département : des grandes villes telles que Saint-Étienne, Montbrison et Roanne, des villes plus petites telles Bourg-Argental et Saint-Bonnet-le-Château ou encore des villages tels que Saint-Étienne le Molard. »

Quelques chiffres sur la prochaine édition (nombre de spectacles, budget, subvention, fréquentation de l’an passé, nombre d’artistes engagés, provenance des spectateurs, retombées économiques…) ?

« En termes de budget, la subvention d’équilibre est de 600 000 €, nous avons également un soutien de Casino et une aide à la tournée de la Région Rhône-Alpes. Et en quelques chiffres, le festival a accueilli l’année dernière presque 13 000 spectateurs. Cette année, il s’articule autour de 65 spectacles et animations, 400 artistes, 20 jours de festival… »

Comment se construit la programmation de l’Estival de la Bâtie ?

« C’est au départ le fruit d’un dialogue constant au sein de la direction de la culture pour fixer les grandes lignes artistiques qui guident cette programmation : une envie ou thématique sous-jacente qui guide les choix d’une programmation estivale, donc volontairement très éclectique et qui s’oriente vers la découverte de « classiques », de répertoires, d’esthétiques… Il est donc possible de revoir des spectacles qui ont déjà une belle réputation ou au contraire des créations, telles que les créations théâtrales que nous proposons désormais tous les deux ans. Il s’agit bien entendu de suivre le travail des artistes pressentis, qu’ils soient fidèles de l’événement ou talent en devenir… Et surtout de réussir à offrir un ensemble cohérent de propositions issues d’horizons très diversifiés. C’est finalement ce qui est le plus difficile ! »

Le festival ouvre-t-il ses portes aux artistes ligériens ?

« Bien entendu ! Tous les deux ans, nous accueillons la création d’une équipe de théâtre ligérienne, chaque année nous programmons de nombreux talents du Département (en 2016, Roulotte Tango, Canticum Novum, Théâtre Mad…). Cette année, les apéros-concerts au Château de la Bâtie d’Urfé sont aussi une invitation à découvrir les groupes de musique ligériens. »

Quel est le public du festival ?

« Il devient de plus en plus diversifié. Les plus aguerris à la musique classique ou baroque restent fidèles aux concerts de la Bâtie ou des Escapades. Grands-parents, adultes et enfants viennent nombreux aux Spectacles en herbe, et de plus en plus de familles restent même pour le programme du soir sur la scène du Château de la Bâtie qui voit ainsi son public évoluer. »

Quelles seront d’après vous les découvertes de cette 6e édition ?

« La nouvelle révélation jazz, Lisa Simone, sans doute, mais également Étienne Saglio en magie nouvelle, les Fêtes galantes en danse, Mariana Ramos pour la musique du Cap Vert… »

Quels sont les objectifs de cette 6e édition ?

« Élargir encore notre public, provoquer de belles découvertes estivales, étonner et accueillir au mieux nos spectateurs ! »