il faut avoir participé une fois au moins au Festival la Rue des Artistes, à Saint-Chamond, pour mesurer toute son importance et sa pertinence. Rencontre avec Jean-François Klufts, président de l’association Atout Monde qui organise, entre autre, le festival :
Le Festival La Rue des Artistes fête son 18iéme anniversaire. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
Nous avons débuté dans la rue avec trois bouts de ficelles avec tout le monde à convaincre. Mais nous n’avons pas baissé les bras malgré les difficultés et l’ampleur de la tache… Aujourd’hui le festival a une renommée qui va bien au-delà de nos espérances, et l’association « Atout Monde », qui l’organise, est reconnue pour son savoir faire, ses compétences et ses valeurs. Alors oui au fond, on peux le dire, domine un sentiment de fierté que nous éprouvons à l’aube de cette 18ième édition.
18 ans, est-ce une édition et un âge « clé » ? Si oui, dans quel sens ?
Nous sommes enfin majeur et vaccinés mais ce n’est pas en soi un âge clé… Depuis le début de cette aventure, nous avons su garder nos âmes d’enfants et de rêveurs… Alors 18 ans ou pas, nous continuons à faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
Un festival de rue et de musique, 4 jours durant en centre ville… Qu’est-ce qui reste le plus compliqué à gérer pour l’organisation d’une telle manifestation ?
Le plus difficile à gérer reste la différence de rythme de travail et de vision entre nous et certain de nos interlocuteurs. Nous savons ce que nous voulons et savons où nous souhaitons aller cependant nous ne sommes pas des fonctionnaires de la culture, je dis cela avec tout le respect que j’ai pour les fonctionnaires de l’état qui ne sont pas à la fête par les temps qui cours, c’est le moins qu’on puisse dire…
Un mot sur le « Miaou »… ?
Le chat est l’emblème du Festival et des Saint-Chamonais, les fameux Couramiaud, lorsque nous avons décidé pour des raisons pratiques d’avoir notre propre monnaie interne au festival, le Miaou c’est imposé de lui même. Et je dois dire qu’une fois encore, nous sommes fiers d’avoir transformé l’image du chat noir qui porte de malheur, qui finissait inévitablement en haut d’un brasier en un animal symbole de joie, de rassemblement et de culture.
De nombreux festivals rencontrent des difficultés à boucler leurs budgets. Qu’en est-il pour « La rue des artistes » ?
Tout va bien de ce coté, merci… Les relations de confiance et d’amitié que nous avons tissée tout au long de ces 18 années avec nos partenaires institutionnels prennent tout leur sens aujourd’hui, et c’est ce qui fait que nous avons a un vrai soutien ainsi qu’une reconnaissance durable de notre travail et de notre utilité pour la collectivité. Et je profite de l’occasion pour de nouveau remercier, tout spécialement la municipalité de Saint-Chamond, qui cette année a fait un effort financier courageux en notre faveur.
Quels seront les moments forts, d’après vous, de cette édition ?
En fait, c’est l’ensemble du Festival qui est une suite de moments particuliers, des moments remplis de bonheur et de surprises et séparer tous ces moments sur une échelle de valeur serait contraire à notre idée d’unité et de singularité des instants.
Le festival touche les enfants, les familles et les amateurs de musique… Faire plaisir à tout le monde, est-ce encore possible aujourd’hui ?
Oui c’est possible et c’est même très facile pour nous, car cela correspond pleinement a l’ensemble des valeurs que nous portons et défendons depuis nos débuts, la mixité et le vivre ensemble par exemple. Faire plaisir a tous le monde c’est respecter l’autre et confirmer notre idée que les différences de chacun sont une richesse pour tous.
Un festival réussi pour vous, c’est quoi concrètement ?
Un festival vraiment réussi, c’est quand il n’y a plus de frites, plus de bières et plus de crêpes à vendre… (rires).




