L’année 2014 aura été politiquement marquée par l’incroyable succès du livre d’Éric Zemmour, « Le suicide Français » qui se serait vendu à plus de 300 000 exemplaires, performance rare pour un « essai politique ». Ce succès est à rapporter avec celui, bien que plus modeste un an plus tôt, de « L’identité malheureuse » d’Alain Finkielkraut, ouvrage plus ambitieux intellectuellement (ne dit-on pas que Zemmour serait le Finkielkraut du pauvre »…) mais qui revendique, au fond, le même constat : La France n’est plus ce qu’elle était ! Elle aurait abandonné toute ambition intellectuelle, politique ou historique. Bien évidemment, les deux ouvrages comportent quelques différences notamment au niveau du style et des références, plus sérieuses chez Finkielkraut mais les deux auteurs se rejoignent sur le constat et, surtout, les boucs émissaires. L’héritage de mai 1968, avec sa horde d’intellectuels moralement dépravés, adeptes du métissage à tout va, qui n’ont eu cesse de cracher sur le général De Gaulle, de dénigrer l’empreinte historique de la Nation France afin de la dévaloriser aux yeux des nouvelles générations de petits Français convertis au mondialisme.

Mais si pour Zemmour et Finkielkraut, ces gauchos pour la plupart reconvertis aujourd’hui dans le business médiatique ont été les artificiers un peu malgré eux de la débâcle intellectuelle que nous vivons, les vrais responsables sont à trouver dans les recoins de nos banlieues et quartiers perdus pour la République. Et derrière la banlieue, il convient de pointer l’Islam qui, à l’aube du nouveau siècle, aura définitivement remplacé le péril communiste. Un troisième ouvrage, sorti à l’automne dernier, vient appuyer la thèse de nos deux francs-tireurs ; Il s’agit de « La France périphérique » du géographe Christophe Guilluy, qui dresse lui le constat de l’exode des classes populaires « françaises de souche » (les fameux « petits Blancs ») vers un espace périurbain, de plus en plus séparé des banlieues d’immigration récente (provenant essentiellement du Maghreb, du Sahel et de la Turquie) d’une part, et des grandes métropoles « mondialisées et gentrifiées » d’autre part, lieux de résidence des classes dirigeantes et des « bobos », les enfants des tenants de mai 1968. Et selon Ch. Guilluy, cette France périphérique, convertie sans le savoir aux thèses de Zemmour et Finkielkraut, assume pleinement son rejet de la classe politique traditionnelle et son vote Front National. En conclusion, si la France va mal c’est bien parce qu’on a inculqué aux Français une haine de soi, de leur pays, de leur culture, de leur langue, de leur histoire…, qu’une horde d’immigrés, qu’ils soient d’ailleurs légaux, illégaux ou définitivement Français pour la seconde et les toutes autres générations, car la question n’est pas tant administrative qu’identitaire. Au fond, ces enfants d’immigrés seront à jamais condamnés à rester des immigrés, n’ont que pour ambition la désintégration de la nation par l’invasion de l’Islam. Qu’importe si ces immigrés et/ou Français depuis proviennent d’origines aussi différentes que le Maghreb, l’Afrique Sub-Saharienne, le Proche Orient ou l’Asie Mineure puisque leur même moteur reste l’Islam conquérant.

Un aparté nous oblige à constater, à ce stade, que le propos du livre Éric Zemmour est précisément identique à celui que fournit, depuis des années déjà, Alain Soral. La seule différence entre Zemmour et Soral réside dans la désignation du bouc émissaire. Chez Zemmour, la faute revient principalement aux Musulmans et à leur religion insoluble dans la République, elle est à trouver, chez Soral, dans l’oligarchie Franc-Maçonne et Sioniste. Soral voyant dans un axe de réconciliation nationale (entre chrétiens et musulmans désormais Français) et un espoir de sursaut, Zemmour ne prédisant qu’un incontournable « Choc des civilisations », cher à Samuel P. Huntington. Mais si Zemmour possède toujours un passe-droit médiatique universel, Soral est devenu infréquentable (à l’instar de son compère et ami Dieudonné). On sait que la désignation d’un bouc émissaire définitif et presque sans défense reste le meilleur antidote à une toute autocritique sérieuse et honnête car Zemmour et Finkielkraut n’entrevoient leur réalité que par un petit bout de la lorgnette, celui qui s’accommode le mieux avec leur pensée précisément communautaire bien que dissimulée. Rappelons que l’immigration massive a été mise en place après la seconde guerre mondiale, par le grand patronat Français avec la collaboration pleine et entière de l’État Français. Il convenait alors de contrer la puissance émergente du mouvement ouvrier, placé sous l’influence du Parti Communiste Français et de la CGT, et de faire baisser le coût du travail en incorporant sur le marché une main-d’œuvre corvéable à souhait car illettrée et non formée.

Rappelons ensuite que cette population a été complètement niée et refoulée dans l’espace médiatique et intellectuel national. Que l’Éducation Nationale a patiemment œuvré pour son « a-culturation » (plus de 150 000 jeunes par an, dont une grande partie est issue de ces populations, sortent toujours du système scolaire sans aucune formation). Que le seul mouvement d’émancipation, laïque et progressiste, la fameuse Marche des Beurs dont on a fêté le trentenaire, a été « lâchement » récupéré par le Parti Socialiste et ses officines associatives pour mieux le disloquer. Et qu’enfin, on a largement encouragé ou laissé faire dans la foulée, selon, une ré-islamisation de ces populations émigrées par des agents extérieurs, sous le regard bienveillant de l’État, toujours…

L’Arabie Saoudite et le Qatar ne sont-ils toujours pas les grands amis de la France ?