Inutile ici de rappeler l’importance de la Biennale de la Danse de Lyon dont la 16e édition se déroulera en septembre prochain (2 014). De par sa dimension et sa pertinence, la Biennale de la Danse de Lyon s’est imposée comme un rendez-vous chorégraphique international auquel toutes les compagnies nationales rêvent de participer. Point d’orgue de la rencontre entre le public et les compagnies, entre les amateurs et les professionnels, entre les passionnés et les amateurs éclairés, le Défilé de la Biennale de la Danse attire des centaines de milliers de personnes autour d’un parcours qui rend hommage à la beauté intrinsèque de la capitale des Gaules. Un peu à la manière des défilés brésiliens, celui de la Biennale de Lyon permet à la fois aux compagnies régionales d’accéder à une notoriété incroyable mais aussi à la mobilisation et à l’implication de danseurs amateurs dans un événement très professionnel.

Et pour la prochaine édition 2014, un seul projet de création issu du département de la Loire a été retenu par l’équipe de Dominique Hervieu, directrice de la Biennale, il s’agit du projet de création « Va, vis et danse » porté par la compagnie Stéphanoise Dyptik et la ligue de l’enseignement. La compagnie Stéphanoise Melting Force dont sont issus les deux initiateurs artistiques du projet, Souheil Marchiche et Mehdi Meghari a déjà eu l’occasion de participer au défilé d’une précédente Biennale, ce qui leur confère une légitimité et une expérience indispensable. « Va, vis et danse », le projet de la compagnie Dyptik, s’apparente à une invitation à revisiter la propre histoire du défilé de la Biennale. De l’Amérique latine à l’Asie, en passant par l’Europe, l’histoire de M. Défilé est une aventure à travers les continents, les corps et les cultures. Selon S. Marchiche, le défilé symbolise le moment précis où la danse entre directement dans le quotidien et le transforme. Le public borde le parcours, de chaque côté de la rue et non plus dans un rapport frontal, comme au théâtre. La distance entre le danseur et le spectacle n’existe plus dès lors. Tous deux sont transportés dans un même univers, celui d’une exceptionnelle fête de la récolte.

Mais avant d’arriver à ce moment unique de rencontre, en septembre 2014, la tâche de S. Marchiche et de toute son équipe est non seulement vaste mais plurielle. Pour mener à bien ce projet ambitieux, S. Marchiche et M. Meghari se sont entourés de la compagnie de rue La Baroufada dirigée par Franck-Olivier Desmurs, des artistes comédiens et musiciens Aziz Mahtat, Aurélie Nadia-Pierrera, Jean Adam, Laurence Bayol, Corinne Lachkar, le tout coordonné par la Ligue de l’Enseignement et Aziz Khalil. Ce projet unique reçoit également le partenariat de l’Opéra-Théâtre de Saint-Étienne (pour les costumes et décors), des amicales laïques et des centres sociaux stéphanois, de Firminy, de la Ricamarie et de Saint-Chamond, du Fil (pour la sonorisation), du Théâtre Libre (pour les costumes)… Il faut bien comprendre que derrière cette idée de défilé et de participation à la Biennale de la danse de Lyon, les initiateurs de ce projet ont pour ambition d’initier un projet global de rue fédérateur autour de la mixité des publics et des quartiers avec à la base un événement festif, ouvert, qui pourra, pourquoi pas, être reproduit ailleurs.