L’histoire tient du conte, il est vrai. Au moment de l’enregistrement de leur ultime album « Hold-Up », le Saïan Supa Crew, collectif Rap plutôt original tout au moins dans leur démarche et leur musique, décide d’inviter Patrice, musicien phare de la scène Pop Européenne, artiste métissé de père sierra-léonais et de mère allemande. Patrice déboule en studio avec une guitare qu’il ne lâche pas. Féniski, dit Féfé, alias Samuel Adebiyi, membre fondateur du Saïan Supa Crew observe de manière intriguée l’instrument du musicien allemand. Devant l’annonce du jeune rappeur français, Patrice s’engage sur le tas dans un petit cours d’initiation autour de quelques accords de base. Au moment de quitter le studio, Féfé rend la guitare au musicien érudit. Ce dernier décline, lui offre l’instrument à la seule condition que Féfé compose ses propres chansons sur cette guitare. Ainsi va l’histoire et depuis ces années, Féfé ne quitte plus, à son tour, son précieux instrument de musique.
Après la séparation du Saïan Supa Crew, Féfé vit un moment de doute, entre l’envie de faire tout autre chose et celle d’aller encore plus loin dans la recherche d’authenticité et de simplicité. Après plusieurs mois d’errance, il compose « Jeune à la retraite », son premier album solo qui sort en 2009. Produit par Dan The Automator (Gorillaz), l’album explose par sa joie de vivre, son propos positivisme mais non dénué d’humour et ses influences musicales multiples et variées. Du Folk au Jazz, des rythmes africains à la Chanson Française, du Funk au Reggae, Féfé s’inspire de tout ce qu’il a écouté pour composer un univers original et jouissif. « Le charme des premiers jours », toujours produit par le créateur de Gorillaz, pousse, un peu plus loin, le bouchon, il faut dire que depuis, Féfé s’est initié au cours de chant, et ces cours, dit-il, lui ont changé sa vie ! Et forcément, cela s’entend. L’album est riche de sonorités et de mélodies inspirées, l’écriture témoigne désormais d’une maturité et d’une présence évidente. À l’image d’Oxmo Puccino qui a su renouveler son style et creuser un sillon original, Féfé trace sa route qui devrait bientôt la conduire entre le Brésil et les Caraïbes, sur les traces des ancêtres, les esclaves Yoruba qui, il y a quelques siècles, firent la fortune des esclavagistes européens…
La Forge – Chambon-Feugerolles
Samedi 30 novembre à 20 h 30




