Nous avons rencontré Liliane Bois pour évoquer avec elle les prochaines rencontres musicales en loire qui se dérouleront du 20 janvier au 10 février avec le festival bach. Ce festival de musique classique met en avant un compositeur ou une région d’europe comme thème central. cette année vous l’aurez deviné, vous découvrierez l’un des compositeurs les plus célèbres qui soit : bach.
Quelques mots sur l’origine de ce festival ?
Les Rencontres Musicales en Loire ont organisé depuis 2004, six festivals de musique classique, avec à chaque fois un compositeur ou une région d’Europe comme thème central (Dvorak, Saint-Saëns, Au fil du Danube, Mozart, Brahms, Ames Slaves, Italie).
Bach avait été mis à l’honneur en 2011 avec l’Oratorio de Noël, mais son rayonnement et son importance au cœur de l’Europe méritait bien un festival à part entière.
Quelle est son ambition ?
Dans l’ADN des « Rencontres Musicales en Loire », il y a le mot « rencontres » et cette année plus que tout autre, nous avons envie que tous, petits et grands, professionnels ou amateurs s’approprient cette musique et en retire le plus grand plaisir.
Pourquoi cette mixité amateurs et professionnels ?
Cette mixité est le fondement même de notre association. Le Directeur Musical, Philippe Péatier y tient beaucoup et met toute son énergie à associer le travail d’un chœur amateur, qui souvent se déroule sur 12, voire 18 mois, à celui de musiciens et solistes professionnels. Nous avons le bonheur d’avoir le concours et le soutien de musiciens de grand talent, comme Wassyl Slipak, malheureusement décédé, Emmanuelle Bertrand, marraine du festival 2008 et qui nous fera à nouveau le plaisir d’être avec nous cette année, Cyril Goujon, et aussi, Anne-Catherine Vinay qui interprètera les Variations Goldberg au clavecin et Thierry Escaich, organiste hors pair.
Chaque année, un compositeur est mis en avant. Pourquoi un seul ?
Les festivals « Autour du Danube », « Ames Slaves », « Primavera » étaient centrés sur un pays, mais l’importance de Jean-Sébastien Bach, qui à lui seul, représente la tradition germanique alliée à des influences italiennes et françaises justifiait un festival. Et puis, il faut bien le dire, il y a des œuvres mythiques comme La Messe en Si, qui depuis longtemps, avaient été évoquées par Philippe Péatier. Cette année, nous osons relever le défi.
Comment le choisissez-vous ?
C’est généralement Philippe Péatier qui propose un programme mais nous sommes tous invités à faire des propositions. Nous cherchons à donner une couleur, une tonalité à chaque festival, tout en restant dans un répertoire classique.
Donc Bach cette année. Quelle place occupe-t-il dans la musique classique européenne ?
On est toujours étonné d’apprendre que Bach n’a pas bénéficié de son vivant d’une grande reconnaissance. Le temps a remis les pendules à l’heure : il est à présent considéré comme un des sommets de la musique et souvent désigné comme le « père de la musique » par les compositeurs eux-mêmes. Il a inspiré les plus grands, Mozart, Beethoven, Mendelssohn.
Votre festival affiche une volonté d’ouverture et de pédagogie. Un plus ou une nécessité pour rendre plus accessible la musique classique ?
Oui, cette volonté d’ouverture, c’est aussi notre ADN. Par exemple lorsque nous avons donné un concert alliant l’art pictural et musical avec Les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski, illustrés en direct par le peintre Serge Tziganov, ou lorsque nous donnons des concerts au profit d’associations humanitaires (Les Roses de Noël, Enfants sourds du Togo, Rotary, Lyons Club etc…). L’ouverture sera aussi géographique cette année, puisque cinq villes accueilleront nos concerts : Saint-Genest Lerpt, La Ricamarie, Saint-Chamond, Saint-Etienne et Saint-Galmier.
Bach a aussi beaucoup été « utilisé » par la publicité, les media. Pourquoi pas nous servir de cela comme tremplin pour une ouverture vers la musique classique, une ouverture décomplexée, ouverte à tous !
Avec les plus jeunes, cela a commencé bien en amont du festival puisque le jeudi 29 novembre, il y a eu une intervention devant les élèves de La Ricamarie. L’objectif était de faire découvrir les instruments anciens du temps de Bach avec Valérie Dulac, violoncelliste de l’Ensemble Unisoni et Philippe Péatier qui joue du clavicorde, ancêtre du piano. Un quatuor de chanteurs interprèté 2 chorals de Bach dont celui de la Cantate 147. Les enfants chanteront ce choral lors du concert du 2 février.
Mais pour répondre directement à votre question, oui, il faut essayer de rendre la musique classique plus accessible et ne jamais hésiter à la proposer à tous les publics.
Donnez-nous un peu envie avec quelques temps forts !
Difficile de choisir car il y aura beaucoup de temps forts. C’est pour cela que nous conseillons au public de prendre un pass pour 3 ou 4 concerts.
Dimanche 20 janvier à 17h à l’Eglise de Saint-Genest Lerpt : Le Concert d’Ouverture réunira Emmanuelle Bertrand, violoncelliste bien connue du public stéphanois et Thierry Escaich, organiste hors pair.
Dimanche 27 janvier 15h00 Musée de la Mine, Saint-Etienne : Les très célèbres Variations Goldberg, interprétées au clavecin par Anne-Catherine Vinay, suivies par un parcours guidé dans l’exposition Mine en Séries. Attention ! Réservation obligatoire au 04-77-43-83-23
Samedi 2 février dès 19h30 Salle Daquin, La Ricamarie et Mercredi 6 février, dès 19h30, Eglise de la Terrasse, Saint-Etienne : Deux concerts avec participation du public qui pourra apprendre et chanter en première partie le Choral bien connu de la Cantate 147, Jésus, que ma joie demeure.
Et enfin le couronnement du festival , Vendredi 8 février à 20h30 à l’Eglise Saint-Pierre de Saint-Chamond et Dimanche 10 février à 17h00 à l’Eglise de Saint-Galmier : La Messe en Si mineur, avec le chœur des Rencontres Musicales et le Chœur de l’Université Economique de Katowice, accompagnés par l’Ensemble Unisoni.
Parlez-nous un peu de la battle Bach ?
Nous avons voulu emprunter au hip-hop une forme très en vogue aujourd’hui et qui pourrait attirer un jeune public. La battle a quelque chose de très libre, elle est aussi ludique et a un petit esprit de compétition qui a tout de suite plu à l’Ecole des Arts de La Ricamarie . Beaucoup d’enfants seront impliqués, de la maternelle au collège, il y aura beaucoup de créativité et de surprises. A ne pas manquer ! Vendredi 18 janvier, 18h30 Salle Daquin à la Ricamarie, entrée libre.
Quelques mots sur le partenariat avec le choeur polonais de l’Université Économique de Katowice ?
Nous avons déjà eu le plaisir de chanter la Symphonie n° 9 de Beethoven avec ce choeur en 2013. Il se trouve aussi que l’une de nos choristes n’est autre que la présidente de l’association ASEMKA (Association Saint-Etienne Métropole Katowice). La ville de Saint-Etienne participera à l’accueil de ces quelques 40 jeunes choristes et de leur chef Michał Brożek qui se produisent dans le monde entier.




